02/10/2012

La fascisation de l’ EUROPE DE L’EST, “libérée” du Communis me: d9

 
La fascisation de l’ EUROPE DE L’EST, “libérée” du Communisme:
RoRo
 
Osservatorio Balcani e Caucaso

Interdiction des symboles communistes : la Moldavie coincée entre la faucille et le marteau

Traduit par Mandi Gueguen
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 18 septembre 2012
Mise en ligne : samedi 29 septembre 2012
Le 1er octobre, tous les symboles communistes seront interdits en Moldavie en vertu d’une loi votée à l’été par le Parlement. Le PC, qui reste le plus grand parti du pays, hurle au scandale et invoque la mémoire des combattants du fascisme pour dénoncer un texte qui menace son existence même. 21 ans après son indépendance de l’URSS, la Moldavie peine à se trouver un avenir alors que sa transition démocratique (?????????) vient tout juste de commencer.

Par Natalia Ghilaşcu

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Statues de Karl Marx et Lénine à Chișinău

À partir du 1er octobre 2012, tous les symboles communistes, parmi lesquels la faucille et le marteau, seront interdits en Moldavie. La loi qui condamne les crimes du communisme et des régimes totalitaires, approuvée par le parlement moldave cet été, entrera alors vigueur. Le Parti communiste moldave a refusé de voter cette loi et a quitté la salle en signe de protestation, puis a déposé un recours auprès de la Cour constitutionnelle. Le Parti socialiste a voté contre.

La fin du Parti communiste moldave ?

La Moldavie est devenue en 1940 une des républiques constituant l’URSS et le pays a acquis son indépendance en 1991. 21 ans se sont écoulés depuis et beaucoup d’analystes des principaux médias du pays ont souligné – en commentant la nouvelle loi qui entrera incessamment en vigueur – que cette loi arrive bien trop tard, contrairement à d’autres anciens pays communistes qui ont été bien plus rapides à prendre leurs distances vis-à-vis de l’idéologie et des symboles communistes.

Selon la nouvelle loi, l’utilisation de symboles communistes à des fins politiques ou de propagande est interdite. Le premier à en subir les conséquences directes sera le Parti communiste moldave, qui en a largement fait usage entre autres pour attirer les votes des retraités et des nostalgiques des temps anciens. Si le Parti communiste ne change pas de logo, il risque de ne pas pouvoir participer aux prochaines élections politiques.

Selon Vitalie Catana, expert en droit constitutionnel, le Parti communiste sera effectivement contraint à repenser ses symboles politiques après l’entrée en vigueur de la loi si aucune décision de la Cour constitutionnelle ne vient la modifier. « Le refus pourrait entraîner des sanctions financières, mais aussi le blocage de leur activité », précise l’expert. Dans ce cas, les sièges parlementaires actuellement occupés par les communistes seraient partagés parmi les autres forces politiques représentées au Parlement, explique-t-il.

Des débats houleux

« C’est une mesure qui divisera la société moldave, parce beaucoup sont encore attachés à la période communiste », a souligné Vladimir Voronin, président du Parti communiste moldave. « Ce n’est plus un Parlement mais un asile de fous », s’est-il emporté, se disant outré par une action qu’il estime vouloir directement viser son parti. Il a assuré aux membres de son parti, que le PC ne respectera pas cette loi et qu’il ne se rendra pas. « Ces symboles ne reflètent pas seulement l’idéologie du parti mais ont des racines historiques dans la lutte contre le fascisme ».

Selon Victor Popa – parlementaire de la majorité gouvernementale, qui dirige aussi la Commission parlementaire sur la justice – la nouvelle disposition qui condamne les systèmes totalitaires ne menacerait pas l’existence du Parti communiste. « On interdit les symboles communistes, pas l’activité du Parti communiste », a-t-il assuré en ajoutant que le recours déposé par ce dernier ne pourra, de ce fait, pas aboutir.

« Ce sont des symboles qui encombrent la mémoire de milliers de déportés en Sibérie et c’est une des raisons valables pour approuver cette loi », a tenu à préciser Mihai Gimpu, chef du Parti Libéral et auteur de la proposition de loi soumise au Parlement. « L’Europe a eu tort de ne pas condamner les communistes comme elle l’a fait pour les nazis au procès de Nurenberg. La faucille et le marteau sont les symboles de ceux qui ont déporté des innocents en Sibérie pour y être tués », a conclu le leader libéral.

L’historien Octavian Ţicu estime lui aussi que la loi était nécessaire et que la Moldavie ne pouvait pas miser sur une intégration européenne sans avoir condamné les atrocités commises par le régime communiste. Au contraire, le journaliste Petru Bogatu note un certain scepticisme à l’égard de ces politiciens qui se fatiguent à condamner les régimes totalitaires comme s’il s’agissait d’un jeu politique et d’une manière d’obtenir un consensus.

« Un sacrilège ! »

Par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, la Russie a réagi à la nouvelle loi moldave en la qualifiant de « sacrilège ». « La Russie est un pays où l’étoile, la faucille et le marteau sont le symbole de la victoire et elle ne se taira pas devant cette loi » a déclaré Grigory Karasin. Il a ensuite espéré que « les forces politiques saines en Moldavie contestent cette décision en trouvant les voies légales pour la combattre ».

Le dépôt du recours constitutionnel, présenté par l’avocat du Parti Communiste, Sergiu Sârbu, en a été le premier pas. Ce dernier a aussi demandé que le dossier soit examiné de tout urgence, sans attendre le délai de six mois prévu par la loi.

La nouvelle loi risque de susciter de nombreuses polémiques concernant notamment les monuments de la période communiste dans tout le pays. Seront-ils détruits ? « Tous ceux qui soutiennent le Parti communiste s’opposeront de toutes leurs forces à la destruction de monuments construits pour honorer la mémoire des soldats de la Seconde Guerre mondiale », a souligné le député PC Grigore Petrenco. Marian Lupu, le chef du Parti démocratique - l’un des trois partis membres de la coalition gouvernementale -, a déclaré qu’il n’y avait pas de raison pour que les mémoriaux de valeur militaire disparaissent.

Pour le Parti libéral-démocrate de Moldavie (PLDM), le troisième partenaire de la coalition, les 40 monuments dédiés à Lénine et les 300 autres dédiés aux soldats soviétiques pourraient être démontés et conservés dans un musée consacré au totalitarisme. Le Premier ministre, Vlad Filat, membre du PLDM, a déclaré plus sèchement que le moment était arrivé de se libérer de Lénine et des chars armés soviétiques.

Peu avant l’adoption de la loi, une statue de Lénine a été enlevée de son emplacement à Rîşcani, dans le sud de la Moldavie, à la suite d’une décision du conseil municipal. Les défenseurs du Parti communiste ont protesté avec véhémence en réclamant la réinstallation du mémorial, sans succès.

Dans la deuxième ville du pays, à Bălți, dirigée par le PC, les autorités locales défendent ardemment les monuments de l’époque communiste. Nombre d’entre eux ont été vandalisés, recouverts de symboles fascistes. Ils sont contrôlés depuis par des agents et la municipalité envisage même l’installation de caméras vidéo. Ces dernières années, le nombre de monuments de l’époque soviétique qui ont subi des dégradations a nettement augmenté.

La question des symboles risque de provoquer de nombreux débats. Sans oublier le fait que tout cela pourrait avoir un impact négatif sur le dialogue avec la Transnistrie.

12:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Commentaires

En Ukraine, les manuels d,histoire dans les ecoles ont ete detruits et remplaces par de nouveaux (finances par une ONG de Soros et le NED) demonisant la Russie et l,URSS, afin que laouvelle generation s,adapte au neoliberalisme antisocial.

Écrit par : labrek | 01/12/2012

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