27/07/2012

Euro-austérité et euro-fédéralisme : HOLLANDE « POLDERISé » par ANGELA MERKEL

 
 
 
 
 
 
Sent: Monday, July 02, 2012 6:44 AM
Subject: Euro-austérité et euro-fédéralisme : HOLLANDE « POLDERISé » par ANGELA MERKEL
 

 

 

 

Euro-austérité et euro-fédéralisme : HOLLANDE « POLDERISé » par ANGELA MERKEL

 

Pour se démarquer électoralement de Sarkozy, Hollande a su faire entendre des accents presque patriotiques... Avec lui, la France, totalement alignée sur la RFA par l’Union Maastrichtienne Patronale (UMP) allait retrouver sa dignité ; l’Europe allait devenir « sociale » et la croissance de l’emploi allait enfin primer sur l’austérité...

Il n’aura fallu qu’un « sommet » européen pour qu’éclate le caractère mensonger de ce patriotisme et de ce « socialisme » de parade.

Avant même que le sommet européen n’eût commencé, Ayrault avait déjà envoyé des lettres de « recadrage » aux ministères. A l’exception de la justice, de la police et de l’Education nationale – où les contre-réformes Chatel vont bon train sous le pilotage de V. Peillon* – l’ensemble des services publics, déjà saignés à blanc par Sarkozy, va subir de nouvelles coupes claires ; il serait même question d’y mettre en place la règle du non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois partant à la retraiteQuant au SMIC, son augmentation est ridicule alors que tant d’ouvriers ne peuvent plus se rendre à leur travail avec leur véhicule étant donné l’augmentation vertigineuse des carburants…

Plus structurellement, Hollande a accepté que la revendication impériale de Berlin – le contrôle « européen » (en réalité, allemand) sur les budgets « nationaux » – s’alourdisse  sensiblement. Le Mécanisme européen de stabilité prévoyait déjà que les budgets nationaux soient soumis à la Commission européenne avant d’être présentés aux députés français transformés en euro-potiches ; comme si cet attentat inouï contre la dignité du parlement ne suffisait pas, Hollande vient d’avaliser le principe d’un contrôle PERMANENT de Bruxelles – en réalité de Berlin – sur les budgets nationaux. Car c’est la RFA, non endettée par définition (et pour cause : l’euromark a été entièrement conçu pour dynamiser l’export allemand tout en plombant l’exportation des autres pays de la zone euro !), qui obtiendra ce droit de regard via Bruxelles, alors que tous les autres Etats devront régulièrement présenter leur carnet de notes aux financiers de Francfort. Ainsi, non seulement Hollande bafoue – après Sarkozy – le « non » français à la constitution européenne, mais le blanc-seing sans précédent qu’il vient de consentir à Merkel frappe la souveraineté française en plein cœur : les députés PS qui voteraient cette nouvelle forfaiture, qui « dé-constitue » littéralement la France, devront tôt ou tard rendre raison de leur félonie devant le peuple souverain !**

Il serait cependant faux de présenter les choses comme une victoire de « l’ » Allemagne sur « la » France. Ce qui pousse Hollande, après Sarkozy, Chirac et Mitterrand, à attaquer les services publics, à bloquer de fait les salaires, à transformer peu à peu la « République française » en une coquille vide, c’est l’allégeance de la droite et de la social-eurocratie « française » à l’oligarchie euro-hexagonale. Aux « marchés financiers » d’abord, auxquels le « sommet » européen a donné satisfaction sur toute la ligne : à court terme, c’est sauvetage des banques espagnoles et garantie « européenne » accordée aux banques françaises sur le dos des contribuables (et surtout, sur le dos des « contributeurs nets », dont fait partie la France puisque notre pays donne chaque année sans retour 9 milliards d’euros à l’Europe!). La prétendue « mutualisation des dettes » qui se met en place brade l’avenir la nation contre la sauvegarde à court terme des profits de l’oligarchie. En effet, pour que les BANQUIERS « français » obtiennent un semblant de parapluie bancaire allemand, les CONTRIBUABLES FRANÇAIS paieront pour sauver les BANQUIERS d’Europe du Sud alors que les peuples grec, portugais, italien et espagnol sont strangulés par ces mêmes « banksters ».

Mais au-delà des « marchés financiers », l’inspirateur de cette capitulation nationale et sociale de François Hollande est le MEDEF et le grand patronat du CAC-40. Il suffit en effet de lire le manifeste du MEDEF intitulé Besoin d’air pour constater que le MEDEF a cyniquement décidé de mettre un point final à l’histoire de France en réclamant pêle-mêle :

·               la « reconfiguration des territoires » (et la proposition du PS de faire un nouveau pas vers la régionalisation du territoire va dans ce sens, de même que la décision de Hollande de ratifier la dangereuse « Charte européenne des langues minoritaires et régionales » qui vise à diviser le territoire national sur des bases ethnolinguistiques) ;

·               l’abandon de la langue française au profit du tout-anglais à l’entreprise et dans tous les lieux de « prestige »,

·               les « transferts de souveraineté » vers les Etats-Unis d’Europe et par-dessus tout,

·               la mise en place d’une « nouvelle patrie : les Etats-Unis d’Europe ».

 

Bref, pour élargir sa chasse aux profits à l’échelle de l’Union transatlantique sous protectorat germano-américain, l’impérialisme « français » liquide la nation et la République en désossant les acquis majeurs de la Révolution française et du CNR !

Bien entendu, l’UMP applaudit : les forêts de drapeaux tricolores, c’était juste pour exciter le « peuple de droite » contre la « viande hallal » et les cohortes de « femmes voilées » qui menacent si terriblement notre pays (sic)… Bref, l’autophobie nationale et la xénophobie d’Etat – avec lesquelles M. Valls semble peu désireux de rompre – marchent de concert : l’objectif de classe poursuivi par l’oligarchie est de casser la France tout en dévoyant le sentiment patriotique blessé contre le TRAVAILLEUR étranger tout en dédouanant la FRANCALLEMAGNE du CAC-40 ! Déjà dans les années trente, la « France » patronale avait fait le « choix de la défaite »*** dans le but de mater la classe ouvrière française (« plutôt Hitler que le Front populaire » - sic) et de briser l’URSS en se mettant à la remorque de ce grand Européen d’Adolf Hitler… Si les vrais démocrates n’y veillent pas, notre pays et sa classe travailleuse risquent d’être broyés dans l’étau politique que forment, d’un côté, l’UM’Pen en gestation derrière Copé et le « rassemblement bleu marine », de l’autre, le Parti Maastrichtien Unique à deux têtes, dont l’une est le Parti « socialiste » maastrichtien et l’autre, la droite pseudo-« républicaine »…

Plus que jamais la question est posée aux dirigeants ET AUX MILITANTS DE BASE du Front de Gauche : vont-ils continuer à clamer, comme l’ont fait jusqu’ici Mélenchon et P. Laurent (le président en titre du Parti de la Gauche Européenne subventionné par Bruxelles) que « l’Europe est à nous » (sic) et que « l’euro est notre monnaie » (re-sic) ? Ou bien vont-ils accepter de dialoguer avec ceux qui, joignant le drapeau rouge des ouvriers au drapeau tricolore de la nation républicaine, veulent clairement SORTIR de l’EURO et de l’EUROPE pour reconstituer les acquis du CNR, quitte à rompre avec la domination du grand capital ?

Face au démontage accéléré de la nation, les vrais républicains doivent passer à l’action ensemble. A nouveau le PRCF propose de faire en sorte que tous les PATRIOTES, ANTIFASCISTES ET PROGRESSISTES interpellent solennellement ensemble le peuple français au mois de septembre 2012 qui coïncide avec le 20ème anniversaire du Non au traité de Maastricht et avec le 220ème anniversaire de la bataille de Valmy qui fonda la République en brisant l’armée des monarques européens.

Sarkozy a été battu et tant mieux. Mais n’attendons rien de Hollande et de son équipe qui rampent devant le MEDEF, les « marchés » et l’Allemagne capitaliste. Le changement ne viendra que des luttes se fédérant à l’échelle nationale et internationale.

Dans nos syndicats comme dans nos partis politiques, ouvrons le débat que les directions euro-formatées s’emploient à étouffer : oui ou non « le sauvetage de LEUR euro et de LEUR Europe vaut-il la mise à mort de la République française, du « produire en France », des services publics, de la protection sociale et du pouvoir d’achat des salaires ? Tant que le mouvement ouvrier, populaire et républicain n’aura pas clairement répondu NON, mille fois NON, à cette question existentielle, notre pays et ses acquis sociaux continueront d’agoniser dans le bain d’acide sulfurique de l’UE capitaliste et de son maudit euro !

Dans l’immédiat, le PRCF propose à tous ceux qui partagent les grandes lignes de cette analyse de condamner ensemble les résultats du sommet de Bruxelles en appelant à une nouvelle résistance populaire !

Redisons pour finir ce que clamait le PCF clandestin de Maurice Thorez, Jacques Duclos et Benoît Frachon le 10 juillet 1940 : JAMAIS, NON JAMAIS, LE PEUPLE DE FRANCE NE SERA UN PEUPLE D’ESCLAVES !

 

La Commission Exécutive nationale du Pôle de Renaissance Communiste en France

 

 

*les syndicats enseignants auraient bien tort d’accorder un « état de grâce » à V. Peillon : déshabiller tous les services pour créer 60 000 postes en cinq années, alors que la droite a supprimé 100 000 postes dans l’enseignement (surtout secondaire), c’est la certitude d’isoler le corps enseignant des autres fonctionnaires alors que seul le « tous ensemble » du public et du privé peut sauver le monde du travail !

 

** Pour mesurer le recul de civilisation, rappelons que c’est par la revendication du droit du peuple (en fait, des bourgeoisies nationales) à voter souverainement les budgets et les impôts que la bourgeoisie révolutionnaire avait engagé la lutte contre l’Ancien Régime à la fin du Moyen Âge…

 

***Cf. le livre d’Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite.

 

 
cartereferendum



Euro-aust

17:16 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/07/2012

14 juillet 2012: bonne fête nationale aux travailleurs de FRANCE !

 
 
14 juillet 2012: bonne fête nationale aux travailleurs de FRANCE, en ces temps difficiles, causés par l’ exploitation et la domination capitalistes !
 
A cette occasion, c’ est aussi le moment de soulever quelques questions:
 
Verra-t-on un jour, un Président et un gouvernement véritablement de gauche, faire défiler à PARIS, aux côtés des képis en uniformes, dont certains “très fiers de ce qu’ils ont fait” (sic, ??? ) en Lybie et en Afghanistan”, sur les Champs Elysées, les enfants des écoles, les travailleurs venus des usines, les retraités qui traînent la patte après toute une existence de labeur ?
 
Les “valeurs (sic) de la FRANCE” sont-elles seulement celles des militaristes, des impérialistes et des colonialistes, au service de toutes les aventures du passé, du présent et sans doute à venir, y compris celles commandées par l’ Amérique et les intérêts économiques et géo-stratégiques de conquêtes et de pillages ???
 
L’écologiste Eva JOLY a effectivement posé un débat intéressant sur l’utilité de ce défilé militaire...
 
C’est peut être aussi l’occasion de poser une autre question tombée dans les oubliettes: que sont devenues les recherches sur la fameuse bombe à neutrons, si chère à un autre Président “socialiste”, autre Père François ... ? Je ne crois pas avoir connu la suite, ou alors, je ne m’en souviens plus, ce qui est possible ?
 
Dernière question: la FRANCE, comme les autres pays européens, retrouvera-t-elle un jour sa pleine souveraineté et sa pleine indépendance nationales ??? Je ne connais qu’un seul homme d’ Etat européen qui a osé bouter un coup de pied au cul à nos “alliés” et “amis” ricains en boutant dehors le GQG de l’ Otan. Il s’est malheureusement trouvé un autre gouvernement à participation “socialiste” pour faire preuve d’ allégeance et l’accueillir à Chièvres-Casteau et à Evere en BELGIQUE.
 
RoRo
 
 
cartereferendum
 
 
 
 

21:58 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

05/07/2012

LIBOR : Le scandale financier du siècle - Banque et finance - Actualité - Trends.be

 
 
Sent: Wednesday, July 04, 2012 10:33 PM
Subject: LIBOR : Le scandale financier du siècle - Banque et finance - Actualité - Trends.be
 
 
 
Sent: Wednesday, July 04, 2012 10:50 AM
 
Subject:  LIBOR : Le scandale financier du siècle - Banque et finance - Actualité - Trends.be
 

 
Dr. Ghada El Yafi

LIBOR : Le scandale financier du siècle - Banque et finance - Actualité - Trends.be

LIBOR : l'acronyme ne vous dit peut-être pas grand-chose. Derrière ces cinq lettres se cache pourtant l'un des plus grands scandales financiers présumés de l'histoire. Plusieurs banques internationales sont soupçonnées d'avoir manipulé le London Interbank Offered Rate (Libor en abrégé) afin de camoufler leurs difficultés de financement lors de la crise financière.

Parmi elles, que des grands noms de la finance mondiale : Bank of America, Barclays ( dont le président du conseil d'administration, Marcus Agius, vient de quitter son poste ), Citibank, Crédit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, JP Morgan, Royal Bank of Scotland, UBS... L'enjeu est colossal. Le Libor est étroitement lié au fonctionnement de l'un des plus grands marchés monétaires du monde : le marché interbancaire (celui où les banques se prêtent entre elles), dont la taille est estimée à 90.000 milliards de dollars.

L'oxygène du système financier mondial

Dans le collimateur de plusieurs autorités de contrôle (aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Japon et en Suisse, notamment), ces établissements financiers appartiennent en fait au «club» des 16 banques qui participent à la fixation quotidienne du Libor, le taux interbancaire offert à Londres. Tous les matins, ces banques dites «de référence» doivent remettre leurs «prix de départ» pour la journée à la British Bankers' Association (BBA). Né dans le courant des années 1970, le Libor se décline en effet sur les 10 plus grandes monnaies du monde (dollar américain, livre sterling, euro, yen japonais, franc suisse, dollar canadien, dollar australien, dollar néo-zélandais, couronnes danoise et couronne suédoise) et sur 15 durées (dites maturité dans le jargon bancaire) allant du jour au lendemain ( overnight) à 12 mois maximum. Soit au total 150 chiffres différents.

C'est ensuite sur la base de ces premiers cours que la BBA fixe toute une série de taux d'intérêt moyens, avant de les publier en fin de matinée. «Sans vérifier si ceux-ci sont corrects ou pas», précise Alexandre de Groote, spécialiste des obligations chez Petercam. Normal, c'est le principe même de ce que les professionnels des marchés appellent le fixing. «Même si elle peut paraître archaïque à l'heure du trading à haute fréquence, la méthodologie utilisée pour fixer le niveau du Libor n'est pas absurde en soi, estime Olivier Lefebvre, ancien patron de la Bourse de Bruxelles. A condition que les cotations transmises par les banques reflètent la réalité économique.» Quelle est en effet la validité d'un taux lorsque celui qui l'affiche n'a en réalité pas l'intention de placer ou d'emprunter des fonds ? Et puis, «on ne sait pas très bien ce que se disent ces banques de référence avant de téléphoner à la BBA», glisse cet habitué de la City pour qui la procédure et l'éventail de taux ouvrent la porte à tous les délits d'initiés possibles.

UBS lâche le morceau

Aux dires des initiés, ces petits arrangements entre amis ne sont pas nouveaux. «Il y a plus de 20 ans que cela dure, lâche cet autre vieux routier de la finance internationale. Le Libor est le type même de cartel financier souterrain !» Un cartel qui a été mis en lumière par le Wall Street Journal en mai 2008 avec la publication d'un article affirmant que diverses banques auraient maintenu artificiellement bas le Libor pour ne pas apparaître vulnérables ou pour engranger des bénéfices. Quelques jours plus tard, c'était au tour du Financial Times de s'emparer du sujet avant certains médias français et suisses comme Le Monde ou Le Temps.

Espérant bénéficier de la clémence des autorités en échange de sa coopération, la banque suisse UBS a été la première à lâcher le morceau. Fin décembre 2011, elle reconnaissait implicitement l'entente. La preuve se trouve en page 83 de son rapport annuel publié le 9 février dernier (voir notre document en p. 33). On peut y lire que «UBS a reçu une immunité conditionnelle de la part d'autorités de plusieurs juridictions [... ] concernant d'éventuelles violations des lois antitrust ou sur la concurrence», en lien avec le Libor.

Pour le reste, no comment. Silence absolu à l'égard des journalistes. La justice traite le cas. «Nous collaborons avec les autorités de contrôle», se borne à indiquer l'un des porte-paroles d'UBS en poste à Zurich, ne souhaitant pas donner davantage de détails sur la ou les enquêtes dont fait l'objet la banque suisse. Même son de cloche du côté de Deutsche Bank ou de Citibank, où on nous dit «ne rien avoir à ajouter par rapport à ce qu'on peut lire dans la presse.»

Sujet ultra-sensible

Quand le crime a-t-il été commis ? En 2007, dès les prémices de la crise ? En 2008, lorsque le système financier international était au bord de l'implosion ? Qui sont les vrais coupables ? Les enseignes incriminées ne sont pas les seules à se montrer avares en précisions. Du côté des régulateurs aussi, la plus grande prudence est de mise. Contacté par nos soins, la Financial Services Authority, le gendarme financier de Sa Majesté, nous a répondu de façon très laconique qu'elle «enquêtait sur le Libor». A Bruxelles, «plusieurs enquêtes sont en cours sur d'éventuelles ententes ou pratiques restrictives de la concurrence dans le domaine des produits dérivés de taux d'intérêts liés au Libor», indique pour sa part Stéphane Colombani, porte-parole du commissaire en charge de la Concurrence, Joaquin Almunia. Sans autre commentaire...

Mais pourquoi tant de brouillard ? Peut-être parce que personne n'a intérêt à faire sauter un énorme marché de gré à gré qui aurait permis d'éviter la catastrophe en pleine crise de liquidités, comme le suggère un récent article publié sur le blog FT Alphaville, justifiant la collusion supposée entre banques. Argument : en continuant à remettre des offres alors qu'elle n'avait plus accès au marché, certaines d'entre elles ont peut-être ainsi contribué à assurer le fonctionnement du système financier international. Que ce serait-il passé si le Libor n'avait pas été publié pendant plusieurs jours ?

Il faut dire aussi que l'influence du money market de Londres dépasse largement la sphère des grandes banques internationales. Le Libor n'est pas seulement un indicateur de l'offre et de la demande de fonds à court terme. Il sert aussi de base de calcul à une quantité incroyable de produits financiers dérivés comme les swaps. On le retrouve aussi derrière les cartes de crédit ou les prêts hypothécaires à taux variables. Il sert enfin d'étalon pour les grands crédits internationaux comme celui négocié par InBev auprès d'un consortium de 10 banques pour financer le rachat de l'américain Anheuser-Busch : une quarantaine de milliards de dollars assortis d'un taux flottant (Libor + x %), comprenant une marge allant généralement d'un demi pour cent à 5 % en fonction du risque-crédit. Au total, il y en aurait pour 350.000 milliards de dollars de produits financiers indexés sur le Libor à travers le monde !

Revoilà les traders

Dans ce contexte, «trafiquer» le niveau réel du Libor peut avoir des conséquences considérables sur les coûts de financement des entreprises et des particuliers. Crise ou pas, «la manoeuvre est double, poursuit notre vieux briscard de la finance internationale. Il s'agit de tirer vers le bas les taux à court terme sur les dépôts tout en gonflant les taux à plus long terme pour les grands crédits syndiqués aux entreprises.» Sans oublier que tirer les taux à court terme vers le bas permet de se refinancer à bon compte tout en rassurant les marchés sur sa solidité financière. Intéressant quand on a de gros besoins de liquidités.

Autre piste, la manipulation des taux aurait permis à des traders de s'assurer de belles plus-values. Selon la lettre d'investissement suisse Inside Alpha, un établissement comme Citibank aurait empoché 936 millions de dollars supplémentaires chaque trimestre en 2009 pour chaque recul d'un quart de point du Libor. Info ou intox ? Pour notre compatriote Georges Ugeux, patron de la société de conseil Galileo Global Advisors et ancien numéro deux de la Bourse de New York, il y a des signes qui ne trompent pas. «Tout porte à croire qu'il y a eu fraude, dit-il. A commencer par le fait que plusieurs grandes institutions financières mises en cause se soient séparées de collaborateurs suspectés d'avoir franchi la ligne jaune entre les activités de trésorerie de la banque et celles pour compte de clients.» C'est là, selon lui, que se trouve le c£ur du scandale.

Londres fait de la résistance

La suite des événements ? «Sauf dans des cas extrêmes, estime Georges Ugeux, il sera difficile pour les 10 autorités de contrôle engagées dans cette enquête d'aboutir à des condamnations pénales.» A son sens, il faut plutôt s'attendre à des poursuites civiles et à des amendes. Seule certitude : «Une fois de plus, poursuit l'ancien patron de la Bourse de New York, les banques semblent avoir démontré combien il est difficile de s'autoréguler lorsque les intérêts financiers sont puissants et cartellisés.» Sur la sellette, la BBA a promis un renforcement de la gouvernance du Libor. Reste à voir si celle-ci verra le jour. Car l'opacité qui entoure toute cette affaire de manipulation de taux témoigne de l'âpreté du combat mené à Londres pour éviter toute régulation. Face aux récentes propositions de directives européennes visant à maîtriser la finance de l'ombre, les banquiers anglo-saxons resserrent les rangs.

SÉBASTIEN BURON



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21:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |