28/02/2015

Bienvenue chez Orwell: Nous sommes en guerre.

lcg/dc
 
 
From: Pierre Lévy
Sent: Saturday, February 28, 2015 7:51 PM
 
Bienvenue chez Orwell
 

Nous sommes en guerre. C'est ce qu'a martelé le premier ministre. C'est ce qu'a répété Nicolas Sarkozy. C'est ce que psalmodie, depuis les sanglants attentats de Paris, une large part de la caste médiatico-politique française, mais aussi européenne. Or la première victime d'une guerre est toujours la vérité, en l'occurrence la liberté d'information, d'opinion et d'expression. Ce constat classique n'a pas tardé à se confirmer. Tout d'abord à travers l'uniforme qu'ont revêtu les grands médias audiovisuels. (...)Société
 
 

Ce constat classique n’a pas tardé à se confirmer. Tout d’abord à travers l’uniforme qu’ont revêtu les grands médias audiovisuels. Quatre jours durant, hors les équipées meurtrières et la traque – diffusée à la manière d’un obscène spectacle en temps réel – il ne s’est rien passé ni en France, ni dans le monde. Des dizaines de victimes tuées, ce même 7 janvier, par une bombe au Yémen ? Pas trace. Des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants massacrés à Baga (Nigéria) ? Pas le moment. Les autorités égyptiennes qui décident de raser Rafah (75 000 habitants), évacuent sans ménagement la population et dynamitent des quartiers entiers ? Pas un mot. Dans un tout autre registre, l’écroulement des prix du pétrole, la dégringolade de l’euro ? Aucune importance. Les abattoirs GAD (Manche) menacés de dépôt de bilan, 400 chômeurs à la clé ? Disparus. Que les tragiques événements du début du mois, et la légitime émotion qu’ils ont provoquée, méritent une large couverture des radios et télés, nul ne le conteste. Que celle-ci évince littéralement toute autre information, voilà qui n’est ni acceptable, ni rassurant. 

Le deuxième niveau de conséquences est institutionnel. La seconde loi « anti-terroriste » du quinquennat (qui est aussi la quinzième depuis 1986) n’est pas encore entrée en application que certains plaident déjà pour un « patriot act » à la française, qui limiterait ouvertement les libertés des citoyens. Et si Manuel Valls a pris soin de préciser qu’il ne souhaitait pas de « mesures d’exception », il a exhorté l’UE à adopter sans tarder les dispositions dites PNR qui visent à enregistrer et transmettre le suivi détaillé de chaque passager aérien. Seraient ainsi tracées pas moins de soixante informations sur tout voyageur, parmi les plus personnelles. D’aucuns appellent du reste de leurs vœux un « FBI » de l’UE – et pourquoi pas une NSA ? D’autres souhaitent le renforcement du parquet fédéral européen embryonnaire, Eurojust. 

Il est une troisième catégorie de conséquences, qu’on pourrait nommer : police de la pensée. Le cas de Dieudonné M’Bala M’Bala est à cet égard emblématique : on peut penser ce que l’on veut de ce dernier (comme l’on peut penser ce que l’on veut de Charlie Hebdo), son placement en garde-à-vue, puis son renvoi en correctionnelle pour avoir affirmé « je suis Charlie Coulibaly » fait froid dans le dos. Au titre de l’« apologie du terrorisme » (un grief récemment introduit, et qui vaut y compris pour les conversations privées), une cinquantaine de procédures sont actuellement engagées, de premières condamnations à des années de prison ferme sont prononcées. Des traitements psychologiques (sic !) sont imposés à des gamins qui avaient refusé de participer à une minute de silence (mais que vaut l’émotion vraie, quand le recueillement est imposé par décret ?). Des employés municipaux sont sanctionnés, comme à Lille, pour n’avoir point participé au moment collectif – et l’avoir expliqué. Et demain, le simple fait de chercher à comprendre les raisons du drame, sera-t-il suspect, voire punissable ? C’est sans doute cela que saluait l’eurofédéraliste Guy Verhofstadt (libéral flamand) lorsqu’il jubilait au même moment : « pour la première fois est née l’Europe des valeurs ». 

La palme revient sans doute à Nathalie Saint-Cricq, chef du service politique de France 2. Le 13 janvier, emportée par son élan, celle-ci, désignant du doigt ceux qui « ne sont pas Charlie », lançait : « ce sont eux que nous devons repérer » et « traiter ».
Au nom de la liberté d’expression, certainement. Orwell n’est plus loin. 

Ce jour-là, Charb, Cabu, Wolinski et les autres ont été assassinés – une seconde fois. 

Source : 
Bastille République Nation

 

https://www.facebook.com/groups/roger.romain/
https://www.facebook.com/groups/roger.romain/photos/
https://www.facebook.com/groups/roger.romain/files/
https://www.facebook.com/RomainRogerdeCourcelles

21:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

27/02/2015

L’OMS et l’Unicef viennent de stériliser des populations du tier s-monde sous couvert de vaccination

 
 
From: Nicolas
Sent: Thursday, February 26, 2015 10:48 PM
 
Subject: L’OMS et l’Unicef viennent de stériliser des populations du tiers-monde sous couvert de vaccination
 

L’OMS et l’Unicef viennent de stériliser des populations du tiers-monde sous couvert de vaccination

Réseau Voltaire International | 26 février 2015
+

Après les scandales qui ont déjà secoué le Mexique, le Nicaragua et les Philippines, l’OMS et l’Unicef sont à nouveau mis en cause au Kenya pour avoir administré des produits stérilisants à l’insu des patients qu’ils prétendaient vacciner contre le tétanos.

La Conférence épiscopale catholique du Kenya, qui administre de nombreux hôpitaux, a participé à la campagne de vaccination contre le tétanos organisée par l’OMS et l’Unicef en mars et octobre 2014 pour les patients de 14 à 49 ans. Face aux rumeurs qui circulaient, la Conférence épiscopale a demandé au ministre kenyan de la Santé, James Wainaina Macharia, de vérifier la composition des vaccins. Devant son refus, la Commission épiscopale a mandaté le laboratoire AgriQ Quest Ltd pour procéder à des expertises. Les expert ont constaté la présence de 24 à 37,5 % d’hormones beta humaines chorioniques gonadotrophiques (βhCG), une quantité largement suffisante pour provoquer la stérilité des patientes. Le ministre de la Santé a réfuté ces résultats, affirmant qu’il était impossible d’introduire des βhCG dans ces vaccins.

La Commission parlementaire de la Santé a alors invité le ministère d’une part et la Conférence épiscopale d’autre part à lui présenter leurs travaux. Contrairement aux déclarations antérieures du gouvernement, il s’est avéré que celui-ci n’avait pas testé les vaccins avant leur inoculation. Aussi fournit-il alors 10 échantillons du vaccin qui s’avérèrent négatifs, tandis que la Conférence épiscopale en présenta 9, dont 3 s’avérèrent positifs. Le ministère de la Santé se retira du débat.

Mgr Paul Kariuki Njiru, évêque d’Embu et président de la Commission de la Santé de la Conférence épiscopale catholique du Kenya, a alors largement communiqué, accusant l’OMS, l’Unicef et le gouvernement kenyan d’avoir délibérément inoculé à leur insu du βhCG à des patientes afin de les stériliser à leur insu.

Le vaccin du tétanos s’administre en trois prises. Un tiers des doses étaient empoisonnées.

L’Organisation mondiale de la santé n’a pas souhaité communiquer.

11:38 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

26/02/2015

GRECE: le KKE reste à la tête du combat contre l’ EURO-DICTATURE des banques et des multinationales capitalistes ! : Déclaration du KKE 24.2.2015

cedc/dc
 
 
GRECE: le KKE reste à la tête du combat contre l’ EURO-DICTATURE des banques et des multinationales capitalistes !
RoRo
 
Sent: Wednesday, February 25, 2015 10:34 PM
 
Subject: Déclaration du KKE 24.2.2015
 

Grèce

Déclaration du Bureau politique

du CC du Parti communiste de Grèce

· Aucune tolérance pour le nouvel accord gouvernemental avec l’UE prorogeant le Mémorandum.

· Abrogation immédiate des décrets d’application des Memoranda

· Récupération des pertes

· Rupture avec l’Union européenne, le capital et leur pouvoir

· Tous au rassemblement à la place de la Constitution [Syntagma]

Vendredi, 27 février à 19 heures où interviendra le SG du CC Dimitris Koutsoumbas

 

Le nouvel accord, signé par la coalition SYRIZA-ANEL avec l'UE, la BCE et le FMI, dans son essence et sa forme est la prorogation du Mémorandum et des engagements qu’il prévoyait ; c’est la poursuite des politiques antipopulaires des gouvernements précédents de la Nouvelle Démocratie (ND) et du PASOK. Cet accord et la liste des «réformes» englobent toutes les mesures négatives contre les travailleurs prises par le capital et son gouvernement avec l'UE dans des conditions de crise économique, des mesures qui contribuent à la reprise de la profitabilité capitaliste. Tout ce pour quoi le peuple grec a au cours des années précédentes saigné et combattu: la stricte surveillance, l'évaluation par la Troïka - que l’on appelle maintenant « les trois institutions » - le maintien et l'extension des orientations anti-ouvrières et antipopulaires.

 

Cet accord confirme que les négociations, même soi-disant « dures », menées dans les murs de l'UE visent le redressement capitaliste, et ont un résultat fermement antipopulaire. La dite « fière » négociation n’est que de la publicité mensongère.

 

Toute révision du programme précédent, comme par exemple la diminution des excédents primaires, ne se fera non pour soulager le peuple, augmenter les salaires, les retraites, les avantages sociaux, mais pour économiser les ressources gouvernementales de manière à soutenir le capital et les investissements pour sa profitabilité, ainsi que celle les prêteurs. Les salariés, les chômeurs, les artisans, les agriculteurs pauvres, les retraités, continueront à payer la « note » de tout redressement par la continuation de l'austérité, que le gouvernement nomme « vie frugale ».

 

Même les miettes, en direction particulièrement de l'extrême pauvreté, promises par le gouvernement dans son programme « flottent en l’air » et dépendront de l'accord avec les « Partenaires », et à condition que ne soit pas compromise la discipline budgétaire, la reprise de l'économie et la profitabilité des grandes entreprises.

 

C’est pour cela que la ND, le PASOK et les autres partis, centres du système, tels que la SEV [Association des entreprises et industries - NdT], qui les années précédentes avaient soutenu la politique impopulaire, accueillent positivement l'accord du gouvernement.

 

Le gouvernement SYRIZA-ANEL présente le nouvel accord comme le résultat de la volonté populaire et du soutien du peuple à sa politique. Il cherche à tromper et à charger le peuple des compromis et des accords antipopulaires avec l'UE. Il essaie de manipuler le mouvement ouvrier-populaire, de transformer le peuple en claque gouvernementale, le convaincre qu'il doit poursuivre ses sacrifices et se suffire de miettes.

 

Aucun soutien ni tolérance pour le gouvernement qui poursuit le même chemin des engagements envers l’UE et la profitabilité des monopoles. C’est pour cela qu’elle nomme « nationale » la question des besoins du capital, pour servir cette orientation, qui n’est pas de l'intérêt du peuple. Par ailleurs le peuple a de l'expérience et doit s’en servir et reconnaitre qu’à chaque fois les «objectifs nationaux» du gouvernement et du capital aboutissent à de grands sacrifices pour les droits ouvriers-populaires.

 

Tous ceux qui avaient un l’espoir d’amélioration, ne devraient pas être déçus, mais doivent réagir. De plus ils ne doivent pas abandonner l’objectif qu’est l’abolition effective des Memoranda, de leurs décrets d'application, des restructurations antipopulaires et le recouvrement des pertes.

 

La volonté du peuple de se débarrasser de la politique antipopulaire des Memoranda, des mesures et des leurs surveillants, peut acquérir un réel contenu quand le peuple exigera par la lutte ce qu’il a perdu, là et maintenant:

• La prise de mesures immédiates pour secourir les familles populaires et la protection des chômeurs.

• Le rétablissement du 13ème et 14ème mois de salaire, l'application obligatoire des conventions collectives et de l'élimination des mesures anti-ouvrières qui frappent le droit du travail

• Le rétablissement réel, maintenant et par une loi, du salaire minimum à 751 euros pour tous, sans exception, ni astérisques, comme base pour les augmentations de salaire.

• Rétablissement de la 13ème et 14ème mois de retraite et l'abolition des mesures antipopulaires, qui ont réduit les retraites et repoussé l'âge de départ à la retraite, tout en exigeant le retour des sommes qui ont été «volées» des réserves des fonds de pension et le règlement des obligations de la ploutocratie et de l'État.

• Décharger les familles populaires des impôts et l'abrogation de ENFIA [Impôt unifié sur la propriété foncière - NdT], de l'impôt de solidarité, la suppression de la TVA sur la consommation populaire, TVA et de ΕΦΚ [impôt spécial à la consommation] sur le mazout de chauffage et le gaz naturel, augmentation de franchise d'impôt à 40,000€ pour chaque la famille, tout en augmentant la taxation du capital.

• Aucune vente par adjudication de la première ou de la seconde résidence des familles populaires. Suppression des intérêts sur les dettes, et la réduction drastique des dettes des ménages populaires.

• Augmentation des dépenses pour l'éducation, la santé et prestations sociales exclusivement gratuites.

 

La classe ouvrière, le peuple, peuvent réussir, en s’organisant et en s’alliant, dans la lutte pour une autre voie de développement qui servira les besoins populaires modernes en se détachant de l'UE, en annulant unilatéralement la dette, en socialisant les monopoles et par l’accession du peuple au pouvoir.

 

Voilà le cheminement fier et une attitude vraiment digne pour le peuple grec.

 

Le KKE appelle le peuple d'Athènes et du Pirée, de la région d’Attique à un rassemblement vendredi 27 février à 19 heures place de la Constitution [Syntagma], avec comme intervenant le Secrétaire général du CC du KKE Dimitris Koutsoumbas.

Le Bureau politique

du CC du KKE

24 février 2015

———————————————

http://www.kke.gr/anakoinoseis_grafeioy_typoy/anakoi nosh_toy_politikoy_grafeioy_ths_ke _toy_kke_24/2/2015 

[Traduction Alexandre MOUMBARIS

Relu Marie-José MOUMBARIS]

 

 

 

démocrite

democrite@neuf.fr

http://dossiersdubip.wordpress.com/ 

éditions Démocrite,

6, rue du Haras,

61140 JUVIGNY-SOUS-ANDAINE

00 33 2 50 75 62 03

Le tarif des abonnements (France et étranger) à la revue Dossiers du BIP (publié par les Editions Démocrite) est de :

40€ pour 12 numéros, 21€ pour 6 numéros, 11€ pour 3 numéros.

Pour les retraités, les étudiants… le tarif est de :

24€ pour 12 numéros, de 12€ pour 6 numéros  et de 6€ pour 3 numéros

 

22:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

08/02/2015

BELGIQUE: Frauder le métro : 5000 % d’amende. Frauder des millio ns au fisc :­­ l’amnistie ?

Sent: Wednesday, February 4, 2015 1:14 PM
 
 

Frauder le métro : 5000 % d’amende. Frauder des millions au fisc :­­ l’amnistie ?

 
 
Marco Van Hees, député fédéral et spécialiste fiscal du PTB.

La Belgique a-t-elle offert des aides d’État illégales à des multinationales ? La Commission européenne se pose des questions sur une série de rulings acceptés par l’administration fiscale belge. Au même moment, certains plaident pour une nouvelle amnistie fiscale pour les grands fraudeurs. « Plutôt que de lutter contre la fraude, ce gouvernement semble vouloir la favoriser », constate le député fédéral Marco Van Hees, également spécialiste fiscal du PTB.

Dans l’actualité fiscale, il est question de la régularisation des fraudeurs fiscaux. Certains, comme Didier Reynders, plaident maintenant pour une nouvelle amnistie fiscale.

Marco Van Hees. Pour bien comprendre : en 2003, il y a eu la Déclaration libératoire unique (DLU), lancée par Didier Reynders. Le « U » indiquait donc en principe que c'était une opération unique, où on proposait aux fraudeurs d'être amnistiés moyennant une petite sanction, sans implications pénales. En théorie, il fallait saisir cette occasion, car cela ne se reproduirait plus. Puis, il y a eu la DLU bis, ensuite la DLU ter, qui est achevée récemment.

Maintenant, Didier Reynders plaide pour une « DLU quater ». La multiplication des amnisties est en fait une incitation à la fraude. La DLU de 2003 était censée être « unique », et on parle aujourd’hui d’en introduire une quatrième.

La multiplication des amnisties est une incitation à la fraude

Il ne faut pas oublier que la fraude fiscale s’élève, selon certaines études, à 20 milliards d’euros par an. Et les amnisties peuvent faire des recettes budgétaires, mais on est très loin du compte. Même si l’on grappille un petit milliard sur quelques années, le déséquilibre est très important.

Concernant la fraude fiscale, il y a eu une circulaire des autorités fiscales qui a révélé que des régularisations pouvaient encore avoir lieu au cas par cas sous la direction de l’Inspection spéciale des impôts (ISI). Y a-t-il une impunité par rapport à la fraude ?

Marco Van Hees. En effet, ce qui se fait actuellement, c'est d'aller chez le contrôleur, et de négocier un accord individuellement. Mais les contrôleurs agissaient un peu chacun à sa manière, et c'est donc l’ISI qui reprend les affaires afin d’ « harmoniser les pratiques ». Pour l’instant, on ne sait pas très bien ce que ça donnera. La question est de savoir si on va appliquer les pénalités légales vis-à-vis de ces fraudeurs. D’autant que ces pénalités légales ne sont pas très élevées : on parle de 50 % environ dans le cas des fraudes. Quelqu’un qui ne paie pas sa place dans le métro, lui, aura une pénalité de 5000 % (100 euros d’amende en cas de non paiement d’un ticket de 2 €). On peut se demander si de basses pénalités n’incitent pas, là aussi, à la fraude…

Les pénalités sont de 50 % dans le cas des fraudes. Quelqu’un qui ne paie pas sa place dans le métro, lui, aura une pénalité de 5000 %

Plus globalement, je m’interroge sur les intentions réelles du gouvernement. La seule mesure prise par la Secrétaire d'État à la Fraude fiscale, Elke Sleurs, c'est d'augmenter le montant par lequel on peut payer une transaction en liquide. Il était de 3000 euros, c'est monté à 7000 euros. Plutôt que de lutter contre la fraude, ce gouvernement semble vouloir la favoriser.

Par ailleurs, la Commission européenne a lancé une enquête pour « aide d’État illégale » sur une série de rulings en Belgique. De quoi s’agit-il exactement ?

Marco Van Hees. Le ruling, ce sont ce qu’on appelle les décisions anticipées. Concrètement, des multinationales introduisent un montage fiscal au Service des décisions anticipées en matière fiscale (SDA) du SPF Finances, et obtiennent, dans une écrasante majorité des cas, un accord, que les contrôleurs fiscaux ne peuvent pas remettre en cause, même s'il est douteux. Ce sont donc des accords fiscaux sur mesure pour certaines entreprises.

Ici, on parle des « excess profit ruling », une mesure qui figure dans la loi et qui fonctionne grâce au système de ruling. L’excess profit ruling permet à une filiale installée en Belgique de détaxer une partie de ses bénéfices réalisés grâce à son appartenance à une multinationale, avec la justification que, si elle avait traité, non pas avec une société sœur du même groupe, mais avec une société étrangère, elle n'aurait pas fait un bénéfice aussi important. La part du bénéfice réalisée grâce au lien de la filiale à la multinationale est donc déductible et non imposable. Dans beaucoup de cas, il s’agit de montants énormes.

Au nom de l'évitement d'une double taxation, on opère une double détaxation

Quels sont les problèmes que soulève cette pratique ?

Marco Van Hees. Ce système pose au moins deux problèmes. D'abord, la loi demande - d'une façon un peu vague, mais tout de même - que la société mère ou sœur ait été taxée dans son pays avant de pouvoir détaxer ce bénéfice ici en Belgique. Mais le SDA n'applique pas ce principe, et ne regarde pas si l'entreprise a été taxée avant. Donc, dans beaucoup de cas, au nom de l'évitement d'une double taxation, on opère une double détaxation.

L'autre problème, c'est l'opacité de ce système. Les rulings doivent être publiés, même si c'est de manière anonyme, sur le site du SDA. Or toutes ces qui concernent l'excess profit ruling ne sont pas publiés. Il y a donc une opacité totale, ce qui fait que la Commission suspecte que la Belgique fait du sur-mesure, ce qui est contraire aux règles européennes. En fait, le sur-mesure, c'est le principe même du ruling. Donc la Commission s'attaque à l'aspect le plus scandaleux, mais tout le système est scandaleux !

 
 

19:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

05/02/2015

FRANCE "démocratique": Union nationale et traque aux dissidents, les raisons cachées d’un coup d’État silencieux

Le McCarthysme en ... FRANCE “démocratique”,...
RoRo
 
From: Nicolas
Sent: Wednesday, February 4, 2015 10:12 PM
 
Subject: Fwd: Union nationale et traque aux dissidents, les raisons cachées d’un coup d’État silencieux
 
 
Par Nicolas Bourgoin le 1 février 2015

Valls - Taubira- Cazeneuve

 

Repérer et sanctionner ceux qui ne sont pas Charlie : cette injonction résume à elle seule l’esprit du nouvel ordre sécuritaire qui s’installe jour après jour et qui a bénéficié avec la fusillade de Charlie Hebdo d’un effet d’aubaine exceptionnel. Car loin d’être seulement le symptôme d’une folie collective, la traque aux récalcitrants, automatiquement identifiés à une cinquième colonne, est le point d’orgue d’une politique répressive dirigée contre tous ceux qui tentent d’échapper au gigantesque bourrage de crâne administré par nos élites. Elle n’est d’ailleurs pas sans rappeler la chasse aux quenelliers de l’année passée. Après la promulgation de deux lois antiterroristes, d’une loi de programmation militaire (le tout en moins de 3 ans !), de nouvelles mesures ont été annoncées par le trio infernal Valls-Cazeneuve-Taubira pour instaurer un régime d’exception en plaçant la totalité de la population française sous surveillance renforcée.

Une telle débauche de moyens ne peut que laisser perplexe eu égard à l’ampleur de la menace pour laquelle ils sont mobilisés. Les victimes du terrorisme en France se comptent presque sur les doigts d’une main et  leur nombre est en tout cas bien inférieur à celui des victimes de la délinquance classique (près d’un millier d’homicides par an, sans compter les tentatives). La menace djihadiste, comme nous l’avions déjà évoqué, est bien un prétexte pour renforcer toujours plus le système de domination politique. La question restant de savoir au bénéfice de qui et, surtout, pourquoi maintenant…

Si la loi Cazeneuve promulguée à l’automne dernier n’a eu aucune efficacité pour prévenir l’attentat contre Charlie Hebdo, elle a en revanche conduit à l’arrestation de nombreuses personnes accusées de déserter la « grande mobilisation générale » contre le terrorisme. En instaurant un délit d’apologie du terrorisme (passible de 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende), elle a fabriqué en masse des délinquants d’opinion exposés aux fourches caudines de la justice. Les établissements scolaires, dans lesquels est inculqué le catéchisme laïciste et « républicain », concentrent à eux seuls un grand nombre des victimes de cette chasse aux sorcières : des élèves de collège ou de lycée sont d’ores et déjà tombés par dizaines sous le coup de cette inculpation pour avoir refusé la minute de silence, tenu des propos non conformes, posté des messages provocateurs ou des dessins sur les réseaux sociaux. Un enfant de 8 ans (!) a même été entendu par les services de police pour avoir soutenu verbalement les terroristes. Des enseignants ont également été suspendus sur dénonciation de parents d’élèves.

Face à de telles outrances, on peut bien sûr plaider la folie collective. Mais comme bien souvent, cette hypothèse qui fait fi des causes réelles et des bénéfices engrangés par les manipulateurs n’explique pas grand chose. Le gigantesque bourrage de crâne administré par les élites politiques et les médias relève classiquement du formatage idéologique. « Tous unis contre le terrorisme » et gare aux déserteurs (forcément suspects de complaisance vis-à-vis de l’islamisme) : les mots d’ordre d’union nationale et de mobilisation générale contre un ennemi commun qui fonctionnement sur un schéma binaire (Charlie ou terroriste) justifient une politique qui tourne le dos à la démocratie et foule au pied les libertés. Concentration des pouvoirs aux mains de l’exécutif et laminage des contre-pouvoirs, notamment judiciaire, sur fond d’appels à l’unité nationale est une recette éprouvée pour resserrer les rangs dans les périodes de crise économique aggravée et de montée de la défiance à l’égard des responsables politiques. L’état d’exception est généralement mis en place pour résoudre par la force les contradictions du système quand celles-ci deviennent ingérables par les méthodes démocratiques. Il s’apparente ainsi au fascisme tel que le définissait George Dimitrov, compris comme la « dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ». Il ne s’agit ni  plus ni moins que de gouverner par la peur (des terroristes et/ou du pouvoir). Méthode toujours efficace si l’on en croit les sondages : la cote de popularité de l’exécutif remonte nettement et les Français se disent majoritairement prêts à sacrifier leurs libertés pour plus de sécurité.

Cette escalade sécuritaire qui rompt avec des décennies de tolérance relative du pouvoir vis-à-vis de la contestation sociale, est l’effet d’une dégradation de la situation économique caractéristique du stade impérialiste du capitalisme. L’éclatement de la bulle Internet et les attentats du 11 septembre, provoquant une baisse des indices boursiers de près de 70 % en 2 ans et demi, ont entraîné une brutale accélération de la crise. Le krach de 2001-2002 qui marque l’arrêt d’un cycle de croissance économique lié à l’essor des nouvelles technologies (1995-2000) est un véritable tournant dans l’histoire du capitalisme dont on n’a pas encore mesuré toute la portée.  Près de 15 années plus tard, les indices boursiers européens n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux d’avant-crise. Guerre sans fin contre le terrorisme, recul des libertés publiques, montée en force de l’islamophobie politique et marasme économique sont les ingrédients de la politique post-11 septembre menée dans l’ensemble des pays développés.

_graphe_eod.aspx

Loin d’être l’effet d’une mode passagère, l’autoritarisme politique sur fond de « choc des civilisations » est la forme de gouvernance du capitalisme parvenu à son stade terminal. La crise économique qui touche les pays développés semble bien être en effet la dernière. De l’aveu même des experts, il est peu probable que l’économie mondiale renoue un jour avec la croissance et la stagnation économique est sans doute le seul horizon qui s’offre aux populations des pays développés condamnées ainsi au chômage de masse et à la paupérisation à perpétuité. En France, le chômage atteint tous les ans des niveaux record. Privé de grain à moudre et de toute perspective d’embellie économique, le pouvoir ne peut maintenir le système de domination que par l’usage d’une propagande toujours plus intense visant à enfouir la question sociale sous la question identitaire afin de diviser pour mieux régner. A défaut de transformer le réel, il s’agit de changer les consciences : fabriquer en série et dès le plus jeune âge des « Charlie » formés idéologiquement à la soumission politique, résignés à accepter leur sort économique et mobilisables dans la guerre sans fin menée par l’Occident contre l’Islam.

Nicolas Bourgoin | 29 janvier 2015

Nicolas Bourgoin, né à Paris, est démographe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et enseignant-chercheur. Il est l’auteur de quatre ouvrages : La révolution sécuritaire (1976-2012) aux Éditions Champ Social (2013), La République contre les libertés. Le virage autoritaire de la gauche libérale (Paris, L’Harmattan, 2015), Le suicide en prison (Paris, L’Harmattan, 1994) et Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrôle social (Paris, L’Harmattan, 2008).

Lire sur le même thème:

https://bourgoinblog.wordpress.com/2015/01/30/moins-de-li...

Lire également l’entretien de N.Bourgoin au sujet de son dernier ouvrage « La République contre les libertés«

Source: https://bourgoinblog.wordpress.com/2015/01/29/union-natio...

Suivez-nous

S'inscrire à notre lettre d'information.

 

12:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

éducation

voici un texte beaucoup plus intéressant que le titre ne le laisse paraître :
 
 
 
> Analyses et témoignages > Ecole > La prise en otage des enseignants ou l’instrumentalisation de (...)
 

La prise en otage des enseignants ou l’instrumentalisation de l’école publique
Saïd Bouamama

30 janvier 2015

Article en PDF : Enregistrer au format PDF

Il est fréquent d’imputer à l’école publique la réparation des dégâts que les politiques économiques libérales produisent. Plus de trois décennies de paupérisation, de précarisation, de destruction des services publics, ont eu des effets catastrophiques sur la vie quotidienne des classes populaires (et plus récemment sur celui des couches moyennes). Et l’on voudrait dans ce contexte que l’école puisse être un « sanctuaire » protégé des bruits et nuisances d’un environnement social en crise multiforme.

 

Les orientations que le gouvernement vient d’adopter comme conclusion de son analyse sur les attentats meurtriers qui ont endeuillé notre pays ajoutent de nouvelles responsabilités et tâches aux enseignants. Ils ne sont plus seulement responsables de l’échec, du décrochage scolaire et du chômage par la préparation insuffisante au marché de l’emploi, mais également d’une citoyenneté et d’un civisme « insuffisant » des élèves, d’un apprentissage défaillant de la « laïcité », de la méconnaissance des « principes républicains » et de l’irrespect des symboles nationaux, notamment.

Minute de silence ou l’injonction à s’émouvoir sur commande

Le jeudi 8 janvier, tous les établissements scolaires étaient appelés à organiser une minute de silence. Le jeudi 15 janvier, j’animais une journée de réflexion avec un groupe de mères de familles de la ville de Blancs Mesnil. L’affluence était plus importante que d’habitude et la minute de silence fut bien sûr abordée. Ce sont d’abord les mères ayant des enfants en maternelle qui ont exprimé leur incompréhension, leur sidération et leur colère. L’organisation d’une minute de silence était facultative pour les maternelles et obligatoire pour les collèges et les lycées. Le contexte national, l’instrumentalisation politique de l’émotion, la surabondance d’images médiatiques, les discours sur la responsabilité de l’école, ont poussé de nombreuses sections maternelles à mettre en place ce moment de « recueillement ». « Mon petit est rentré en disant qu’il a dû rester longtemps sans parler », « Le mien m’a demandé si les fous allaient encore tirer sur des innocents », « Il m’a dit avec une mine triste que Charlie était mort », « A moi elle a dit que des messieurs tuent les enfants et que c’est pour ça qu’on est triste », etc. Heureusement, de nombreux enseignants de maternelle ont eu des réactions plus appropriées à l’âge de leurs élèves :

« Mais quand les enfants ont entre 2 ans et demi et 6 ans, que faire ? Que dire ? Quelle attitude adopter ? Sont-ils trop jeunes pour entendre ce qu’il s’est passé ? C’est ce que pensent six des huit directeurs et directrices d’école maternelle que Le HuffPost a contactés ce jour à Paris, Marseille, Reims et Lyon. Tous sont touchés par les événements de la veille et prennent très à cœur cette demande du Président de la République, même s’ils ne vont pas pouvoir y répondre. "Ils sont trop petits vous savez", confirme la directrice d’une école maternelle du 13e arrondissement de Paris. "La minute de silence, nous allons l’organiser mais entre adultes, nous nous réunirons dans la salle des maîtres dans la journée." Même avis à Reims, où l’enseignante de petite section que nous interrogeons assure, "en tant qu’adulte, on diffère cette minute de silence à ce soir pendant notre réunion pédagogique, mais avec les enfants, ce n’est pas possible, ils sont trop petits ». (1)

Il ne s’agit pas, bien entendu, de considérer nos petits enfants comme coupés de la société et des drames de la vie sociale. Les bruits du monde leur parviennent, surtout avec la place qu’a pris la télévision dans le quotidien de nombreuses familles. Ils sont percutés par les images aussi nombreuses qu’inutiles quand survient une catastrophe ou un attentat. Ils sentent et absorbent la peur, l’angoisse, l’indignation des adultes qui les entourent. Le besoin de l’enfant est dans ce contexte d’avoir des adultes disponibles pour répondre aux inquiétudes, au besoin éventuel de parler, aux interrogations parfois difficiles à formuler. Exactement l’inverse d’une minute de silence. Voici ce qu’en pense l’association nantaise de psychologues et psychomotriciens des « Pâtes au Beurre » :

« L’enfant n’est pas un adulte en miniature mais un adulte en devenir et ses capacités d’assimilation sont différentes des adultes". Pour exemple un enfant de classe maternelle n’est pas en mesure de rendre hommage par une minute de silence : le silence c’est l’immobilité, l’absence de liens verbaux et c’est très anxiogène pour un jeune enfant ; de même de nombreux enfants d’âge primaire témoignent à la TV « que des gens ont été tués parce qu’ils dessinaient ». Il est important de se rappeler que l’expression privilégiée des enfants c’est le dessin, un langage à part entière qui soutient leur pensée et accompagne l’expression de leur vie intime. Qu’ils puissent penser que dessiner tue n’est pas constructif . » (2)

A partir des classes de primaire la minute de silence est obligatoire et prend donc la signification d’une injonction à s’émouvoir sur commande. La réaction de nombreux élèves était prévisible. Il faut vraiment être coupé des milieux populaires pour être surpris des centaines d’insubordinations qui ont eu lieu. Ce que les médias et les hommes politiques ont rapidement qualifié de « dérapages » est en fait l’agglomérat de plusieurs éléments : des provocations liées à l’âge des élèves, des réactions à une injonction, le refus d’une soumission, des élèves qui « ne se sentent pas Charlie », d’autres qui estiment que l’indignation est à géométrie variable, notamment. La seule réponse pédagogique possible à ces points de vue divergents est le débat contradictoire, l’argumentation, la réponse aux méconnaissances qui se révèlent... En lieu et place de quoi, la ministre de l’éducation nationale déclare :

« Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendu les "Oui je soutiens Charlie, mais", les "deux poids, deux mesures", les "pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?" Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école, qui est chargée de transmettre des valeurs . » (3)

L’obligation de se taire, de ne pas se questionner, de ne pas dire ce que l’on pense, etc., comme méthode pour défendre la liberté d’expression, telle est l’orientation pédagogique de notre ministre. Cela ressemble beaucoup plus à une discipline militaire qu’à une démarche pédagogique. Une telle approche est une véritable prise en otage des enseignants surtout quand elle s’accompagne de mesures de répression contre les élèves qui ont exprimé une autre opinion que celle décrétée par la ministre. L’encouragement à la délation de la ministre suivi de poursuites en justice d’enfants et d’adolescents pour « apologie du terrorisme » renforce le décalage entre les enseignants et les élèves, déjà trop important du fait de nombreux facteurs.

La relation de confiance entre l’école et les classes populaires n’est pas une donnée acquise une fois pour toute. Elle a été ces dernières années fragilisée par l’inégalité sociale et les discriminations que reproduit notre système scolaire. Elle a été ébranlée par le culturalisme de nombreuses explications sur l’échec scolaire des enfants (du débat sur la soi-disant démission des parents (4) à celui sur les facteurs culturels de l’échec ) (5) qui sonne pour les parents comme une insulte et une mise en indignité. La loi sur le foulard de 2004 et les débats qui l’ont accompagnée ont creusé encore plus fortement le fossé. Le simple fait que de nombreux parents aient pu prêter l’oreille aux délires de la soralienne Farida Belghoul lors de la journée de retrait scolaire en janvier 2014 est un analyseur de la distance grandissante entre enseignants et une partie des classes populaires. Voici ce qu’en disait la sociologue Nacira Guénif Souilamas :

« Depuis des années, il existe de la part de certains parents migrants une méfiance envers l’école. Cette institution ne leur semble faite ni pour eux, ni pour leurs enfants. Beaucoup ont un parcours scolaire fait d’échecs : mauvaises notes, incompréhension de ce qu’on attend d’eux. Stéréotypes sur leurs enfants forcément différents, orientation précoce vers des filières sans avenir,... Les malentendus peuvent être multiples. C’est une défiance qui s’est jouée dans le temps : ces histoires scolaires à répétition qui s’échangent entre familles ont largement affaibli l’image de l’école dans les familles migrantes . » (6)

La répression actuelle des « dérapages » suscite d’ores et déjà un nouveau sentiment d’injustice, y compris auprès des élèves qui ont accepté la minute de silence ou qui « ont été Charlie » mais qui ne comprennent pas ce qui arrive à leurs petits camarades. Un enfant de 8 ans a ainsi été convoqué par les services de police pour « apologie du terrorisme » sur dénonciation et plainte du directeur d’une école de Nice . (7) La ministre de l’éducation ne trouve rien de mieux que de féliciter le directeur et l’équipe enseignante à l’origine de la délation : "Je le dis avec force, non seulement cette équipe a bien fait de se comporter ainsi, mais son travail de suivi, et pédagogique et social, est une œuvre utile et je l’en remercie ". (8) Si le record d’âge est ici battu, les cas se comptent par dizaines pour les adolescents. Le gouvernement a beaucoup parlé de guerre ces dernières semaines, il s’agissait en fait d’une guerre contre nos enfants, dans laquelle on veut transformer les enseignants en supplétifs.

En mettant les enseignants en porte à faux vis-à-vis de leurs élèves, en encourageant la délation, la ministre et le gouvernement qu’elle représente, brisent la relation de confiance nécessaire à la relation pédagogique. Comment être légitime demain dans la prétention à éduquer à l’esprit critique ? Comment susciter une parole avec une telle expérience de négation de la subjectivité des élèves ? Comment parler de citoyenneté et prétendre l’enseigner avec un tel déni ? Discipline militaire ou relation pédagogique : il faut choisir.

L’instrumentalisation des enseignants

De même qu’il y a eu instrumentalisation de l’émotion suscitée par les attentats, il y a aujourd’hui instrumentalisation des « dérapages » lors de la minute de silence, pour imposer un contrôle social et idéologique des élèves. Les mesures rendues publiques le 22 janvier 2015 dans le cadre de la « Grande mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République » sont significatives de ce contrôle souhaité. On y retrouve pêle-mêle : « renforcer la transmission des valeurs de la République » (mesure 1) ; « rétablir l’autorité des maîtres et les rites républicains » (mesure 2) ; « un nouvel enseignement moral et civique » servant de base à un « parcours citoyen » (mesure 3) ; etc. (9)

Au-delà de chacune des mesures, l’implicite de l’ensemble du document est idéaliste. Il ne s’agit pas de s’attaquer aux causes matérielles de l’échec scolaire et du désespoir d’une partie de notre jeunesse, mais d’inculquer les visions dominantes de la laïcité, de la citoyenneté, de la discipline, entre autres. Nous sommes en plein comportementalisme, cette approche pédagogique basée sur le couple « stimulus-réponse », impliquant une forme de conditionnement et de dressage, où la place de l’élève peut se résumer comme suit :

« L’apprenant, quant à lui, reste encore passif, mais en s’efforçant tout de même de déduire quels comportements sont attendus et souhaitables, ou pas, de sa part… En pareil cas, il s’agit surtout pour lui de démontrer « qu’il a bien compris les consignes » . » (10)

Il s’agit donc de « transmettre les valeurs de la république » comme si elles n’étaient pas polysémiques. Transmettre la valeur « liberté » ? : celle de la classe dominante ne reconnaissant pas de limites à la liberté d’entreprendre et d’exploiter comme nous le rappelle une nouvelle fois la loi Macron ou celle des classes populaires luttant pour que la liberté se traduise en droits concrets pour tous ?

Transmettre la valeur « égalité » : celle de la classe dominante la limitant à l’égalité devant le vote ou celle des classes populaires étendant l’égalité à toutes les sphères de la vie sociale ? L’égalité des chances des dominants ou l’égalité des conditions des classes populaires ?

Transmettre la valeur « fraternité » : celle de la classe dominante appelant à la fraternité entre l’exploiteur et l’exploité ou celle des classes populaires appelant à une fraternité s’incarnant dans l’organisation sociale (retraite par répartition, assurance maladie universelle, etc.) ?

Quant à la laïcité, on peut s’attendre au pire lorsque l’on a en tête la sur-idéologisation dont elle a été l’objet depuis au moins la loi d’interdiction du foulard à l’école en 2004. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause la nécessité de débattre des valeurs politiques au sein de notre école, mais bien de distinguer le débat de l’inculcation, l’approche contradictoire du dressage, l’incitation à la réflexion de l’endoctrinement.

Les enseignants n’ont décidemment rien à gagner aux nouveaux rôles que l’on veut leur faire jouer. L’absence de réactions des grandes organisations syndicales à cette mobilisation ministérielle est plus qu’inquiétante. Il est urgent qu’elles se démarquent de l’image de l’enseignant garde-chiourme que le gouvernement veut imposer.

L’explicite répressif

La grande mobilisation ministérielle ne se contente pas de poser des objectifs. Elle impose également des éléments de méthode : « compréhension et célébration des rites républicains et des symboles de la république (hymne national, drapeau, devise) » (mesure 2), « règles de civilité et de politesse, mais aussi la Charte de la Laïcité seront expliquées aux élèves et à leurs parents » (mesure 2), etc. Nous ne sommes pas loin d’une nouvelle mission civilisatrice des élèves et de leurs parents confiée aux enseignants. Vis-à-vis des récalcitrants, il est prévu de généraliser le fichage et la répression, expérimentés à propos de la minute de silence :

« Tout comportement mettant en cause les valeurs de la République ou l’autorité du maître fera l’objet d’un signalement systématique au directeur d’école ou au chef d’établissement, d’un dialogue éducatif associant les parents d’élèves et, le cas échéant, d’une sanction. Aucun incident ne sera laissé sans suite . » (11)

Le résultat poursuivi par une telle conception de l’enseignement et de l’enseignant, utilisant comme méthode la moralisation, la délation et la répression, est la production d’un citoyen obéissant, soumis, acceptant son sort et se mettant au service de son Etat. Le programme de Najat Vallaud-Belkacem n’est pas sans rappeler celui d’un des pères de l’école publique François Guizot qui décrivait les instituteurs comme suit en 1883 : « La foi dans la Providence, la sainteté du devoir, la soumission à l’autorité paternelle, le respect dû aux lois, au prince, aux droits de tous, tels sont les sentiments que l’instituteur s’attachera à développer ». Bien sûr pour mener à bien une telle mission, l’instituteur doit lui-même être obéissant : « Les devoirs de l’instituteur envers l’autorité sont plus clairs encore et non moins importants. Il est lui-même une autorité dans la commune ; comment donc donnerait-il l’exemple de l’insubordination ? Comment ne respecterait-il pas les magistrats municipaux, l’autorité religieuse, les pouvoirs légaux qui maintiennent la sécurité publique ? ». (12) Simplifions : un bon élève comme un bon enseignant obéit et respecte la hiérarchie sociale.

La troisième république, une fois sortie de la frayeur que lui a causée la commune de Paris, ne fera que « laïciser » l’exigence de soumission en la complétant par un nationalisme belliqueux contre « l’ennemi allemand » et un colonialisme « civilisateur ». Il est vrai qu’aujourd’hui encore les guerres dans lesquelles est engagée la France appellent une société d’ordre, une restriction des libertés et une discipline de caserne. Il n’est pas étonnant dans ce cadre que le programme du gouvernement rappelle la troisième république : chauvine, colonialiste et moraliste.

Notes :

1. Sandra Lorenzo, Minute de silence : dans les maternelles, la consigne embarrasse de nombreux directeurs d’école, HuffPost, 8 janvier 2015.

2. Charlie Hebdo. Après le choc, trois soirées pour en parler avec des psys,http://lespatesaubeurre.blogspot.fr/, consulté le 28 Janvier 2015 à 21 h 58.

3.Najat Vallaud-Belkacem, questions au gouvernement du 14 Janvier 2015,http://www.dailymotion.com/video/x2..., consulté le 28 Janvier à 22 h 56.

4. Benoît Falaize, Elsa Bouteville, L’essentiel du prof d’école, L’Etudiant et éditions Didier, Paris, 2011.

5. Hugues Lagrange, Le déni des cultures, Paris, Éditions du Seuil, 2010.

6. Nacira Guénif Souilamas, Le monde du 30 janvier 2014. 7. Libération du 28 Janvier 2015.

8. Libération du 29 janvier 2015.

9. Grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République,http://cache.media.education.gouv.f..., consulté le 29 janvier 2015 à 19 h 34.

10. Bernard Lamailloux, Construire et animer une session de formation, Dunod, Paris, 2014.

11. Grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République (mesure 2).

12. François Guizot, Lettre aux instituteurs primaires, 28 juin 1883,http://www.lalettredesparents.com/s..., consulté le 29 janvier à 23 h 22.

Source : Investig’Action

 

Haut de la page - Accueil

Investig'Action - Michelcollon.info l'info décodée info decodeeinfo decodee
Investig'Action - Journal de l'Afrique
info decodee

Quelques réflexions sur la guerre en cours

Ibn Taoufik

Il faut absolument tordre le coup à toutes ces séries d’assertions indignées qui veulent que (...)

Pour le droit à l’insolence

Eric Fassin

À l’heure où la France célèbre le droit au blasphème, il est pour le moins paradoxal de devoir (...)

Francophonie : la trahison de Dakar

Jean Claude de L’Estrac

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a une nouvelle Secrétaire générale depuis (...)

Journal de l’Afrique N°006

Carlos Siélenou et Michel Collon

Durant toute l’année 2014, le Journal de l’Afrique vous a permis de percer le voile dissimulateur (...)

Les premiers fruits amers de l’unité nationale : Guerres, peurs, humiliations, mises sous surveillance

Saïd Bouamama

La grande manifestation « Je suis Charlie » a été célébrée par l’ensemble de nos médias, par le (...)

Une autre civilisation s’impose

Saïd Bouamama

« Mission civilisatrice », disaient-ils, et nous avons eu les enfumages en Algérie, le massacre à (...)

Charlie Hebdo : chercher à comprendre pour éviter les pièges

Grégoire Lalieu

Quel rapport entre la découverte du pétrole, le rire de Nasser, la guerre d’Algérie, la révolte (...)

L’attentat contre Charlie Hebdo : l’occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux

Saïd Bouamama

L’attentat contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo marquera notre histoire contemporaine. (...)

Avec Jihad made in USA, Investig’Action se lance dans les e-books !

Investig’Action

Outre l’édition papier de notre nouveau livre Jihad made in USA, nous sommes très heureux de vous (...)

Deux conceptions de l’antiracisme : le paternalisme ou la révolte ?

Saïd Bouamama

La performance de l’artiste sud-africain Brett Bailley intitulée Exhibit B est l’objet depuis (...)

 

11:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

04/02/2015

Vous avez dit "djihadistes" ???

| 13 octobre 2014
Article en PDF : Enregistrer au format PDF

Un nouveau terme est entré dans le vocabulaire du français moyen ces derniers mois, celui de « djihadiste ». Quotidiennement, les grands médias abordent le sujet et diffusent des grilles explicatives qui forgent les opinions publiques, orientent les réactions, suscitent des prises de positions. Des « experts » et des « spécialistes » aux noms savants sont appelés à la rescousse pour offrir une caution scientifique aux affirmations médiatiques.

Au-delà de l’apparente diversité des points de vue se cache une unicité d’analyse. En dépit du vernis d’objectivité des articles et des reportages, quatre récurrences idéologiques sont repérables : l’essentialisation de l’islam, l’injonction à la justification adressée à tous les musulmans, la négation des causes internes aux pays occidentaux et la justification de la guerre. Ces quatre discours médiatiques diffusés sur fond de sensationnalisme ne sont pas anodins. Ils ont une fonction sociale et politique. Ils contribuent à produire une réalité sociale et politique lourde de conséquences.

SENSATIONALISME

Le ton dominant des discours médiatiques est au sensationnalisme. Nous serions devant un phénomène sensationnel, non seulement inédit mais également imprévisible. Des chiffres sont assénés et les progressions fulgurantes des départs vers la Syrie sont mises en exergue : « Jamais le nombre officiel de participants français au djihad n’a été aussi élevé. En juillet, le ministre de l’Intérieur évaluait à 800 le nombre de personnes engagées dans des opérations islamistes au Moyen-Orient. Un chiffre qui avait déjà augmenté de 56% en quelques mois : ils étaient 500 en avril. Un an plus tôt, en mars 2013, ils étaient seulement 50 Français à avoir choisi le djihad. Une augmentation constante du nombre de combattants volontaires qui souligne les difficultés à endiguer le flux des départs vers l’Irak ou la Syrie (1). » Des titres angoissants font la couverture de nos hebdomadaires et de nos quotidiens ou la présentation de documentaires d’actualité : « Djihadisme-La France mal protégée(2) » pour l’Express, « l’Etat de la menace terroriste en France » pour I-télé (3), « Les Djihadistes s’entraînent dans les Ardennes Belges » pour L’Union l’Ardennais (4), etc.

La fabrique de la peur fonctionne à plein régime avec ses deux conséquences logiques : le renoncement à l’explication rationnelle au profit de réactions émotionnelles d’une part et la production d’une demande de sécurité au prix même d’une atteinte aux libertés fondamentales d’autre part. Au-delà des cibles actuelles, c’est la logique sécuritaire qui s’installe encore plus profondément dans notre société. Le mécanisme a été décrit de la manière suivante par Serge Quadrupanni : « L’antiterrorisme est la pointe avancée, l’avant-garde conceptuelle et pratique d’une politique de la peur qui tend à infiltrer tous les recoins de la société. Cette politique de production simultanée de peurs et de contrôles censés les juguler est condamnée à s’inventer sans cesse de nouveaux ennemis : après le terroriste, le jeune des quartiers populaires et le jeune tout court, l’enfant, l’internaute, le fou, l’immigré, l’étranger, le musulman, le rom (5)… ».

Prévenons la critique d’être dans une « théorie du complot (6) » qui apparaît désormais à chaque remise en cause des mécanismes de domination. Il n’y a nul besoin de croire en une quelconque « théorie du complot » pour constater l’existence de stratégies de la part des classes dominantes pour orienter l’opinion, pour masquer des réalités, pour imposer des choix en les présentant comme souhaitables et nécessaires.

Essentialisation

Le premier leitmotiv des discours médiatiques dominants que permet l’imposition du sensationnalisme est une construction essentialiste de l’Islam. L’essentialisation est l’opération de pensée consistant à homogénéiser une réalité plurielle, à la dé-historiciser et à la présenter ainsi reconstruite comme l’explication invariante à l’ensemble des événements et/ou des comportements des personnes censées avoir un lien avec cette réalité. Depuis de nombreuses années, cette construction essentialiste de l’Islam est diffusée par de multiples canaux avec comme conséquence un développement de l’islamophobie : l’Islam ainsi reconstruit est censé ne pas connaître de séparation entre le religieux et le politique avec en conséquence logique une allergie des musulmans à l’égard de la démocratie. Il serait basé sur une inégalité entre les sexes avec, comme résultat logique, un sexisme exacerbé des hommes musulmans et une soumission tout aussi prégnante des femmes musulmanes, il serait contradictoire avec la rationalité et produirait de ce fait une tendance plus forte à la fanatisation, etc.

Une des conséquences du processus d’essentialisation est l’utilisation comme synonymes des termes « Islam » et « musulman ». Tous les comportements des musulmans peuvent de cette manière s’expliquer par cet Islam essentialisé. Le boxeur Mohammed Ali a répondu de manière lapidaire à ce type de raisonnement dans un échange célèbre avec un journaliste à propos des attentats du 11 septembre : « Comment vous sentez-vous à l’idée que vous partagez avec les suspects arrêtés par le FBI la même foi ?- Et vous, rétorqua-t-il, comment vous sentez-vous à l’idée qu’Hitler partageait la vôtre ? (7) »

Injonction

La division binaire porte une logique de suspicion. Dans le même temps où il est célébré, le « musulman modéré » est sommé de s’expliquer, de prendre la parole, de condamner les « radicaux ». Il est en quelque sorte responsable de tous les actes et propos qui sont tenus au nom de l’Islam par tous ceux qui sur la planète se revendiquent de cette religion. Ses silences sont diagnostiqués au mieux comme irresponsabilité et au pire comme complicité. Le Figaro peut ainsi initier un sondage en ligne le 25 septembre dernier autour de la question éloquente suivante : « Les musulmans de France manifestent-ils suffisamment leur opposition à la menace terroriste ? ». La Libre Belgique peut titrer un de ses articles le 28 septembre : « Les musulmans doivent-ils se dissocier des djihadistes ? ». La campagne « NotInMyName » (Pas en notre nom) fait non seulement la Une de tous les médias pendant plusieurs jours mais est reprise par le président Obama lui-même déclarant à l’assemblée générale des Nations Unies le 24 septembre : « Il temps pour le monde – et particulièrement pour les communautés musulmanes – de rejeter explicitement, énergiquement et systématiquement l’idéologie d’al Qaida et de l’Etat Islamique »

Alors que l’accusation de « communautarisme » est devenue fréquente lorsque sont abordées des questions liées à l’Islam, il est ici demandé aux musulmans de s’exprimer comme collectivité. En acceptant de se prêter au jeu de la condamnation comme en refusant l’injonction de justification, le résultat est le même : la reproduction du stéréotype présentant les « musulmans » comme totalité homogène non parcourue de contradictions. L’injonction de justification fonctionne selon la même logique que celle des « peines collectives » de l’époque coloniale. Jadis, des groupes entiers pouvaient être condamnés pour des faits qu’ils n’avaient pas commis, désormais des groupes entiers doivent se justifier pour des actes dont ils ne sont pas responsables. Car bien sûr « gare au silence » : il est immédiatement perçu comme synonyme de complicité.

La logique n’est pas nouvelle et a été déployée de nombreuses fois dans le passé à propos de l’immigration et de ses enfants français. Pour ne prendre qu’un exemple, rappelons les révoltes des quartiers populaires de novembre 2005. Une seule question était alors posée aux personnes issues de l’immigration invitées sur les plateaux : celle de la condamnation des révoltes. Mais nous pourrions citer également l’injonction (lorsque l’on est issu de l’immigration) de prouver que l’on est intégré, que l’on n’est pas homophobe, pas sexiste, pas antisémite, etc.

La division binaire fréquente entre des musulmans « modérés » et des « musulmans radicaux » ne change rien de fondamental à l’essentialisation. Le musulman modéré serait celui qui pratique l’Islam avec modération et le musulman radical celui qui pratique l’Islam sans modération. En définitive, cette division binaire essentialiste attribue au dit « radical » un brevet d’islamité car si l’Islam a besoin d’être modéré c’est qu’il porte donc en lui, dans son essence des tendances dangereuses. Comme le souligne Maurice Tarik Maschino : « le musulman modéré est une abstraction, un pseudo-concept ou un concept de guerre, dont la fonction est d’exciter dans l’imaginaire des lecteurs les stéréotypes habituels qui stigmatisent les musulmans (8). »

Négation

L’essentialisation et l’injonction de justification ont une fonction sociale et politique : celle de masquer les causes qui peuvent conduire des jeunes Français à se porter candidats pour partir en Syrie. Dans tous les processus sociaux, l’interrogation de la seule « offre » (ici l’offre de « djihadisme ») conduit à une réduction de la réalité. Le silence sur la « demande » est une négation des véritables causes du processus étudié. L’enjeu est de taille car la prise en compte de la demande conduit à s’intéresser aux conditions matérielles d’existence de la partie de notre population issue de l’immigration postcoloniale.

Or ces conditions révèlent une discrimination massive et systémique rendant pour de nombreux jeunes l’avenir impensable. Elles soulignent une précarité rendant la quotidienneté invivable. Elles mettent en exergue un rapport à la police rythmé de contrôles au faciès à forte régularité et producteur d’un sentiment diffus d’insécurité. Elles dévoilent une mise en suspicion permanente dans les médias avec pour ces dernières décennies une islamophobie en croissance exponentielle. Ce sont tous ces facteurs qui peuvent se concentrer dans des trajectoires individuelles pour faire émerger une « demande », exactement comme des facteurs similaires peuvent conduire d’autres jeunes aux comportements suicidaires, à une demande de secte, à de la violence contre soi et contre les siens.

L’explication médiatique en termes « d’auto-radicalisation » devenue courante ne rompt pas avec cette négation des causes de la demande. Les offreurs seraient devenus des experts de l’endoctrinement informatique et cela suffirait à expliquer le processus. Ici aussi l’interrogation sur les facteurs qui rendent certains plus perméables à cette offre est évacuée. Le vernis psychologisant de nombreux reportages visent à couvrir d’un discours à prétention savante l’opération de négation des causes réelles.

La justification

L’essentialisation, l’injonction et la négation conduisent enfin à éluder tous les débats sur les réels buts de guerres. Les enjeux pétro-gaziers et géostratégiques disparaissent entièrement du débat pour ne laisser place qu’à l’urgence d’un consensus « anti-barbare ». Il faut le dire, l’opération est pour l’instant une réussite : les interventions en Syrie, en Côte d’Ivoire et en Centre-Afrique ne suscitent pour l’instant pas de grandes réactions. En mettant l’ensemble des acteurs sociaux susceptibles de s’opposer à la guerre dans un climat de crainte et dans des explications essentialistes, c’est le mouvement anti-impérialiste et anti-guerre qui est détruit. Ce climat et ces explications permettent de ne pas interroger les tactiques et stratégies concrètes : soutien à des groupes que l’on prétend combattre ensuite, présentation de monarchies obscurantistes (Arabie Saoudite, Qatar, etc.) comme des alliés, etc.

La construction médiatique des djihadistes s’inscrit ainsi dans une stratégie guerrière. Peu importe que cela se réalise de manière consciente ou non par les acteurs des médias : le résultat est le même.

Notes :

1) Le Figaro.fr du 14 septembre 2014.

2) L’Express N° 3300 du 1-10-2014.

3) I-télé du 15 septembre 2014.

4) L’Union l’Ardennais du 3-10-2014.

5) Serge Quadrupanni, La politique de la peur, Seuil, Paris, 2011, p. 24.

6) Pour une critique approfondie de l’invention de la théorie du complot et son instrumentalisation (En particulier par Taguief et Boudon) contre toute critique du système de domination capitaliste, voir : L’invention de la théorie du complot ou les aveux de la sociologie libérale, in Terreur et Possession, enquête sur la police des populations à l’ère technologique, éditions de l’échappée, Paris, 2008.

7) Propos rapportés par Sylvain Cypel in Le Monde, le 6 octobre 2001

8) Maurice Tarik Maschino, Qu’est-ce qu’un musulman modéré ?, El Watan du 28 mars 2012.

Source : Investig’Action

11:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

03/02/2015

Élections générales en mars en Israël : Liste commune composée d e Juifs et Arabes, communistes, nationalistes et religieux musul mans

lpv
 
 
 
   03/02/2015 18:47:02
Un nouvel article sur le blog www.lien-pads.fr

Élections générales en mars en Israël : Liste commune composée de Juifs et Arabes, communistes, nationalistes et religieux musulmans

Le site solidnet a publié la lettre suivant du Parti communiste d'Israël : Chers camarades et amis, Le 17 mars des élections générales se dérouleront en Israël. Ces élections ne sont pas moins…

Pour lire la suite cliquez ici

Mardi 3 février 2015

Le site solidnet a publié la lettre suivant du Parti communiste d'Israël :

Chers camarades et amis,

 

Le 17 mars des élections générales se dérouleront en Israël. Ces élections ne sont pas moins historiques: elles auront un grand impact pour déterminer par qui Israël sera dirigé - pour mettre un terme à l'occupation et atteindre une juste paix, ou pour plus d'oppression des Palestiniens et une guerre continue; pour la justice sociale ou pour plus d'exploitation brutale capitaliste et la polarisation, pour une démocratie réelle ou pour le fascisme et le racisme.

 

Juste avant sa dissolution, le gouvernement néo-fasciste de Netanyahu a fixé le seuil éliminatoire de 2% à 3,25% (qui est pratiquement de 4%) et nous a ainsi obligé, le Front démocratique pour la paix et l'égalité dont le centre est le Parti communiste d'Israël (PCI) de joindre nos forces avec les Partis arabes pour former une liste commune pour les élections. Après de longues et profondes discussions au sein de nos partis, une large majorité a décidé qu'une telle liste commune est la seule manière d'assurer notre représentation à la prochaine Kenesseth élue et de poursuivre notre programme de paix, de justice sociale et démocratie pour tous.

 

Tous les partis impliqués (y compris les nationalistes arabes et les factions religieuses musulmanes) sont d'accord que la nouvelle liste sera une liste composée de Juifs et Arabes y compris des femmes dans la liste électorale qui sera présentée. Il a été aussi accepté que la liste sera conduite par Hadash et comprendra 4 membres de Hadash parmi les dix premiers candidats de la liste. La liste, dés lors, sera conduite par le secrétaire général du HADASH Aiman Odeh, et comprend deux membres du Bureau politique du PCI : les camarades Aida Tuma Suleiman (cinquième de la liste) et Dov Khenim (8 ème de la liste), le 10 ème est aussi membre du HADASH - Dr Yousef Jabareen.

 

Pour la lutte contre le fascisme et le racisme, pour la démocratie et l'égalité - soutenez la liste commune.

 

(traduit de l'anglais par la rédaction du Lien)

 

Hadash (hébreu : חד"ש, cf. hébreu : חדש « nouveau », acronyme de hébreu : חזית דמוקרטית לשלום ולשוויון Hazit Demokratit LeSHalom ouLeShivion, rendu en arabe par arabe : الجبهة الديمقراطية للسلام والمساواة, al-Jabhah ad-Dimuqrāṭiyyah lis-Salām wa'l-Musāwah « Front démocratique pour la Paix et l’Égalité » ) est une alliance parlementaire d'extrême gauche socialiste (communiste[1],[2]) israélienne juive et arabe. Le Hadash réunit diverses organisations, dont la plus important est le Maki (parti communiste israélien) et possède, en 2013, quatre représentants à la Knesset.


20:50 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

FRANCE "démocratique": De l'hystérie collective des adultes au mot d'un enfant de 8 ans traité comme un. terroriste | Mondialis ation

"Démocratie" et encouragement au mouchardage, ...
 
Sent: Sunday, February 1, 2015 12:16 PM
 
Subject: TR: De l'hystérie collective des adultes au mot d'un enfant de 8 ans traité comme un. terroriste | Mondialisation
 

 

http://www.mondialisation.ca/de-lhysterie-collective-des-adultes-au-mot-dun-enfant-de-8-ans-traite-comme-un-terroriste/5428517

 

 

De l’hystérie collective des adultes au mot d’un enfant de 8 ans traité comme un… terroriste

 
8-ans enfant

Après l’hystérie collective qui a suivi les attentats du début janvier, à Paris, contre les caricaturistes de Charlie Hebdo et contre une supérette casher, le gouvernement français a appelé à la délation. Et donc les enseignant(e)s deviennent ce qui leur a été demandé d’être : des mouchard(e)s. Les voici qui tombent sur les propos d’un enfant de… 8 ans !

Me Sefen Guez Guez, l’avocat du petit Ahmed, relate ainsi les événements qui ont eu lieu à Nice :

« Tout a commencé le 8 janvier, au lendemain de la tuerie à Charlie Hebdo. Ahmed, 8 ans, était en classe avec ses camarades de CE2, quand on lui a demandé s’il était “Charlie”. Lui a répondu : “Je suis du côté des terroristes, car je suis contre les caricaturistes du prophète.” » [Cité par Alexandra Gonzalez, Apologie du terrorisme : un enfant de 8 ans entendu par la police à Nice, publié le 28 janvier 2015. http://www.bfmtv.com/societe/apologie-du-terrorisme-un-enfant-de-huit-ans- auditionne-par-la-police-860137.html]

Plusieurs questions se posent ici : est-ce le rôle des enseignant(e)s de demander, dans le cadre d’une école, qui plus est d’une école primaire, à un enfant de 8 ans, s’il est “Charlie” ? Comment peuvent-ils(elles) demander à un musulman s’il est “Charlie” ? Autrement dit, s’il est du côté des caricaturistes qui ont sali, de façon obscène et ordurière, le Prophète Mahomet ? En vertu de quel droit, des enseignant(e)s, peuvent-ils(elles) inciter un enfant de 8 ans à parler contre sa religion, celle de ses parents, celle de ses ancêtres ?

Il y a quelques décennies, en France, des professeurs, maîtres de conférences se sont fait virer de l’université pour s’être posé des questions sur les 6 millions de juif(ve)s mort(e)s dans les camps de concentration durant la seconde guerre mondiale. Plus récemment, les arrestations, gardes à vue pleuvent sur l’humoriste Dieudonné qui ne prétend pourtant pas faire de l’information, et qui se présente sur une scène, destinée à séparer l’Imaginaire du Réel, où il laisse libre cours à son imagination… pour faire rire (comme les caricaturistes de Charlie Hebdo !). Liberté d’expression lorsqu’il s’agit d’attaquer les musulman(e)s, mais police et tribunal lorsqu’il s’agit d’égratigner les juif(ve)s. Ne faudrait-il pas réviser le fléau de la balance ?

Laissons parler l’avocat d’Ahmed :

« L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais le 21 janvier, le directeur de l’école décide de déposer plainte, pour deux infractions : “apologie du terrorisme” contre Ahmed, et “intrusion” contre son père. Effectivement, l’enfant étant très perturbé et isolé depuis les faits, son père l’a accompagné jusque dans la cour de récréation à trois reprises après le 8 janvier, avant de se voir interdit d’accès. Trois reprises qui lui ont valu cette plainte pour intrusion. » [Idem.]

L’enfant, « perturbé et isolé », n’aurait-il pas reçu des menaces de ses petits camarades chauffés à blanc par l’hystérie politico-médiatico-éducative ? L’attitude d’un père, n’est-elle pas de protéger son enfant ? Voici cet enfant de 8 ans pris dans le tourniquet des mots d’adultes : “apologie du terrorisme”…

Que cet enfant, selon ce que rapporte la directrice-adjointe de la sécurité publique des Alpes- Maritimes, ait refusé la minute de silence, n’est-ce pas compréhensible ? Pour cet enfant, ces hommes qui sont morts ont insulté le Prophète. Il ne faut pas oublier que les caricatures de cet hebdomadaire ordurier représentaient le Prophète dans les positions les plus scabreuses : bonjour l’éducation ! D’ailleurs, comment des autorités politiques, enseignantes, relayées par des médias mainstream, qui prétendent défendre la « liberté d’expression » [sic]… laquelle ?, peuvent-elles forcer les consciences des enfants – dans le cadre de l’école – en les contraignant à une minute de silence ?

Je me souviens encore de cette minute – obligatoire – de silence, le 6 juin 1968, dans mon collège quelques heures après la mort de Robert F. Kennedy : j’avais fait acte de présence hypocrite parce que j’estimais que l’établissement scolaire n’était pas le lieu où l’adolescente de 14 ans que j’étais devait en quelque sorte acquiescer, par une prière que je m’étais bien gardée de réciter, à la politique des Kennedy dont je n’entravais que couic ! Le meurtrier présumé de ce

Kennedy, un Transjordanien, Sirhan Sirhan, qui était né à Jérusalem en mars 1944 et dont la famille avait émigré aux États-Unis comme réfugiée en 1956, était encore emprisonné en 2013.

Me Guez Guez, lui, a davantage les pieds sur terre que les hommes et femmes politiques de notre pays et que les enseignant(e)s de cette école de Nice qui, tous comptes faits, s’en prennent à la parole d’un enfant : « Mercredi, à la question du policier qui voulait savoir s’il connaissait la signification du mot “terrorisme”, Ahmed a eu, selon son avocat, une réponse qui en dit long : “Non, je ne sais pas”. » [Idem]

Qui pourrait donner une définition du mot « terrorisme », par les temps qui courent ? Les bombes qui, depuis des décennies, tombent, la nuit, le jour, sur l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Mali, etc., ne sont-elles pas des instruments de terreur ? Ce n’est pas une vingtaine de personnes ciblées qu’elles ont tuées, ce sont des dizaines, des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qu’elles ont massacré(e)s et qu’elles continuent à massacrer. Au regard de ce mot d’enfant, combien d’enfants morts dans ces pays cités ? Rien qu’en Irak… 500.000 enfants sont morts, faute de nourriture et de soins, durant l’embargo « Pétrole contre nourriture » (1996- 2003)… Et, du fait de ces caricatures… combien de morts dans les pays arabo-musulmans ? Quel adulte des pays occidentaux pourrait prétendre faire la morale à cet enfant de 8 ans, après cela ?

Quant au « comportement véhément » du père « depuis plusieurs mois », n’y a-t-il pas de quoi être en colère ? Après les attaques répétées, en France, contre les musulmans, via le foulard islamique, via les caricatures du Prophète (2006, 2012, 2015), ce père devrait-il être insensible aux guerres menées contre les peuples arabes dans leurs propres pays ? Exigerait-on d’un père juif d’être insensible aux camps de concentration?… Cela fait des décennies que les Arabo- musulman(e)s ne sont pas très bien traité(e)s dans notre pays des droits de l’homme, et cela fait des années que les médias mainstream bassinent les citoyen(ne)s avec des réparties injurieuses contre la religion musulmane. Est-il simplement… correct d’attaquer ce qui est du domaine du sacré chez l’autre ? Le pire, c’est que tout ce beau monde d’adultes ne se rend même pas compte du mal qu’il peut faire à des croyant(e)s et du mal qu’il peut faire à des enfants.

Non, ce n’est pas un simple fait divers… L’affaire est grave. Beaucoup plus grave que ne le croient tous ces parangons de vertu qui attaquent la liberté d’expression d’un enfant de 8 ans, au nom de la liberté d’expression de qui, au juste ?

La rupture avec les valeurs républicaines ? Il faudrait déjà que les hommes et les femmes politiques ne fussent pas en rupture avec les valeurs humaines…

Me Sefen Guez Guez, très en colère : « On est face à une hystérie collective. Mon client a 8 ans ! Il ne réalise pas la portée de ses propos. C’est insensé. » [Idem.]

Maintenant, les enfants de 8 ans, s’ils sont musulmans, peuvent être considérés comme des vecteurs du terrorisme et interrogés par la police française.

En réalité, pour les peuples, la liberté d’expression est une conquête :

http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-j-cuny/290115/wikipedia-ostracise-francoise-petitdemange-et-michel-j-cuny

Françoise Petitdemange

Ecrit le 30 janvier 2015

20:30 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |