11/02/2010

25/05/09: Terrorisme-Justice: Excusez-moi de vous déranger...

 


NOS INVITES > ARTICLES INVITES
 

 
Excusez-moi de vous déranger...
Eduardo Galeano   

Je voudrais partager quelques questions qui me trottent dans la tête. Elle est juste, la justice? Elle tient debout, cette justice du monde à l'envers? Le zapatista [1] d'Irak, celui qui a lancé les chaussures contre Bush, a été condamné à trois années de prison. Ne méritait-il pas plutôt une décoration?

 


 

Qui est le terroriste? Celui qui a visé, ou celui qui a été visé? N'est-il pas coupable de terrorisme le tueur en série qui, en mentant, a inventé la guerre en Irak, assassiné une multitude, légalisé la torture et ordonné de l'appliquer? Sont-ils coupables les paysans d'Atenco au Mexique, ou les indigènes mapuches du Chili, ou les Kelchies du Guatemala, ou les paysans sans terre du Brésil, tous accusés de terrorisme pour défendre leur droit à la terre? Si la terre est sacrée - même si la loi ne le dit pas - , ceux qui la défendent ne sont-ils pas sacrés aussi?

Selon la revue Foreign Policy, la Somalie est le lieu le plus dangereux de tous. Mais, qui sont les pirates ? Les crève-la-faim qui attaquent des bateaux, ou les spéculateurs de Wall Street qui attaquent le monde depuis des années et reçoivent à présent des récompenses multimillionaires pour leurs efforts ? Pourquoi le monde récompense-t-il ceux qui le dévalisent ?

Pourquoi la justice ne voit-elle que d'un œil ? Wal Mart, l'entreprise la plus puissante de toutes, interdit les syndicats. McDonald's aussi. Pourquoi ces entreprises violent-elles, avec une impunité coupable, la loi internationale ? Serait-ce parce que, dans le monde actuel, le travail vaut moins que rien, et que valent encore moins les droits des travailleurs ? Où sont les justes, et où sont les injustes? Si la justice internationale existe vraiment, pourquoi ne juge-t-elle jamais les puissants ?  Les auteurs des boucheries les plus féroces ne vont pas en prison. Serait-ce parce que ce sont eux qui en détiennent les clés? Pourquoi les cinq puissances qui ont droit de veto aux Nations Unies sont-elles intouchables ? Ce droit est-il d'origine divine ? Veillent-ils à la paix, ceux qui font des affaires avec la guerre ? Est-il juste que la paix mondiale soit à charge des cinq puissances qui sont les principaux producteurs d'armes ? Sans dédaigner les narcotrafiquants, ceci n'est-il pas aussi un cas de "crime organisé" ? Mais les clameurs de ceux qui exigent partout la peine de mort ne demandent pas de punition contre les maîtres du monde. Il ne manquerait plus que ça ! Les clameurs clament contre les assassins qui utilisent des rasoirs, non contre ceux qui utilisent des missiles. 

Et on se demande : si ces justiciers sont aussi follement désireux de tuer, pourquoi n'exigent-ils pas la peine de mort contre l'injustice sociale ? Est-il juste un monde qui affecte chaque minute trois millions de dollars aux dépenses militaires, tandis qu'au même moment quinze enfants meurent de faim ou de maladie guérissable ? Contre qui s'arme jusqu'aux dents la soi-disant communauté internationale ? Contre la pauvreté, ou contre les pauvres ? Pourquoi les fervents de la peine capitale n'exigent-ils pas la peine de mort contre les valeurs de la société de consommation qui portent atteinte, chaque jour, à la sécurité publique ? Ou peut-être ne pousse-t-il pas au crime, le bombardement de la publicité qui étourdit des millions et des millions de jeunes au chômage ou mal payés, leur répétant jour et nuit qu'être est avoir, avoir une automobile, avoir des chaussures de marque, avoir, avoir -et que celui qui n'a rien n'est rien ?  

Et pourquoi n'introduit-on pas la peine de mort contre la mort ? Le monde est organisé au service de la mort. Ou ne fabrique-t-elle pas la mort, l'industrie d'armement, qui dévore la plus grande partie de nos ressources et une bonne partie de nos énergies ? Les maîtres du monde condamnent seulement la violence quand ce sont les autres qui l'exercent. Et ce monopole de la violence se traduit par un fait inexplicable pour des extraterrestres, et aussi insupportable pour nous autres terriens qui voulons, contre toute évidence, survivre : nous les humains sommes les seuls animaux spécialisés dans l'extermination mutuelle, et nous avons développé une technologie de destruction qui est en train d'anéantir, au passage, la planète et tous ses habitants. Cette technologie se nourrit de la peur. C'est la peur qui invente les ennemis, et ceux-ci qui justifient le gaspillage militaire et policier. Et que penseriez-vous, tant qu’à appliquer la peine de mort, d'une condamnation à mort de la peur ? Ne serait-il pas sain de mettre un terme à cette dictature universelle des professionnels de la production d’angoisse ? Les semeurs de panique nous condamnent à la solitude, nous interdisent la solidarité : sauve qui peut, écrasez-vous les uns les autres, faites très attention, ouvrez l'œil, le prochain est toujours un danger qui guette, celui-ci va te voler, celui-là te violer, cette petite voiture d'enfant dissimule une bombe musulmane; et si cette femme, cette voisine d'aspect inoffensif te regarde, c'est sûr qu'elle te transmet la peste porcine.

Dans ce monde à l'envers, même les actes les plus élémentaires de justice et de sens commun font peur. En entamant la refondation de la Bolivie pour que ce pays de majorité indigène cesse d'avoir honte en se regardant dans le miroir, le Président Evo Morales a provoqué la panique. Ce défi était une catastrophe en regard de l'ordre traditionnel raciste, prétendument le seul possible : Evo était et apportait le chaos et la violence et, par sa faute, l'unité nationale allait exploser, se briser en morceaux. Et quand le président équatorien Correa a annoncé qu'il se refusait à payer les dettes illégitimes, la nouvelle sema la terreur dans le monde financier, et l'Équateur fut menacé de punitions terribles pour avoir donné un si mauvais exemple. Si les dictateurs militaires et politiciens véreux ont toujours été dorlotés par la banque internationale, ne nous sommes-nous pas déjà habitués à accepter comme fatalité du destin le paiement par le peuple du gourdin qui le frappe, de la cupidité qui le pille ?  

Serait-ce donc que le sens commun et la justice aient divorcé pour toujours ?  Le sens commun et la justice ne sont-ils pas nés pour marcher ensemble, collés l'un à l'autre ?  Ne relève-t-elle pas du sens commun, mais aussi de la justice, cette devise des féministes qui disent que l'avortement serait libre si nous, les mâles, pouvions tomber enceints [2] ? Pourquoi ne légalise-t-on pas le droit à l'avortement ? Serait-ce parce qu'il cesserait alors d'être le privilège des femmes qui peuvent le payer et des médecins qui peuvent le faire payer ? La même chose se passe avec un autre cas scandaleux de négation de justice et de sens commun : pourquoi ne légalise-t-on pas la drogue ? Peut-être n'est-elle pas, comme l'avortement, un sujet de santé publique ? Et le pays qui contient le plus de toxicomanes, quelle autorité morale a-t-il pour condamner ceux qui approvisionnent leur demande ? Et pourquoi les grands médias, si voués à la guerre contre le fléau de la drogue, ne disent-ils jamais que presque toute l'héroïne consommée dans le monde provient d'Afghanistan ? Qui commande en Afghanistan ? N'est pas un pays militairement occupé par le pays messianique qui s'attribue la mission de nous sauver tous ? Pourquoi ne légalise-t-on pas les drogues une bonne fois pour toutes ? Ne serait-ce pas parce qu'elles fournissent le meilleur prétexte pour les invasions militaires, en plus d'offrir les profits les plus juteux aux grandes banques qui de nuit fonctionnent comme blanchisseries ?

Maintenant le monde est triste parce que moins de voitures se vendent. Une des conséquences de la crise mondiale est la chute de l'industrie prospère de l'automobile. Si nous avions quelque reste de sens commun, et un petit quelque chose de sens de la justice, ne devrions-nous pas fêter cette bonne nouvelle ? Ou peut-être la diminution des automobiles n'est-elle pas une bonne nouvelle pour la nature -qui sera un peu moins empoisonnée-, et pour les piétons -qui mourront un peu moins ?  

La Reine a expliqué à Alice -celle de Lewis Carroll- comment fonctionnait la justice au Pays des  Merveilles :

 -Voilà !- dit la Reine -. Il est en prison, à purger sa peine ; mais le jugement ne commencera pas avant mercredi prochain. Et évidemment, à la fin, le crime sera bien commis.  

Au Salvador, l'Archevêque Oscar Arnulfo Romero a prouvé que la justice, comme le serpent, mordait seulement les va-nu-pieds. Il est mort par balles pour avoir dénoncé que, dans leur pays, les va-nu-pieds naissaient condamnés d'avance, par délit de naissance. Le résultat des élections récentes au Salvador n'est-il pas, d'une certaine manière, un hommage ? Un hommage à l'archevêque Romero et aux milliers comme lui qui sont morts en luttant pour une justice juste dans le royaume de l'injustice ? Parfois les histoires de l'Histoire terminent mal; mais l'Histoire, elle, ne termine pas. Quand elle dit adieu, ce n'est qu'un au revoir.

Traduit par Thierry Pignolet.

Source: Tlaxcala

Notes 

 [1]  NdT : par l'utilisation du terme zapatista, Eduardo Galeano réalise en espagnol un jeu de mots intraduisible en français. Par là, l'auteur adresse un clin d'œil à la filiation en espagnol du mot zapatista avec zapato, en français chaussure -le lancer de chaussures sur Bush-, tout se référant à l'Armée Zapatiste de Libération Nationale -en espagnol Ejército Zapatista de Liberación National ou EZLN-, groupe révolutionnaire symbole de la lutte altermondialiste basé au Chiapas, Etat du Mexique.

[2]  L'adjectif « enceint » semble ne pas exister en français. Serait-ce que la langue française est plus machiste que l'espagnole ?

tiré d'investig'action 

 

 
__,_._,___

16:37 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, capitalisme, exploitation, terrorisme, justice, medias, presse, silence | |  Facebook | |  Imprimer | | |

05/02/2010

04/02/10: les droidelom aux USA ...

From: nicolas
Sent: Thursday, February 04, 2010 9:03 PM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] les droidelom aux USA

 

 

 
----- Original Message -----
 
Sent: Tuesday, February 02, 2010 10:16 AM
Subject: les droidelom aux USA



La légalisation de l'injustice
Howard Zinn
Il est communément admis aux Etats-Unis que pouvoir politique et richesse sont inégalement répartis entre les citoyens. Par contre, inculquée par
l’éducation dès la prime enfance et entretenue par les mass média, la conviction y est largement répandue que l’égalité devant la loi constitue l’un des
principes fondamentaux du système américain, l’ultime recours.

Une question s’impose alors nécessairement à l’esprit : la richesse et le pouvoir étant inégalement répartis, la justice peut-elle prétendre assurer
l’égalité alors que les autres composantes sociales ne l’assurent pas ?

Les lois sont sujettes aux interprétations des tribunaux. Ces interprétations ont rarement conservé aux droits prévus par la Constitution leur force
littérale, mais bien plutôt contribue à perpétuer les inégalités sociales les plus flagrantes en les répercutant dans le système judiciaire. Les jugements
rendus sont eux-mêmes le reflet des disparités en matière de richesse et de pouvoir politique. Les magistrats qui rendent ces jugements représentent
l’élite absolue de la société américaine. John Schmidhauser, après avoir étudié les cas de quatre-vingt-douze juges de la Cour suprême, constate
dans son ouvrage la Cour suprême que ceux-ci provenaient de « milieux socialement favorisés » et « comprenaient très peu de fils de famille
n’appartenant pas à la haute ou à la très haute bourgeoisie ». En 1976, il en est toujours ainsi.

Le premier amendement de la Constitution, pierre de touche de la Déclaration des droits (Bill of Rights), stipule que le Congrès « ne pourra faire
aucune loi (...) restreignant la liberté de parole ou de presse, ou touchant au droit des citoyens de s’assembler paisiblement ou d’adresser des
pétitions au gouvernement pour le redressement de leurs griefs ». La terminologie employée est sans équivoque. Pourtant, la Cour suprême n’a pas
cessé d’interpréter cet amendement de façon à permettre au Congrès de voter des lois restreignant la liberté d’expression. Les dissidents et les
révolutionnaires ayant toujours été victimes de ces lois, il parait justifié de dire que le premier amendement est appliqué différemment à ceux qui
approuvent et à ceux qui contestent les activités du gouvernement américain.

L’application partiale du premier amendement fut inaugurée dès 1798, lorsque l’administration du président Adams fit voter la loi antisédition, qui
rendait illégale toute critique à l’égard du gouvernement, et fit emprisonner un nombre appréciable de citoyens. Cette tactique fut rééditée en 1917,
lorsque le Congrès vota la loi sur l’espionnage : toute opinion sur la première guerre mondiale susceptible de « décourager le recrutement » des forces
fut jugée criminelle. En 1798, la Cour suprême avait feint d’ignorer la violation de la Constitution ; en 1917, elle reconnaissait à l’unanimité la
constitutionnalité de la loi sur l’espionnage, par laquelle deux mille Américains devaient être poursuivis et cinq cents emprisonnés pour avoir exprimé
leur opposition à la guerre. En 1940, le Congrès adopta la loi Smith, par laquelle les dirigeants du parti communiste furent emprisonnés pour «
incitation coup d’Etat et sa « fomentation »... formule par laquelle on entendait condamner la diffusion des œuvres de Marx, Engels et Lénine. Une fois
encore, la Cour suprême confirma la validité de la loi.

Qui peut s’exprimer ?

Fait beaucoup plus inquiétant, la plupart des problèmes de liberté d’expression ne sont pas réglés par les tribunaux mais dans la rue par la police.
Pendant l’été 1968, un jeune homme qui vendait un journal communiste aux abords de l’université Harvard fut appréhendé par un policier puis jugé
pour avoir « perturbé l’ordre public » et « agressé un représentant de l’ordre ». Le policier déclarait que le jeune homme lui avait craché au visage.
qu’aucun témoin n’ait confirmé ce fait, le jeune homme, fut condamné à verser une amende. La liberté d’expression existe ou non au gré de l’humeur
du policier de faction. Protester contre la décision du tribunal local en faisant appel auprès du tribunal fédéral demanderait plusieurs années et des
dizaines de milliers de dollars, encore qu’à ce niveau même la Cour suprême puisse refuser d’examiner le ou donner raison au policier. Le jeune
militant ne jouit pas d’une liberté d’expression égale à celle du riche éditeur dont les camions parcourent la ville pour ravitailler en journaux les
kiosques et autres points de vente. Mais les cas les plus graves en matière d’application partiale du droit à la liberté d’expression n’atteignent jamais
le niveau du policier ou des tribunaux. Cette situation provient que les moyens de communication de masse sont monopolisés par un petit nombre de
sociétés colossalement riches. Aucun moyen constitutionnel n’est prévu pour corriger l’inégalité de fait entre la compagnie pétrolière Exxon, qui peut
dépenser des millions de dollars pour faire passer ses messages publicitaires télévisés sur l’ensemble du territoire national aux heures de forte écoute
des programmes, et le citoyen moyen qui voudrait l’opinion publique des profits excessifs d’Exxon.

La tendance à la monopolisation dans la presse a été rapide : le pourcentage des villes n’ayant qu’un seul quotidien est passé de 60 % en 1910 à 96 %
en 1974. En 1973, la Cour suprême, arguant du fait qu’elle ne saurait s’ingérer dons le droit à la liberté d’expression d’une station de radio, jugea
que celle-ci était libre de refuser la vente de temps d’antenne pour la diffusion de messages hostiles à la guerre au Vietnam.

Qui juge ?

L’un des mythes les plus tenaces concerne L’égalité de droit des citoyens à un procès équitable. En réalité, toutes les garanties d’un procès équitable –
un juge impartial, un « jury composé des pairs de l’inculpé », un défenseur compétent – se trouvent compromises par les inégalités sociales et par le
système de sélection des juges, des avocats et des jurés.

Les juges sont majoritairement blancs, anglo-saxons, riches et conservateurs. Il paraît peu vraisemblable qu’ils accordent aux Noirs, aux accusés qui
manient mal la langue anglaise, aux pauvres, aux révolutionnaires la même attention qu’à une personne issue d’un milieu « respectable ». Ce fait
n’est généralement pas perçu par le grand public puisqu’il se produit à l’occasion de centaines de milliers d’audiences des tribunaux urbains et de
comté, dont la presse ne parle pas et dont on ne conserve aucune archive. C’est un tribunal de ce type, le tribunal municipal de Boston, qu’a observé
une jeune femme pendant plusieurs mois. Elle devait ensuite écrire : « Où et comment puis-je rapporter tout ce que j’ai vécu au tribunal municipal de
Boston ? Dois-je parler du Noir condamné pour possession de cocaïne tandis que ses deux compagnons blancs étaient innocentés ? Dois-je remettre
en question l’inculpation de vol à l’étalage retenue contre une jeune mère prise en flagrant délit de vol d’une paire de chaussures d’enfant ? Dois-je
pleurer pour le Noir accusé de posséder un véhicule volé, et qui plaidait sa cause devant un juge blanc ? On se lasse de relever le nombre de cas où un
accusé n’a pas été averti de son droit de recourir à un avocat, s’est vu demander de verser une caution injustement élevée, on n’a pas été informé de
son droit de faire appel. On se demande si l’homme portant un nom espagnol comprend seulement ce que dit le juge. »

Il n’est dès lors pas étonnant que le recensement de la population de la prison locale de n’importe quelle grande ville américaine révèle un nombre
disproportionné de Noirs et de pauvres. Même lorsque des membres de la bourgeoisie ou de la très haute bourgeoisie sont arrêtés pour faits
criminels, ils possèdent la somme nécessaire à leur propre libération sous caution (5 000, 10 000 ou 50 000 dollars) que le tribunal conserve en
garantie de leur présence au procès. L’accusé sans ressources ne peut rassembler de telles sommes et doit passer des semaines, des mois, voire des
années en prison, dans l’attente de son procès.

Le droit à l’assistance d’un avocat, prévu par le sixième amendement, ne fut appliqué par les tribunaux des Etats (où sont jugés la plupart des procès
criminels) qu’à partir des années 30, et étendu à l’ensemble des délits graves qu’à partir des années 60. De nos jours, alors que l’assistance d’un
avocat est enfin accordée à l’ensemble des inculpés, l’inégalité subsiste dans la mesure où la qualité du défenseur dépend des honoraires que peut lui
verser son client. Un inculpé sans ressources reçoit un avocat commis d’office, qui n’a souvent que très peu de temps à consacrer à son client et à
l’étude du dossier, et ne dispose d’aucun moyen pour rechercher des témoins ou accumuler les contre-preuves nécessaires. Une récente étude révèle
que les avocats commis par le tribunal local d’une grande ville américaine consacrent en tout et pour tout une moyenne de sept minutes à chaque
client.

Les jurés d’assises sont choisis parmi les citoyens à revenus moyens, professionnellement établis dons la municipalité, d’âge moyen ou avancé, et peu
enclins à la sympathie envers un inculpé pauvre, économiquement instable, politiquement ou sexuellement marginal. De surcroît, les jurés sont traités
avec condescendance par les juges, et ils adoptent un comportement de subordonnés par lequel il leur est difficile d’ignorer les instructions du juge
et de voter selon leur propre conscience.

Ces dernières années, l’inégalité des peines criminelles infligées a fait l’objet de l’attention croissante d’une partie de l’opinion publique, mais rien n’a
été changé en la matière. On se souvient que George Jackson, le révolutionnaire noir assassiné par ses gardiens à la prison de Saint-Quentin, avait
purgé dix ans de détention pour le vol de 70 dollars.

M. Willard Gaylin, un psychiatre, qui analysait le sort réservé aux Américains emprisonnés pour s’être opposés à la conscription pendant la guerre du
Vietnam, constata que ce type d’opposant s’était vu attribuer uniformément, de la part de divers juges, des peines de deux ans. Puis il découvrit le cas
d’un homme condamné à cinq ans. De tous les inculpés qu’il avait rencontrés, c’était le premier Noir.

Une récente étude sur la disparité des peines infligées (rapportée par le New York Times) établit que les voleurs de voitures sont condamnés en
moyenne à trois ans de prison ; mais ceux dont le vol est plus « élaboré » (obus de confiance), et qui proviennent de milieux sociaux aux revenus
supérieurs, se voient infliger en moyenne des peines inférieures à un an. Poursuivis pour vol de voiture, 71 % des inculpés furent soumis à une peine
d’emprisonnement, tandis que seulement 16,3 % des gens « respectables » coupables d’abus de confiance se virent condamnés à cette même peine.

L’inégalité la plus flagrante en la matière n’intervient pas dans les prétoires, mais dans la décision des autorités d’intenter ou non un procès à
quelqu’un. Les enfants de milieu aisé voient souvent leurs délits discrètement éludés par la recommandation d’un traitement psychiatrique,
agrémentée d’une sévère mise en garde. Les enfants de milieu modeste, eux, sont expédiés dans des maisons de redressement, qui sont souvent des
prisons déguisées.


L’immunité du F.B.I. et de la C.I.A.

Mais beaucoup plus importante encore, peut-être, est l’inégalité des mesures prises contre les simples citoyens ou contre les dignitaires et hauts
fonctionnaires susceptibles d’avoir commis un délit. Lorsque M. Spiro Agnew fut convaincu de violation de la loi, il fut prié d’abandonner son poste de
vice-président mais ne fut pas emprisonné. Lorsque M. Richard Nixon fut convaincu de falsification de sa déclaration de revenus, d’ « obstruction à la
justice », etc., il bénéficia du « pardon » de son successeur Gerald Ford.

Récemment, la commission Church au Sénat et la commission Pike à la Chambre des représentants ont produit la preuve de violations profondes de
la loi par des membres de la C.I.A. et du F.B.I. Or aucune poursuite judiciaire n’a suivi ces révélations. D’après la commission sénatoriale, le F.B.I. a
commis au moins deux cent trente-huit cambriolages illégaux contre des personnes et organisations contestataires entre l’administration de Franklin
Roosevelt et celle de Lyndon Johnson. Entre 1958 et 1970, le F.B.I. a violé la loi fédérale sur le secret du courrier de personnes privées, et il se peut
même qu’il pratique encore le même délit à l’heure actuelle. Pourtant, à ce jour, aucune poursuite n’a été intentée contre lui.

Mieux, en décembre 1969, le F.B.I. a été mêlé à l’organisation d’un raid dans l’appartement de Panthères noires à Chicago, au cours duquel la police
assassina Fred Hampton et Mark Clark. Le F.B.I. a procédé à des écoutes téléphoniques et à des falsifications épistolaires, et a provoqué des
déchaînements de violence contre les groupes de gauche. Dans les années 60, pendant la lutte des Noirs pour les droits civiques dans le Sud, le F.B.I.
contemplait sereinement la violation de la loi fédérale que constituait le passage à tabac d’activistes noirs. « L’égalité devant la loi » perd, semble-t-
il, toute signification chaque fois que le F.B.I. est impunément mêlé à une affaire.

Il en est de même pour la C.I.A. qui n’a pas seulement violé la loi en pénétrant par effraction dans des immeubles, en ouvrant du courrier et en
pratiquant des écoutes téléphoniques, mais qui a surtout agi au mépris des statuts fixés par le Congrès et limitant ses activités nationales. En réalité,
la C.I.A. bénéficie d’une immunité particulière contre les poursuites légales.

Le principe de l’« égalité devant la loi », proposé à l’admiration du public américain et de l’opinion mondiale, a bien peu d’existence réelle. Par contre,
ce que l’on observe tout ou long de l’histoire américaine et dans les événements contemporains, c’est l’utilisation de la loi par les riches et les
puissants pour contrôler les pauvres et les révoltés. Un impressionnant corpus de lois, par ailleurs peu connues, opère jour après jour et de façon
puissante pour maintenir intacte l’actuelle répartition des richesses dans la cité : les lois sur les contrats, les propriétés, les héritages, les impositions.
En outre, il y a le règlement des délits, dont la fonction est de punir les individus qui, par des voies personnelles, tentent de perturber cette
répartition des richesses, et ceux qui, par des actions sociales, altèrent l’ordre existant.

L’ensemble des faits qui révèlent le fonctionnement réel de la loi est masqué par un écran, la Déclaration des droits, qui prétend promulguer la liberté
d’expression et l’égalité des droits en matière de justice. Mais cet écran ne saurait dissimuler que l’égalité des citoyens devant la justice reste à
accomplir.

Source: Le monde diplomatique


DOSSIER SPECIAL HOWARD ZINN REUNI PAR INVESTIG'ACTION - MICHELCOLLON.INFO

Agone - Howard Zinn n'est plus

Howard Zinn - Mythes de l’« exceptionnalisme » américain

Howard Zinn - Les Etats-Unis ont besoin d’un esprit révolutionnaire

Howard Zinn - 27 mois d’occupation américaine - Que faisons-nous en Irak ?

Howard Zinn - La légalisation de l'injustice

13:39 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, romain, courcelles, histoire, usa, democratie, liberte, justice, medias, silence, capitalisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/12/2009

03/10/09: Le cinéma de Polanski…

 

Revenons sur ce brave POLANSKI

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4236
 

Le cinéma de Polanski…

… ou la loi du talent !

samedi 3 octobre 2009 par Makhlouq

Roman Polanski, l’acteur-réalisateur célèbre, a été arrêté par la police suisse sur un mandat d’arrêt américain lancé à la suite d’un rapport sexuel qu’il aurait eu avec une fille de treize ans. L’affaire soulève un tollé, non en Amérique mais en France, curieusement, et seulement dans une « certaine » classe laquelle argue du « génie » de l’homme et de son âge, posant ainsi la terrible question au monde : un homme riche, notoirement connu, fut-il exceptionnel, aurait-il le droit d’échapper à la justice malgré un acte répréhensible qu’il aurait reconnu et que l’on aurait prouvé ?

Le roman Polansky s’achève sur une note triste.

L’homme est en prison, aujourd’hui, pour un acte de viol commis il y a plus de trente ans sur une fille mineure à laquelle il avait fait absorbé de l’alcool et une drogue sédative, à l’époque.

L’arrestation a soulevé la réprobation des Bernard Kouchner, Bernard Henry Lévy, Frédéric Mitterrand et consort. Je dis « consort » car, à n’en pas douter, les autres « idéologues » du parti naze ne rateront pas l’occasion pour crier à l’injustice et peut être à l’antisémitisme parce que Polanski serait juif.

Serions-nous alors dans une logique de « gens élus » ?

Il faut le croire mais non parce que la judaïté serait le point commun car en réalité c’est l’idéologie et la solidarité sionistes qui se manifestent plus qu’autre chose.

Quand on sait qu’Adler considère comme traîtres tous les Juifs qui ne sont pas partisans de Herzl sans que cela ne soit reconnu comme de l’antisémitisme, on comprend bien, alors, qu’il se constitue une « communauté sioniste » brassant différentes populations mais se superposant à toutes les autres et se considérant comme élue.
Polanski serait-il un pion essentiel sur l’échiquier sioniste sans que nous le sachions ?

Quels sont les faits reprochés à l’homme ?

L’acteur-réalisateur, tout en le reconnaissant par la suite, aurait eu des rapports sexuels, avec sodomie, sur une fille de treize ans.
Il lui aurait fait absorber, au préalable, de l’alcool et de la méthaquinone, substance sédative reconnue, selon wikipédia, comme « dépressive pour le système nerveux central, anxiolytique, calmante, entraînant des troubles du jugement ».

Analysons les faits !

Une fille de 13 ans, dans toutes les législations du monde, est reconnue comme une mineure, civilement parlant mais aussi sexuellement. En conséquence, son consentement ne peut être pris en compte juridiquement.
L’affirmer constitue un mensonge éhonté. C’est déjà un argument qui discrédite l’envolée théâtrale et piteuse de Bernard Henri Lévy qui ne se soucie guère de la victime nous rappelant l’amnésie qu’il a envers les crimes commis contre les Palestiniens martyrs et sa prise de position pour les bourreaux siono-nazio-fascistes de l’Etat d’Israël.

En outre, la législation européenne estime qu’un rapport sexuel, en l’« absence de consentement éclairé » comme c’est le cas pour un mineur, est un… viol… donc un crime.

Pour les Etats-unis, seul l’âge diffère.

En tout état, l’âge, dans ce cas précis est bien loin de la majorité sexuelle dans tous les cas envisagés.

La juridiction américaine était donc au-dessous de la peine réelle et Polanski en avait déjà profité en plaidant coupable puisque le juge avait transformé le viol, pouvant être puni de mort, en atteinte sexuelle… fait, de beaucoup, moins grave.

Néanmoins, ce que l’on s’efforce de dissimuler c’est que l’acteur s’est enfui des USA alors qu’il était en liberté sous caution… ce qui aggrave son cas et plaide en faveur de sa culpabilité déjà bien établie puisque reconnue par lui-même.

Ainsi, Polanski aurait commis un viol et se serait enfui avant d’être jugé. Il est donc accusé non seulement de l’acte en question, de fuite mais aussi de fourniture d’alcool et de drogue à un mineur.

Que peut-on en dire ?

Ce qui est navrant dans l’histoire des défenseurs de Polanski c’est que, au profit du fugitif, ces derniers accablent la victime par des moyens plus que douteux et éminemment pathétiques.

En outre :

Citer le grand âge de l’accusé reste néanmoins pitoyable d’autant que, les mêmes individus, n’ont jamais reconnu celui de bien d’autres pourtant incarcérés,

Citer son histoire dans le ghetto polonais, la déportation de ses parents, à laquelle nous ne pouvons que compatir, ne peut que rajouter à la volonté d’une distinction dans une France se voulant pourtant égalitaire de par ses textes.

Citer son talent fait comprendre que « les preux » optent pour une hiérarchisation non point sociale mais judiciaire. En conséquence, ils s’engagent dans la voie de « l’inégalité devant la loi », violant toutes les règles des pays civilisés et celles des Droits de l’Homme.

Le parti pris manifeste de deux ministres français, dans cette affaire, s’exprimant en fonction de leurs sentiments non de leur fonction, et de manière bien cavalière, les disqualifie de fait et entraînerait leur démission spontanée pour peu qu’ils aient du respect pour leur poste, du courage, de la dignité et un sens de la responsabilité politique.

La question qu’il faut se poser aujourd’hui est de savoir pourquoi Polanski, qui est citoyen français, n’a jamais été inquiété par la justice française pour les faits qui lui sont reprochés aux Etats Unis.

Même si l’on réfute l’extradition d’un citoyen de notre pays, il n’empêche que l’on doit prendre en compte son acte.

Ne l’a-t-on pas fait pour les prisonniers français arrêtés à Guantanamo et pourtant innocents ?

Pourquoi ne serait-ce pas valable pour l’acteur ?

Ah oui… j’entends déjà les défenseurs me dirent que « ce n’est pas pareil » !

Bien sûr… ce ne peut être pareil, en vérité je vous le dis, puisqu’il y a Français et… Bronzés !

Polanski est seul… les Bronzés sont nombreux et c’est quand ils sont nombreux que Hortefeux voit des problèmes à ces pauvres… Auvergnats.

Les Bernard Henri Lévy, Kouchner et Compagnie n’ont pas fini d’être ridicules et terriblement communautaristes, eux qui s’en défendent !

Mais le ridicule…

19:39 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, romain, courcelles, france, usa, democratie, silence, television, actualite, liberte, justice, presse, medias, cinema | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/10/2009

14/10/09: Roman Polanski a beaucoup d'amis ...

From: Reprise d'article.
Sent: Wednesday, October 14, 2009 8:32 PM
Subject: Roman Polanski a beaucoup d'amis


 

Par Katha Pollitt,

Alors que le rappel à la loi et la célébration de l'ordre sont les maîtres mots du régime Sarkozy, voilà que les amis se pressent autour d'un cinéaste inculpé pour viol sur mineure : devenu victime d'une « Amérique qui fait peur », selon Frédéric Mitterrand, Roman Polanski se voit magiquement exonéré – au nom de son âge, de son oeuvre, de sa vie – de toute responsabilité vis-à-vis de la justice. Quelques mois plus tôt, rappelons-le, c'est une autre victime de la « censure » que défendait le ministre de la culture français : Orelsan, un chanteur auteur de paroles d'une violence sexiste inouïe, dont la présence à des événements culturels subventionnés par la puissance publique avait suscité quelques remous. Voilà donc quels sont les individus qui, en France, bénéficient des indignations officielles, qui font naître les grandes causes nationales menées au nom de la « liberté » ! La suite française de l'affaire Polanski (le retour sur le livre de Frédéric Mitterrand dans lequel il raconte ses séjours sexuels passés en Thaïlande) illustre ce qui devient un fonctionnement structurel dans la France de Sarkozy : CRS et management pour la France d'en bas, toujours soupçonnée de paresse et de désobéissance, de sexisme et de racisme ; tolérance, compassion et impunité, au nom de leur « talent », pour les puissants, la jet set et les artistes de cour. L'actualité montre que la question des violences sexuelles suscite les doubles standards les plus hallucinants : ainsi, alors que pour les classes populaires on ne jure plus que par la « tolérance zéro », les « peines planchers », voire la « castration chimique des délinquants sexuels », Michèle Alliot-Marie estime, à propos de Frédéric Mitterrand, qu' « il faut permettre à chacun d'avoir fait des fautes, de s'en repentir et d'avoir toujours une deuxième chance » ! Dans ce contexte, il nous a semblé particulièrement utile de publier l'article consacré par l'essayiste étasunienne Katha Pollitt à l'effrayante mobilisation des « ami-e-s » de Polanski. Traduit par Nellie Dupont, il est reproduit ici avec l'autorisation de l'auteure.

Si un violeur échappe à la justice assez longtemps, le monde doit-il lui donner les moyens de ne pas passer par la case prison ? Si vous êtes le célèbre réalisateur Roman Polanski, beaucoup de gens talentueux et très connus vous répondront que oui. En 1977 à Los Angeles, après avoir drogué et violé une jeune fille de 13 ans en la sodomisant, Polanski avait plaidé coupable d'un crime requalifié en « relations sexuelles avec mineur » pour fuir en Europe juste avant que la peine ne soit prononcée.

Aujourd'hui, 32 ans plus tard, il vient d'être arrêté en Suisse alors qu'il se rendait au Festival du film de Zurich, et cela suscite l'indignation d'une communauté de célébrités internationales telles que : Salman Rushdie, Milan Kundera, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Woody Allen (on ne ricane pas au fond), Isabelle Huppert, Diane de Furstenberg, et beaucoup, beaucoup d'autres. Bernard Henri-Lévy, qui a joué un rôle essentiel dans l'organisation de ce comité de soutien, a déclaré que Polanski avait « peut-être commis une erreur de jeunesse » (il avait 43 ans au moment des faits).

Arborant un badge rouge sur lequel on pouvait lire « Libérez Polanski », Debra Winger, présidente du jury du Festival de Zurich, qualifia l'action des autorités suisses de « complot philistin ». Frédéric Mitterand, le ministre français de la Culture et de la Communication, déclara que l'arrestation « montrait le visage d'une Amérique qui nous fait peur » et présenta Polanski comme « jeté en pâture pour une histoire ancienne ». Le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins sans Frontières, déclara l'affaire « sinistre ».

Plus près de chez nous, Whoopi Goldberg expliqua dans The View que son crime n'était pas à proprement parlé du « viol-viol » mais, juste, vous savez, un viol. Ah, ça ! L'éditorialiste Anne Applebaum minimisa le crime dans le Washington Post. D'abord, elle ne prend pas en compte les véritables circonstances du crime (les drogues, le non consentement, la sodomie, etc), mais ensuite elle affirme qu' « il n'y aucune preuve que Polanski connaissait vraiment son âge ». Dans le genre argument désespéré… Polanski, qui devait ensuite entretenir une liaison avec Nastassja Kinski alors âgée de 15 ans, a pourtant ouvertement parlé de son penchant pour les très jeunes filles.

Le rédacteur en chef du Nation Katrina vanden Heuvel, qui d'abord admit avec surprise sur Twitter être d'accord avec Applebaum, a revu sa position : « Je renie mon soutien à Applebaum. Je pense que Polanski ne devrait pas bénéficier d'un traitement de faveur. La question qui se pose à présent est de savoir ce qui doit être fait pour que la justice soit rendue au mieux. Doit-il rentrer pour purger sa peine ? Y a-t-il d'autres moyens envisageables ? En même temps, je pense que les erreurs de procédures invoquées par la défense doivent être prises en compte dans cette affaire ».

Dans une contribution au New York Times, l'écrivain de pacotille Robert Harris rendit hommage à son grand ami Polanski, qui vient juste de terminer le tournage d'une adaptation d'un de ses romans : « Son passé ne m'intéresse pas. » Ceci nous en dit long sur ce que pense Harris des crimes sexuels, mais en quoi est-ce un argument dans l'affaire Polanski ?

Y'a un truc que je ne saisis tout simplement pas. Je comprends que Polanski a connu bien des tragédies au cours de sa vie, qu'il a fait des films magnifiques, qu'il a 76 ans, qu'un documentaire de 2008 a semé le doute quant à l'impartialité du juge (voyez en revanche l'article de Bill Wyman dans Salon, pour une convaincante mise au point sur cette affaire). Je comprends aussi que sa victime, qui a maintenant 44 ans, dit qu'elle a pardonné Polanski et voudrait que l'affaire soit classée parce qu'à chaque fois qu'elle refait surface, elle est à nouveau traînée dans la boue. Et c'est sans doute ce qui est en train de se passer en ce moment.

Dans le Huffington Post, une expatriée, admiratrice de Polanski, Joan Z. Shore (qui se présente comme co-fondatrice d'une organisation féministe belge pour l'égalité) écrit : « C'est la mère de la jeune mannequin de 13 ans "séduite" par Polanski qui avait poussé sa fille dans les bras du réalisateur parce qu'elle voulait qu'elle fasse une carrière dans le cinéma. La fille allait fêter son 14e anniversaire quelques semaines plus tard, elle n'était donc pas très loin de l'âge la majorité sexuelle fixée à 14 ans en Californie. (A présent ça doit même être 13 !) » Sauf qu'en fait, en 1977, en Californie, la majorité sexuelle était fixée à 16 ans. Aujourd'hui, elle est fixée à 18 ans sauf dans le cas où le partenaire n'a pas trois ans de plus. Pourtant, on retrouve l'argument de Shore (selon lequel Polanski fut la victime d'une nymphette et des manœuvres de sa mère) partout sur internet.

Les faits : Ce qui s'est passé n'est pas juste une vague et sordide affaire de cul dans laquelle deux versions s'affrontent. Un homme de 43 ans s'est débrouillé pour se retrouver seul avec une jeune fille de 13 ans, la faire boire, lui a fait prendre des sédatifs puissants, et après avoir vérifié où elle en était avec ses règles, l'a violée en la sodomisant, à deux reprises, alors qu'elle protestait ; elle s'est finalement laissée faire comme elle l'a dit devant un grand jury « parce que j'avais peur. » Ces faits sont avérés, ils ne sont contestés que par Polanski qui a cherché à dédramatiser plusieurs fois. On lui a permis de plaider coupable pour des faits requalifiés en délit, comme c'est le cas pour beaucoup de violeurs, pour éviter à la victime le traumatisme d'un procès et sa médiatisation. Mais cela ne doit pas pour autant nous laisser croire qu'il ne s'agissait que d'une affaire de libertinage. La victime mit des années à s'en remettre.

Les faits : En février 2008, le juge de la Cour supérieure de Los Angeles, Peter Espinosa reconnut à Polanski le droit de contester le jugement. Pour cela il doit tout simplement revenir aux Etats-Unis et se soumettre à la procédure. En quoi est-ce injuste ? S'il n'était pas ce réalisateur connu de part le monde et entouré d'une pléthore d'amis influents, mais un criminel sexuel lambda, penserait-on que c'est trop lui demander que de se soumettre à la procédure comme n'importe qui ?

C'est vraiment rageant de voir des superstars littéraires qui n'arrêtent pas de parler de dignité humaine, de droits humains et même de droits des femmes (surtout quand celles-ci sont Musulmanes) qui, ou bien ne considèrent pas que ce que Polanski a fait soit un viol, ou s'en moquent parce qu'après tout, il s'agit de Polanski : un artiste comme eux. Que des personnes qui le soutiennent soient des femmes est encore plus décevant.

Ne voient-elles pas qu'elles acceptent des arguments qui accusent la victime, minimisent le viol, et même, tirés par les cheveux, servent à exonérer le coupable. Une erreur de jeunesse, une mauvaise appréciation de l'âge de la jeune fille, une petite salope, une mère calculatrice, est-ce à ce genre de choses là qu'on doit penser quand des hommes s'attaquent à des gamines de collège ?

Le large soutien qu'a reçu Polanski nous donne à voir une élite culturelle bien-pensante sous son pire jour : pleine d'auto-suffisance et de bêtise. Ils font peut-être de grands films, écrivent de grands livres, créent de très beaux objets, ont sans doute de grandes idées humanistes et se soucient certainement de toutes les grandes causes justes (comme l'égalité devant la loi). Mais en l'occurrence, ils ne sont que le pendant blanc et cultivé des fans de R. Kelly [1] et Chris Brown [2] et autres supporters sportifs qui soutiennent d'emblée leurs athlètes préférés dès qu'ils sont accusés d'avoir frappé leur femme ou d'avoir violé des employées d'hôtel.

Pas étonnant que l'Américain moyen les déteste.

L'article original a été publié aux Etats-Unis dans The Nation (01/10/2009).

[1] En 2002, une bande vidéo montre le chanteur de R'nB, R. Kelly ayant des rapports sexuels avec une jeune fille de 14 ans. Il plaidera non coupable. Il sera finalement acquitté en 2008. NdlaT.

[2] Chris Brown, chanteur de R'nB et de Hip Hop, s'est excusé publiquement d'avoir battu sa compagne la chanteuse Rihanna. NdlaT.

21:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, romain, histoire, propagande, democratie, justice, presse, television, medias, silence, france, courcelles | |  Facebook | |  Imprimer | | |

07/05/2008

05/05/2008: France / Espagne / Euro-dictature: ???

France / Espagne / Euro-dictature:
n' est-ce pas que c' est beau la pseudo-démocratie capitaliste pour tous les gogos et rabâcheurs qui y croient encore et/ou qui voudraient nous y faire croire ... ?
RoRo

-------- Message original --------

Sujet: Ignominies institutionnelles: VIVRE SANS ARGENT, est-cepossible?
Date: Mon, 5 May 2008 23:38:25 EDT
De: Xarlo@aol.com

Trans:
Commevous le savez peut-être, la juge Levert a bloqué il y a quatre semaines les comptes banquaires de 7 militant(e)s, par ordre dujugeespagnol Garzon. Cette décision touche tout l'entourage de ces militant(e)s : conjoint(e)s, enfants, associations...Aujourd'hui,ce sont 33 comptes, 16 personnes et 3 associations qui se retrouvent avec les comptes bloqués. Cette opération politiquesansprécédent tue économiquement ces personnes, familles, associations. Aujourd'hui, personne n'a encore reçu de notificationoficielle,ni de la part de la justice, ni des banques.
Nous, l'ensemble des personnes visées par Levert, préparons quelquesactionspour répondre à cette agression.
Celle-ci s'adresse à la justice : il s'agit d'envoyer un fax et un mailaujuge Levert, ainsi qu'au responsable de la PJ, Mr Iroz, en leur demandant de débloquer ces comptes.
Voustrouverez en pièce jointe une lettre à compléter et à leur envoyer.
Merci de faire suivre ce mail à tous vos contacts.
Abientôt
Eñaut Elosegi et Patricia Martinon



Horra prentsan afera hortaz agertu diren artikulu zonbait / quelques liens intéressants :
http://www.berria.info/testua_ikusi.php?saila=euskalherria&data=2008-04-30&orria=011&kont=006
http://www.berria.info/testua_ikusi.php?saila=euskalherria&data=2008-05-01&orria=018&kont=005
http://www.berria.info/testua_ikusi.php?saila=euskalherria&data=2008-04-12&orria=011&kont=007
http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20080430/art208820.php
http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20080412/art208476.php
http://www.lejpb.com/idatzia/20080419/art208621.php
http://www.gara.net/paperezkoa/20080412/72297/es/Denuncian-bloqueo-cuentas-catorce-ciudadanos-vascos
http://www.gara.net/paperezkoa/20080430/75353/eu/La-Guardia-Civil-presenta-actividades-publicas-prueba-juicio


www.redportiamerica.com


********************





"Argiaren abiadura soinuarena bainobizkorragodelakotz, batzu disdiratsu dira pito hutsak direla egiaztatu arte"

"C'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son
...que certains paraissent brillants avant d'avoir l'air con"

"Porser superior la velocidad de la luz a la del sonido, algunos parecen brillantes antes de resultar estùpidos"
***
La démocratie c'est participer aux décisions…
Voter, c'est donner le pouvoir de décision à d'autres !

15:16 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Romain | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, capitalisme, terrorisme, belgique, democratie, liberte, justice, droits de l homme, presse, medias, information, television, silence, europe, euro-dictature, repression | |  Facebook | |  Imprimer | | |

16/04/2008

15/04/2008: Les "Droits de l'homme" à Dubaï, émirat du Monde "libre" capitaliste ...

Les "Droits de l'homme" à Dubaï, émirat du Monde "libre" capitaliste ...
Et si le Monde "libre", Ménard-Rsf, les médias domestiqués, le Parlement européen, Amnesty International,... exigeaient le respect des droits de l'homme les plus essentiels et élementaires à ... Dubaï ,?
Là, des centaines de milliers DE TRAVAILLEURS asiatiques, tels des fourmis, triment comme des forçats de Cayenne, pour construire des sites et des logements de super-luxe, jusque 1.000 m2, au sommet de buildings, pour multi - milliardaires russes, anglais, allemands, ricains,... dans les pires conditions d'esclavage colonialiste et capitaliste. 
Privés de leur passeport par les patrons, ils ne savent même plus rentrer au pays lorsqu'ils en ont assez.
Parqués, logés, traités, moins que des animaux, ils travaillent jusqu'à ce qu'ils en crèvent et/ou se suicident...
Là, 24 heures sur 24, le travail n' arrête jamais. Les équipes de forçats "volontaires" se relayent au pas de course jusqu'à 50° ... à l'ombre, parce qu'ils essaient d' échapper à la misère, à la faim en vendant leur force de travail jusqu'à l'épuisement. Et s'ils ne sont plus d' accord, ou expriment la moindre revendication, la porte ... ! Sans visa de sortie, ils n'ont plus qu'à errer et à crever ... 
Très intéressant et instructif reportage-documentaire, quand même, ce mardi-matin sur la RtbF...
RoRo

11:57 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Romain | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, belgique, cia, usa, rsf, droits de l homme, medias, capitalisme, courcelles, democratie, histoire, justice, liberte, politique, presse, propagande, repression, romain, silence, chine, tibet | |  Facebook | |  Imprimer | | |

07/04/2008

06/04/2008: Folie électorale à l'américaine ...

[http://histoire.skynetblogs.be]
Sur le site de Michel Collon

Howard Zinn - Folie électorale à l'américaine
Aux USA, des millions de personnes perdent leurs maisons et de quoi parle-t-on ?
Elections US

Folie électorale à l’américaine


La course à la Maison-Blanche occupe les médias US et déborde dans ceux du « reste du monde ». Pourtant, ceci n’est que vanité, observe l’historien Howard Zinn : le citoyen états-unien se passionne pour un événement qui a peu de chances de changer quoi que ce soit à sa vie quotidienne, quand aux étrangers on ne comprend pas quel intérêt ils peuvent trouver à cette mise en scène.

En Floride, il y a un homme qui m’écrit depuis des années (dix pages manuscrites) sans que je ne l’aie jamais rencontré. Il me raconte les différents travaux qu’il a faits, vigile, technicien réparateur, etc. Il a fait toutes sortes de travaux postés, nuit et jour, qui lui permettent à peine d’entretenir sa famille. Ses lettres ont toujours été pleines de rage, elle pestent contre notre système capitaliste qui ne garantit pas aux travailleurs « la vie, la liberté, la recherche du bonheur ». Aujourd’hui justement j’ai reçu une lettre de lui. Heureusement elle n’était pas manuscrite, maintenant il se sert d’Internet : « Voila, aujourd’hui je vous écris parce que ce pays est pris dans une situation désastreuse que je ne peux pas accepter, je dois dire quelque chose là-dessus. Je suis vraiment furieux de cette crise des crédits. Ça me fout en l’air que la majorité des États-uniens doive passer sa vie dans une situation d’endettement perpétuel, et que tant d’entre eux soient en train d’être ensevelis sous ce poids. P… , ça me fout en l’air. Aujourd’hui j’ai travaillé comme vigile et mon boulot était de surveiller une maison qui a été saisie et sera vendue aux enchères. Ils ont ouvert la maison aux visiteurs, et moi j’étais là pour monter la garde pendant la visite. Dans le même quartier il y avait trois autres vigiles qui faisaient la même chose, dans trois autres maisons. Pendant les moments creux je m’asseyais et je me demandais qui étaient ces gens qui avaient été expulsés, et où ils étaient maintenant ».

Ce même jour où j’ai reçu cette lettre, le Boston Globe a publié un article intitulé « Des milliers de maisons saisies dans le Massachusetts en 2007 ». Le sous titre disait : « on a réquisitionné 7 563 maisons, presque le triple de 2006 ». Quelques soirs plus tôt, CBS avait déclaré que 750 000 personnes infirmes attendaient depuis des années leurs allocations de prévoyance sociale parce que le système était insuffisamment financé et qu’il n’y avait pas assez de personnel pour traiter toutes les requêtes, même les plus graves.

Ce genre d’histoire est rapporté par les médias, mais elles disparaissent instantanément. Ce qui ne disparaît pas, ce qui occupe la presse jour après jour, impossible de l’ignorer, c’est la frénésie électorale.

Ça, ça passionne le pays tous les quatre ans parce que nous sommes éduqués pour croire que voter est fondamental pour déterminer notre destin ; que l’acte le plus important qu’un citoyen puisse accomplir c’est de se rendre aux urnes pour choisir une des deux médiocrités qui ont déjà été choisies pour nous. C’est un test à choix multiples tellement limité, tellement spécieux qu’aucun enseignant qui aurait le moindre respect pour lui-même ne le donnerait à ses étudiants.

Et c’est triste de le dire, le défi présidentiel a hypnotisé de la même façon les libéraux et les radicaux. Nous sommes tous vulnérables.

Est-il possible ces jours ci de voir des amis en évitant ce thème des élections présidentielles ?

Ces personnes même qui devraient être les plus averties, ayant critiqué l’emprise des médias sur la mentalité nationale, se retrouvent paralysées par la presse, scotchées à la télé, pendant que les candidats décochent œillades et sourires en proposant une marée de clichés avec une solennité qui tient du poème épique.

Même dans nos soi-disant périodiques de gauche, il faut reconnaître qu’une quantité exorbitante d’attention est consacrée à l’examen minutieux des principaux candidats.

À l’occasion on jette un os à ronger aux candidats mineurs, même si tout le monde sait que notre merveilleux système politique démocratique les laissera dehors.

Non, je ne suis pas en train de prendre une position d’ultra-gauche selon laquelle les élections seraient totalement insignifiantes, et que nous devrions refuser de voter pour préserver la pureté de notre moralité. Oui, il y a des candidats qui sont un peu mieux que les autres, et dans certaines périodes de crise nationale (les années 30, par exemple, ou aujourd’hui) même une légère différence entre les deux partis peut être une question de vie ou de mort.

Je suis en train de parler d’un sens des proportions qui a disparu de la folie électorale. Soutiendrais-je un candidat contre un autre ? Oui, pendant deux minutes : le temps qu’il faut pour abaisser le levier dans une cabine électorale.

Mais avant et après ces deux minutes, notre temps, notre énergie, nous devrions les employer à instruire, mobiliser, organiser nos concitoyens sur leur poste de travail, dan notre quartier, dans les écoles. Notre objectif devrait être construire, laborieusement, patiemment mais énergiquement, un mouvement qui, une fois que nous aurions atteint une certaine masse critique, puisse secouer qui que ce soit à la Maison-Blanche, et au Congrès, en imposant le changement de politique nationale sur les questions de la guerre et de la justice sociale. Souvenons-nous que même quand il y a un candidat « meilleur » (oui, mieux Roosevelt que Hoover, mieux n’importe qui que Georges Bush), cette différence ne signifiera rien à moins que le pouvoir du peuple ne s’affirme en des modes que l’occupant de la Maison-Blanche aura du mal à ignorer.

Les politiques sans précédents du New Deal – prévoyance sociale, assurance chômage, créations d’emplois, salaire minimum, subventions pour le logement- ne furent pas simplement le résultat du progressisme de Roosevelt. L’Administration Roosevelt, dès son installation, trouva face à elle une nation en ébullition. La dernière année de l’Administration Hoover avait vu la rébellion du Bonus Army : des milliers de vétérans de la première guerre mondiale avaient marché sur Washington avec leurs familles pour demander de l’aide au Congrès, parce que leurs familles crevaient de faim. Des manifestations de chômeurs eurent lieu à Detroit, Chicago, Boston, New York, Seattle.

En 1934, au début de la présidence Roosevelt, il y eut des grèves dans tout le pays, y compris une grève générale à Minneapolis, une grève générale à San Francisco, des centaines de milliers de gens qui croisèrent les bras dans les industries textiles du Sud. Dans tout le pays on assista à la naissance des conseils de chômeurs. Les gens, désespérés, se mobilisèrent, de façon autonome, en imposant à la police de remettre à leur place les meubles des locataires expulsés, et en créant des organisations d’aide mutuelle avec des centaines de milliers de membres. Sans une urgence nationale –destitution et rébellion économique- l’Administration Roosevelt aurait peiné à décider ces réformes courageuses.

Aujourd’hui, nous pouvons être sûrs que le Parti Démocrate, à moins de se trouver devant une mobilisation populaire, ne quittera pas le centre. Les deux principaux candidats à la présidence ont été clairs : s’ils sont élus ils n’arrêteront pas la guerre en Irak immédiatement, et ils n’institueront pas un système d’assistance sanitaire gratuite pour tous. Ils n’offrent pas de changement radical par rapport au statu quo.

Ils ne proposent pas ce que le désespoir actuel de la population exige désespérément : la garantie de la part du gouvernement d’un poste de travail pour tous ceux qui en ont besoin, un revenu minimum pour chaque famille, une aide pour tous ceux qui risquent l’expulsion ou la saisie.

Ils ne suggèrent pas les coupes radicales dans les dépenses militaires ou les changements radicaux dans le système fiscal qui libèrerait des milliards, et même des trillions, pour les destiner aux programmes sociaux afin de transformer notre mode de vie.

Rien de tout cela ne doit nous étonner. La Parti Démocrate n’a rompu avec son conservatisme historique, sa complaisance envers les riches, sa prédilection pour la guerre que quand il a rencontré en face de lui la rébellion d’en bas, comme dans les années 30 et 60. Nous ne devons pas nous attendre à ce qu’une victoire dans les urnes en novembre commence à libérer le pays de ses deux maladies fondamentales : l’avidité du capitalisme et le militarisme. C’est pour cela que nous devons nous libérer de la folie électorale qui emporte toute la société, y compris la gauche.

Oui, deux minutes. Avant, et après, nous devons nous mobiliser personnellement contre tous les obstacles à la vie, à la liberté, et à la recherche du bonheur.

Par exemple, les saisies qui arrachent des millions de personnes à leurs maisons devraient nous rappeler une situation semblable qui eut lieu après la guerre révolutionnaire, quand les petits agriculteurs (comme aujourd’hui nombre de nos SDF) ne pouvaient pas se permettre de payer les impôts et furent menacés de perdre leur terre, leur foyer. Ils se rassemblèrent par milliers autour des tribunaux et empêchèrent le déroulement des ventes aux enchères.

Aujourd’hui, l’expulsion des gens qui n’arrivent pas à payer leur loyer devrait nous rappeler ce que firent les gens dans les années 30, quand ils se mobilisèrent et remirent les affaires des familles expulsées dans leurs appartements, en défiant les autorités.

Historiquement le gouvernement, qu’il fut dans les mains des républicains ou des démocrates, des libéraux ou des conservateurs, a failli à ses propres responsabilités, jusqu’à ce qu’il n’y soit obligé par la mobilisation directe : sit-in et freedom rides pour les droits des noirs, grèves et boycotts pour les droits des travailleurs, rébellions et désertions des soldats pour arrêter la guerre. Voter est un geste facile et d’utilité marginale, mais c’est un pauvre ersatz de la démocratie, qui requiert la mobilisation directe des citoyens engagés.




Howard Zinn est professeur émérite de sciences politiques à l’université de Boston. Dernier ouvrage paru en français : L’Impossible Neutralité. Autobiographie d’un historien et militant.


Ce texte a été publié en anglais par The Progressive Magazine et en italien par Il Manifesto.
Version française : Marie-Ange Patrizio pour Voltairenet.
http://www.voltairenet.org/article155586.html#article155586

22:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Romain | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, capitalisme, courcelles, histoire, justice, democratie, romain, belgique, liberte, medias, politique, presse, silence, dictature, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

05/04/2008

05/04/2008: la politique du chiffre a encore tué ce 4 Avril...

 C' est en EURO-DICTATURE capitaliste: l'on bafoue même le droit de vivre ...
RoRo

-------- Message original --------

Sujet: Fw: la politique du chiffre a encore tué ce 4 Avril
Date: Sat, 5 Apr 2008 09:58:46 +0200
De: comité des sans papiers 59 <csp59@wanadoo.fr>


----- Original Message -----
Sent: Saturday, April 05, 2008 9:57 AM
Subject: la politique du chiffre a encore tué ce 4 Avril


La politique du chiffre a encore tué,
ce 4 avril à Joinville-le-Pont (94).

Ce vendredi 4 avril 2008, un jeune Malien de 29 ans est mort à Joinville-le-Pont (94), après s'être jeté dans la Marne pour échapper à un contrôle de police dans la gare RER de Joinville. Il avait montré son abonnement de transport, mais il était frappé d'un arrêté de reconduite à la frontière.

Cet événement tragique est une nouvelle illustration du climat créé par la multiplication des contrôles de police. Oui, la politique du chiffre tue et ce n'est malheureusement pas un slogan.
La mort de ce jeune homme ajoute une victime à une liste déjà longue. En été 2007, Yvan, enfant de treize ans d'une famille russo-tchétchène déboutée de l'asile, est resté quelque temps entre la vie et la mort après avoir tenté de fuir avec son père, par le balcon, la police venue au domicile. En septembre, c'est une femme chinoise, Chulan Zhang Liu, qui est décédée après s'être défénestrée de son appartement à l'approche des policiers. En février, c'est un Kenyan de 19 ans, John Maïna, qui s'est pendu après avoir appris le rejet définitif de sa demande d'asile. Aucune de ces victimes n'a eu le bon goût de relever de l'immigration « choisie » exigée par le président Sarkozy et son ministre de l'identité nationale.

Il faut mettre un point final à cette politique du chiffre qui génère tant d'angoisse et provoque tant de drames. C'est ce que nous dirons, avec le collectif UniEs contre une immigration jetable, avec les collectifs de sans-papiers, avec les syndicalistes qui refusent la mise en concurrence des salariés, avec tous les citoyens épris de solidarité, ce samedi 5 avril, dans la manifestation qui partira à 14h30 de la place d'Italie (Paris), de même que dans certaines villes de province: NON à la xénophobie d'Etat et à ses conséquences meurtrières!

RESF94

16:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Romain | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, romain, democratie, capitalisme, liberte, actualite, belgique, presse, medias, politique, silence, droits de l homme, justice, repression, euro-dictature, france, solidarite | |  Facebook | |  Imprimer | | |

01/02/2008

06/12/2006: Mumia Abu-Jamal • Depuis 25 ans dans le couloir de la mort ...

Mumia Abu-Jamal • Depuis 25 ans dans le couloir de la mort

Le 9 décembre, cela fera exactement 25 ans que Mumia Abu-Jamal est en prison. Après un procès malhonnête, il a été condamné à mort et n’est toujours pas près de sortir.

Martine Raeymaekers
06-12-2006

«Je veillerai à ce que ce nègre soit bel et bien grillé», a déclaré le président du tribunal qui a envoyé Mumia dans le couloir de la mort.


Mumia-Abu Jamal a grandi dans les ghettos de Philadelphie, aux USA. En 1967, à quinze ans à peine, il adhère au Black Panther Party, une organisation politique progressiste qui, dans les années 60, menait une lutte radicale contre le racisme aux USA. En raison de leur objectif révolutionnaire et de leurs actions radicales, J. Edgar Hoover, le patron du FBI, a dit un jour des Black Panthers11 qu’ils étaient « la pire menace pour la sécurité interne des États-Unis ».

Quelques années plus tard, Mumia se révèle à la radio en tant que journaliste engagé, luttant contre le racisme et les violences policières. Il devient président de l’Association des Journalistes noirs de Philadelphie. Son surnom : la Voix des sans-voix, pour ses critiques à propos de la corruption dans la police et chez les fonctionnaires municipaux. Fin des années 70, il est viré des radios qui l’emploient. Clandestinement, la plupart du temps, il fait des reportages sur Move, un mouvement civique de Philadelphie fréquemment en butte aux violences policières. Pour survivre financièrement, il devient chauffeur de taxi.

Le 9 décembre 1981 – voici tout juste 25 ans – Mumia tente d’aider son frère qui se fait tabasser par les flics. Le frère est gravement blessé. Dans la confusion, un flic est abattu. Mumia est arrêté et accusé du meurtre de l’agent. Le 3 juillet 82, il est condamné à mort après un procès truffé d’irrégularités. Il n’y a pas eu d’enquête sérieuse, les faux témoignages ont été légion, etc. Mumia est envoyé dans le couloir de la mort et, depuis, y attend son exécution.

1. www.blackpanther.org.

Le long combat pour un procès équitable

Malgré toutes les preuves d’innocence, voilà 25 ans qu’on reporte un nouveau procès. Mais, grâce aux mouvements de soutien tant nationaux qu’internationaux, il reste de l’espoir d’avoir un jour un procès équitable. Et un acquittement.

En 1995 et 1999, l’exécution de Mumia Abu-Jamal est empêchée deux fois en raison des protestations nationales et internationales. En 1999, Arnold Beverly reconnaît avoir abattu l’agent. En juillet 2001, de nouveaux faits ressortent, confirmant l’innocence de Mumia. En 2001, sa condamnation à mort est annulée par le juge Yohn. Mais, en 2003, la Cour suprême de l’État de Pennsylvanie annule la décision du juge Yohn. En décembre 2005, la Cour fédérale d’Appel déclare recevables les trois demandes de la défense, ce qui ouvre la voie vers un nouveau procès.

En octobre 2006, à la demande de la justice, l’avocat de Mumia, Robert Bryan, introduit un nouveau rapport. Celui-ci reprend les trois points importants en faveur de la réouverture du procès. Un. Le racisme du président de tribunal qui a condamné Mumia : « Je veillerai à ce que ce nègre soit bel et bien grillé ! » L’homme est mort entre-temps. Deux. Le choix des jurés s’appuyait sur le racisme : nombre d’Afro-Américains en avaient été exclus. Trois. Le procureur avait trompé les jurés en expliquant que s’ils déclaraient Mumia coupable, celui-ci irait quand même en appel et que « cela ne fai[sai]t donc guère de différence ».

De sa cellule de condamné à mort, Mumia n’a cessé de s’engager contre l’injustice dans le monde. Il écrit des tracts, des pamphlets, des bouquins et des commentaires radio contre le caractère raciste de la peine de mort aux USA, contre la guerre en Irak, en faveur du soutien à Cuba et à Fidel Castro, etc.

Citoyen d’honneur de Paris

En France, le « collectif unitaire national pour le soutien à Mumia Abu-Jamal » regroupe 75 organisations. Chaque semaine, elles se rencontrent à Paris. Le 1er novembre 2002, elles remettrent une pétition avec 250 000 signatures aux autorités municipales de Philadelphie.

En 2003, Mumia Abu-Jamal est même proclamé citoyen d’honneur de Paris. Cela faisait 30 ans qu’un tel honneur n’avait plus été décerné : la dernière fois, ç’avait été à Pablo Picasso. La chose n’a pas fait rire la mairie de Philadelphie…. Lorsque, cette année, une rue a été baptisée du nom de Mumia à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne, Philadelphie a estimé que c’en était assez. Début octobre, elle envoie une délégation demander au maire de Paris d’annuler la citoyenneté d’honneur de cet « assassin ». Dans sa lettre, la délégation américaine indique qu’elle est opposée à la peine de mort et qu’elle va faire commuer la sentence si la Ville de Paris annule la citoyenneté d’honneur de Mumia et débaptise la rue portant son nom à Saint-Denis…

Voulez-vous en savoir plus sur Mumia Abu-Jamal, sur sa lutte pour un procès honnête et sur ses nombreux articles et publications ? Surfez sur www.mumiabujamal.net


11:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : democratie, liberte, justice, romain, courcelles, droits de l homme, usa, capitalisme, fascisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

30/01/2008

BELGIQUE: Un agent de la Sûreté de l'Etat parle de «plan machiavélique»

Un agent de la Sûreté de l'Etat parle de «plan machiavélique»
Procès Bahar Kimyongür :: L’État belge a voulu livrer un de ses citoyens à la Turquie

La Belgique a voulu livrer un de ses ressortissant à la Turquie. De hauts fonctionnaires sont impliqués. L'avocat Raf Jespers fait le point.

Gaston Van Dyck
30-01-2008

Vingt-cinq personnes étaient présentes à la réunion qui a décidé de livrer Bahar Kimyongür à la Turquie. Parmi elles, des représentants du ministère de la Justice, de l'Intérieur, du parquet fédéral et des services du Premier ministre. ( Photo Solidaire, Mehdi Mniai)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Le rapport annuel du Comité R, qui contrôle les services de renseignements, prouve que le parquet fédéral avait prévu de se défaire de Bahar Kimyongür en le livrant à la Turquie, bien que cela enfreigne totalement la législation belge. Il avait été convenu d’informer la Sûreté de l’État hollandaise que Kimyongür se rendait à un concert aux Pays-Bas, de sorte qu’il soit arrêté hors de Belgique et remis aux autorités turques. C’est pourquoi, en présence du Comité R, un membre de la Sûreté de l’État a parlé de « plan machiavélique ».

Rappelons les faits : Kimyongür est né en Belgique de parents turcs. Il est sympathisant du parti de gauche turc DHKP-C et très engagé dans la lutte contre la répression turque. Le fait qu’il ait, en outre, perturbé un discours d’un ancien ministre turc au parlement européen a attiré l’attention de la Turquie et de la Sûreté de l’État belge. Une perquisition dans un appartement de Knokke l’amène à comparaître devant le juge.

En 2007, la Cour d’appel de Gand le condamne à cinq ans ferme sur base de la loi anti-terroriste, mais la Cour de cassation annule le jugement. Le 7 février, la Cour d’appel d’Anvers va se prononcer à nouveau.

 

Maître Raf Jespers, que devons-nous penser en Belgique si nos pouvoirs publics livrent un de nos propres concitoyens à un pays comme la Turquie ?

Raf Jespers. C’est évidemment une affaire d’une importance exceptionnelle. Le plan dont vous parlez a été imaginé lors d’une réunion qui s’est déroulée le 26 avril 2006 au centre de crise du ministère de l’Intérieur. Environ 25 personnes étaient présentes, entre autres, des gens du ministère de la Justice et de l’Intérieur, des services du Premier ministre, du parquet fédéral, des trois procureurs fédéraux qui ont trempé dans le procès contre Bahar Kimyongür...

Les choses ont été très loin : de hauts fonctionnaires belges ont collaboré, ce faisant, à la livraison d’un Belge à un régime connu pour son caractère répressif, en sachant bien qu’il courait là le danger d’être torturé.

Le rapport annuel indique très clairement que l’intention de ces 25 personnes présentes à la fameuse réunion étaient les suivantes : le parquet belge devait signaler aux instances hollandaises que Kimyongür allait débarquer aux Pays-Bas et insister auprès d’elles sur « la possibilité d’arrêter la personne concernée sur base d’un signalement Interpol émanant des autorités turques (…), tout en envisageant son extradition vers la Turquie ». 

Tout cela constitue une infraction manifeste à l’article 233 de la loi pénale sur la « conjuration de fonctionnaires ». L’élément clé est que ces fonctionnaires se sont réunis en vue de préparer des mesures en contradiction avec la législation belge. Naturellement, la question de la torture pèse également lourd dans le dossier. Selon moi, ce cas tombe parfaitement sous l’application de cet article 233. Car, si leur plan avait pu être exécuté, il ne fait pratiquement pas de doute que Kimyongur aurait été torturé. Si cela n’a pas eu lieu, nous le devons uniquement au fait que les autorités hollandaises ont refusé de livrer Kimyongür à la Turquie.

Comme le parquet fédéral n’enquêtera jamais sur lui-même, cela devrait revenir au parquet de Bruxelles d’ouvrir une enquête judiciaire sur les éléments qui viennent d’être livrés en pâture à la presse.

 

Manifestement, tout cela s’est produit à la demande des services secrets turcs, peut-on lire dans Le Soir…

Raf Jespers. Cela ne fait que rendre l’affaire encore plus grave. La Belgique fait profil bas face à la Turquie, alors qu’il s’agit d’un des régimes les plus répressifs d’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. En outre, ce pays est impliqué dans la plupart des affaires de violation des droits de l’homme traitées à la Cour de Strasbourg.

 

Qu’est-ce que cela vous fait de savoir qu’on a eu vent de tout cela grâce à une fuite ?

Raf Jespers. Cela montre surtout que le prétendu contrôle parlementaire sur la police – via le Comité P – ainsi que sur les renseignements – via le Comité R – ne signifie vraiment pas grand-chose. Il ne s’agit pas dans ce cas de secrets d’État mais de quelque chose que ces fonctionnaires ont mijoté contre un simple citoyen. Pourquoi cela doit-il resté caché des parlementaires et des citoyens ? Il s’agit ici d’une forme grave de répression politique, on a bafoué la loi. Ces fonctionnaires n’ont pas hésité à exposer un concitoyen à la torture dans un pays comme la Turquie. Raison de plus pour bien étudier l’affaire sous toutes ses coutures. Et certainement aussi pour rendre publique la totalité du fameux rapport.

Film: Résister n’est pas un crime

À travers les procédures menées par la justice belge à l’encontre de Bahar Kimyongur et de ses camarades dans l’affaire du DHKP-C, le documentaire interroge la loi anti-terroriste votée dans notre pays en décembre 2003 ainsi que ses conséquences sur les mouvements de contestation sociale et de défense des libertés fondamentales.

Malgré des moyens modestes, le collectif de cinéastes qui a réalisé ce film est parvenu à nous rapprocher du déroulement de cette histoire entre janvier 2006 et avril 2007. Entre des images de mobilisation et de la situation en Turquie s’intercalent de nombreuses interviews d’avocats, de membres de la famille et de sympathisants. Ainsi que d’observateurs et de commentateurs inquiets de la façon dont ont été bafoués les droits de l’homme dans cette affaire.

Au-delà de l’affaire Kimyongur, ce documentaire met en lumière les conséquences des lois anti-terroristes, qui permettent de criminaliser toute opposition sociale en qualifiant de « terroristes » des personnes de par leur seule appartenance à une organisation, sans qu’aucun délit n’ait été commis.

 

Bientôt en DVD : Résister n’est pas un crime, de Marie-France Collard, J. Laffont et F. Bellali.

14:19 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : democratie, solidaire, justice, romain, courcelles, histoire, capitalisme, repression, liberte | |  Facebook | |  Imprimer | | |