29/08/2011

dh: Tunisie : spectacle à venir : savoureux

 
From: Henriette Ciboulet
Sent: Monday, August 29, 2011 3:03 AM
 
Subject: Tunisie : spectacle à venir : savoureux
 


---------- Message transféré ----------
De : bouhamidi mohamed <mbouhamidi2001@...>
Date : 29 août 2011 01:58
Objet : savoureux
À : Ginette Hess Skandrani henriette3000@.....
La Voix de la Libye


 
http://www.lesdebats.com/editions/290811/les%20debats.htm

Spectacle à venir

En Tunisie, la «révolution» offre un spectacle qui doit bien amuser ceux qui s'en sont bien sortis. Le tour de passe-passe est en train de réussir à merveille. Le sacrifice de Zine El Abidine Ben Ali est en train de payer au-delà de toutes les espérances. Bien sûr, les Tunisiens ont un peu moins peur qu'auparavant, qui n'hésitent plus à faire grève ou à manifester, mais l'essentiel est que, dans leur écrasante majorité, ils ne semblent plus avoir envie de refaire les journées de janvier. La preuve : la matraque a pu être remise au goût du jour sans qu'il y ait de réactions. Les matraqués en sont quittes pour leurs blessures ou leurs ecchymoses, qui finiront par guérir, le temps que la colère se refroidisse. Au bout de la transition, une grande kermesse  va tout occulter. En attendant ce jour, toutes les mesures ont été prises pour que rien ne change. Le peuple, de toutes les façons, va avoir le vertige devant la centaine et plus de partis qui vont le courtiser. Comme c'est la première fois que ça lui arrive de voter dans ces conditions, il sera bien en peine de dire ne pas y voir la démocratie, dans toute sa plénitude. D'ailleurs, il se permet même d'être indécis à plus de 60%. D'ici qu'il se présente devant l'urne avec sa centaine de feuillets, qu'il devra trier, seul dans l'isoloir, seul avec sa conscience de citoyen qui va opter en toute liberté pour une option ou pour autre, il peut écouter les doctes positions des uns et des autres et surtout tenter de décortiquer la subtilité du débat entre «démocrates» et «islamistes», entre la promesse de «jasmin» et une supposée régression. Il faut dire qu'il n'y en a plus que pour Ennahda, ce parti qui est le seul à présenter une popularité, alors que tous les autres sont soit inconnus, soit très peu courus. Parmi ces autres, si tant est qu'ils divergent réellement, c'est la course à l'union sacrée contre le péril qui menacerait et la démocratie et l'économie et la nation. L'argument massue est la menace sur les bikinis sur les plages, sur les shorts dans les rues, sur la bière dans les bars, donc sur le tourisme, donc sur le gagne-pain du peuple, donc sur l'avenir du pays. Ce qui fait qu'en dehors d'être contre la formation de Ghanouchi, on ignore ce qu'ils proposent. Le gouvernement transitoire alimente la paranoïa. De déclarations, en mesures vis-à-vis des mosquées, il paraphe la polarisation providentielle. Les tireurs de ficelles savaient bien que le truc allait prendre. Ils savaient bien que d'un côté il y aurait des tétanisés devant la perspective islamiste et de l'autre des islamistes qui jureraient ne pas l'être. Les affaires sont sauves. La «révolution» est préservée des périls et les affaires sont hors de danger. Le système, le vrai, n'est pas tombé. Sa caricature jetée en pâture aux médias et au peuple aura fait son office. En octobre, le spectacle promet d'être grandiose, parce qu'il fermera définitivement une parenthèse qui n'aura que trop duré. Tout le monde au garde-à-vous devant la volonté du peuple qui se sera exprimée. Vraiment ? C'est ce qu'on dit. A moins qu'il se passe autre chose. Nul ne sait.

Par Ahmed Halfaoui

 
 

 

21:28 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.