23/01/2015

Vous êtes assis? Combien Nicolas Sarkozy a-t-il coûté à la Répub lique depuis mai

Vous êtes assis? Combien Nicolas Sarkozy a-t-il coûté à la République depuis mai 2012
 
République bananière ou monarchie camouflée?
 
************************
 
Après la passation de pouvoir le 15 mai 2012 avec François Hollande, 
Nicolas Sarkozy quitte l'Elysée à bord d'une Citroën flambant neuve achetée 44 
141 € par la République quatre jours plus tôt. ARCHIVE LP/OLIVIER CORSAN
Tout  ancien président de la République dispose, depuis 1985, d'avantages
«pour  services rendus» lorsqu'il quitte l'Elysée. Si l'on sait, selon les
calculs du  député socialiste René Dosières, qu'un «ex» coûte 1,5 à 2 millions
d'euros par  an à l'Etat, on ignorait jusque là le détail des frais engagés
par la République  pour ses anciens chefs.
Alors que plusieurs députés socialistes réclament que  Nicolas Sarkozy
renonce à ces avantages, maintenant qu'il est redevenu le chef  de l'UMP,
Médiapart en publie le détail chiffré.
 
Un ancien élu écologiste  grenoblois, Raymond Avrillier, «tombeur» d'Alain
Carignon en 1994 et à l'origine  de l'affaire des sondages de l'Elysée sous
la présidence de Nicolas Sarkozy, a  obtenu de Matignon, au bout de quatre
mois d'effort, le détail des dépenses de  Nicolas Sarkozy depuis la fin de
son mandat en mai 2012. Le site Médiapart  publie le détail de ces comptes, de
mai 2012 à décembre 2014.
 
Comme ses  prédécesseurs de la Ve République, Nicolas Sarkozy bénéficie de
gardes du corps,  d'une voiture et de locaux depuis la fin de son mandat
présidentiel.
 
Ses  bureaux privés, payés par l'Etat, sont installés rue de Miromesnil. Ce
magnifique appartement de 320 m² répartis en onze pièces, dont une classée
à  l'inventaire des Monuments historiques, est loué 16 431 € par mois, soit
près de  200 000 € par an. Il a fallu le meubler, et pour cela la
République a dépensé 56  724 € de meubles, bureaux, fournitures diverses, ainsi que 8
513€ pour le  déménagement des cartons du Faubourg Saint-Honoré. En 2014,
les frais  d'entretien, de nettoyage, la facture d'électricité, celle des
téléphones fixes  et mobiles, le papier et les timbres, ont coûté 215 392 €
selon les documents  obtenus par Avrillier. A cela s'ajoutent un peu moins de
10 000 € par an  d'essence et d'entretien de la voiture présidentielle, une
Citroën C6V6 HDI  Exclusive achetée 44 141 € le 11 mai 2012 dans une
concession de  Levallois-Perret.
 
Le seul ex-président qui n'est pas à la  retraite
 
La dépense la plus importante est celle des salaires des  collaborateurs de
l'ancien président. Dix personnes travaillent à plein temps au  77 rue de
Miromesnil (Paris VIIIe). Parmi les cinq fonctionnaires, on dénombre  deux
chauffeurs, l'un détaché du ministère de l'Intérieur, l'autre du conseil 
général des Hauts-de-Seine, un intendant, et deux officiers de sécurité. La 
liste n'inclut pas les effectifs attachés à la protection du domicile du 
président et de sa femme dans une impasse privée du XVIe arrondissement. Parmi 
les cinq collaborateurs contractuels, qui touchent de 5 247 à 7 020 € par
mois  de salaire, figurent Consuelo Remmert, la demi-sœur de Carla
Bruni-Sarkozy,  ancienne conseillère à l'Elysée chargée aujourd'hui de gérer la
diplomatie de  Nicolas Sarkozy ainsi que ses conférences internationales, première
source de  revenus de l'ancien chef d'Etat. Véronique Waché, fidèle attachée
de presse,  affirme à Médiapart qu'elle a depuis la fin novembre été
embauchée «à 100 %» par  l'UMP où elle continue de gérer la communication de son
champion, redevenu  président du parti. Michel Gaudin, préfet à la retraite,
ne toucherait non plus,  selon Véronique Waché, aucune rétribution pour son
poste de directeur de  cabinet.
 
Au total, la facture de ces dix collaborateurs de mai 2012 à  décembre 2014
a représenté 1,76 millions d'euros nets, 2,3 millions environ en  tenant
compte des cotisations patronales.
 
S'il ne coûte pas plus cher, en  moyenne, que ses prédécesseurs, Nicolas
Sarkozy n'est pas, contrairement à eux,  à la retraite. Raymond Avrillier
compte, toujours selon le site d'investigation,  interpeller la Commission
nationale des comptes de campagne et des financements  politiques afin de
l'interroger sur le maintien de ces avantages alors que  Nicolas Sarkozypréside
l'UMP depuis fin novembre, et qu'il envisagerait d'être à  nouveau candidat à
la présidence. Il souhaiterait aussi que les avantages en  nature soient à
l'avenir comptabilisés dans les documents qu'il a  obtenus.
 
 
Combien gagne Nicolas Sarkozy ?
 
Comme Valéry Giscard  d'Estaing et Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy touche
personnellement une  indemnité à vie de 6 000 € par mois, soit 192 000 € sur
les 32 mois concernés.  Il dispose aussi, ainsi que son épouse, de la
gratuité de ses déplacements avec  la SNCF et Air France, «dans la meilleure
classe», précise la lettre signée par  Laurent Fabius en 1985, alors Premier
ministre de François Mitterrand, pour  institutionnaliser ces avantages aux
anciens serviteurs de la  République.
 
Dans leur livre «Ça reste entre nous, hein ?», les  journalistes du
Parisien - Aujourd'hui en France Nathalie Schuck et Frédéric  Gerschel affirment
que chaque conférence internationale, à la demande d'une  banque ou d'une
entreprise privée la plupart du temps, rapporte à l'ancien  président «entre 100
000 et 150 000 euros», soit, en «une vingtaine de  prestations rémunérées
en deux ans et demi, un gain d'environ 2 millions  d'euros», qui ne sont
aucunement versés par l'Etat.
 
A partir du 28  janvier, Nicolas Sarkozy aura 60 ans. Il pourra en outre
toucher en plus sa  retraite de parlementaire, lui qui a été député pendant
près de cinq ans dans  les Hauts-de-Seine. Elle est estimée à 1900 euros par
mois, une pension pour  laquelle il a cotisé pendant ses mandats à
l'Assemblée nationale. A cela  s'ajoutent ses retraites de différents mandats locaux,
comme maire de  Neuilly-sur-Seine ou président du conseil général des
Hauts-de-Seine. Enfin,  l'ancien président ne siège pas au Conseil constitutionnel
et ne perçoit donc  pas l'indemnité de 13 000 € qui accompagne cette charge.
 

21:14 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.