23/10/2011

GRECE: DEN PLIRONO c7d9

 
Subject: DEN PLIRONO
 


 
Impôts : appels à la désobéissance
 
En réponse aux nouvelles taxes, des mouvements incitent à refuser de payer
 
«Je ne paie pas» : c’est devenu, dans les cortèges, le cri de ralliement de milliers de Grecs qui refusent d’acquitter leurs impôts. Parce qu’ils ne le peuvent pas ou parce qu’ils refusent de payer de nouvelles taxes destinées à rembourser une dette publique dont ils ne se sentent pas responsables.
 
Opérations.«Je n’ai pas le sentiment de devoir de l’argent à quiconque, et certainement pas aux banquiers qui ont spéculé sur notre dos, explique Georges Bakagiannis, qui possède une petite entreprise informatique à Athènes et a été contraint de licencier une partie de son personnel. Il n’y a plus de livres pour les lycéens et tout ce que l’on nous demande, c’est de payer plus pour recevoir moins. Alors non, poursuit-il, je ne paierai pas les impôts divers que l’on me réclame d’ici à la fin de l’année.»
 
Avec ses collègues de Den Plirono («On ne paie pas»), un collectif de la «Grèce d’en bas» qui n’est affilié à aucun parti, il multiplie les opérations afin de sensibiliser les Grecs à cette «résistance» sous forme de désobéissance fiscale. Après le blocage des péages d’autoroutes privatisées - «Au nom de quoi devrait-on payer une deuxième fois ce qui a été construit avec nos impôts ou l’argent de l’Europe ?» -, le mouvement s’est fait remarquer dans les hôpitaux en incitant les patients à ne pas s’acquitter de la franchise de cinq euros désormais exigée à chaque consultation.
 
Mais c’est la nouvelle taxe sur l’immobilier votée par le Parlement qui a mis le feu aux poudres et pourrait déchaîner la jacquerie fiscale. Prévue pour rapporter deux milliards cent millions d’euros d’ici à la fin 2012, elle va affecter les soixante dix pour cent de Grecs propriétaires, soit cinq millions cinq cent mille foyers qui devront, selon la valeur de leur bien, payer de cinquante centimes à vingt euros par mètre carré. En l’absence de cadastre, c’est DEH, l’EDF grec, qui a été chargé de sa collecte via la facture d’électricité, avec la menace, pour les récalcitrants, de se voir couper le courant.
 
Les «On ne paie pas» ont été relayés par la gauche radicale, qui fait circuler sur la Toile des formulaires, à remettre au fisc, qui invoquent l’inconstitutionnalité de la mesure. Bien que lié au Pasok au pouvoir, le syndicat des électriciens a bloqué en début de semaine le centre informatique de DEH, d’où devaient partir les premières factures. Et annoncé qu’il s’opposerait à ce que l’on coupe l’électricité de ceux qui n’ont pas les moyens de payer. Bien consciente de ces difficultés de perception, la troïka des bailleurs de fonds (UE, FMI, BCE) ne mise plus que sur un milliard deux cent millions de recettes. Afin de compenser ce manque à gagner, elle a exigé de nouvelles taxes.
 
Grève du zèle. Difficile, dans un pays où l’économie grise est évaluée autour de trente pour cent et où moins de vingt pour cent des impôts escomptés début 2011 rentreront dans les caisses, de mesurer les effets de cette désobéissance. D’après Yannis Pretenderis, éditorialiste au quotidien Te Nea, l’impact sur les rentrées fiscales de la grève du zèle pratiquée par les inspecteurs du fisc est bien plus fort. «La désobéissance, c’est invérifiable, alors que la désorganisation du fisc est une réalité. Il faudra attendre novembre pour voir si la taxe commence à rentrer. Ce sera un test scruté par toute l’Europe».
 

22:16 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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