04.07.2011
La guerre contre la Libye est une catastrophe économique pour l' Afrique et l'Europe (Réseau Voltaire)
Bref, on peut dire tout ce que l’on veut de Kadhafi –en bien et/ou en
mal-, mais les ricano-otano-occidentaux qui assiègent la Libye (comme hier le
Vietnam, la Serbie, l’Irak, l’ Afghanistan) sont des gangsters internationaux
...
RoRo
----- Original Message -----
From: Roland
Marounek
Sent: Sunday, July 03, 2011 11:45 PM
Subject: [alerte_otan] La guerre contre la Libye est une catastrophe
économique pour l'Afrique et l'Europe (Réseau Voltaire)
La guerre contre la Libye est
une catastrophe économique pour lAfrique et lEurope
par Thierry Meyssan | Tripoli (Libye) | 3 juillet 2011
http://www.voltairenet.org/La-guerre-contre-la-Libye
par Thierry Meyssan | Tripoli (Libye) | 3 juillet 2011
http://www.voltairenet.org/La-guerre-contre-la-Libye
Lun des mobiles de la guerre contre la
Libye est de stopper le développement du continent noir, de permettre
linstallation de la base militaire de lUS Africom en Cyrénaique, et de débuter
lexploitation coloniale de lAfrique au profit des États-Unis. Pour comprendre
ces enjeux cachés, le Réseau Voltaire à interrogé Mohammed Siala, ministre de la
Coopération et administrateur du fonds souverain
libyen.
Réseau Voltaire : Votre pays est riche en gaz et en pétrole. Vous avez capitalisé 70 milliards de dollars au sein de lAutorité libyenne dinvestissement. Comment utilisez-vous cette manne ?
Mohammed Siala : Nous disposons dimportantes
ressources, mais elles ne sont pas renouvelables. Nous avons donc créé
lAutorité libyenne dinvestissement pour protéger la richesse des générations
futures, comme lont fait les Norvégiens par exemple. Cependant, nous consacrons
une partie de ces fonds au développement de lAfrique. Cela signifie que nous
avons placé plus de 6 milliards de dollars dans des actions de développement du
continent, en matière dagriculture, de tourisme, de commerce, de mines,
etc.
Nous avons placé le reste des fonds dans des
secteurs différents, des pays différents, des monnaies différentes.
Partout, y compris aux USA et en Allemagne, ce qui leur a
malheureusement permis de geler certains de nos avoirs.
Réseau Voltaire : Techniquement, comment ce
gel est-il mis en oeuvre ?
Mohammed Siala : Le gel des avoirs est régi par les
lois bancaires du pays où ils sont placés. La règle est quils bloquent nos
comptes, mais que nous pouvons en obtenir parfois la libération si nous portons
le litige devant un Comité des réclamations et si nous prouvons quils étaient
destinés à certains usages. Par exemple, je viens à linstant de plaider le
dégel de fonds destinés à verser des bourses aux 1 200 étudiants que nous avons
envoyés en Malaisie. Nous essayons de faire de même pour tout ce qui touche aux
allocations sociales ou aux frais dhospitalisation de nos ressortissants à
létranger.
Il arrive que certains pays nous autorisent à
utiliser des fonds pour lachat de nourriture ou de médicaments. En principe,
cest notre droit, mais beaucoup refusent de dégeler les sommes nécessaires ou
font traîner les choses. Par exemple, en Italie, lÉtat refuse tout usage
de nos avoirs. En Allemagne, lÉtat autorise les usages
humanitaires, mais ce sont certaines banques qui refusent de dégeler les fonds
nécessaires. Les interprétations de la résolution sont complètement différentes
selon les États. Nous réclamons une règle claire : ce qui est permis est
autorisé et ce qui ne lest pas est interdit. Pour le moment, linterprétation
est politique et la force prévaut sur le droit.
Réseau Voltaire : Est-ce le seul problème
que vous rencontrez pour vos approvisionnements ?
Mohammed Siala : Nous devons aussi faire face au
blocus maritime que lOTAN a mis en place sans base légale. Ils
interdisent notre approvisionnement, ou le retardent, y compris pour des
cargaisons alimentaires. Ils sappliquent surtout à empêcher notre livraison en
essence, même si cela nest pas prévu par les résolutions pertinentes de lONU.
Nous avons ainsi un pétrolier qui patiente depuis un mois à Malte. Pour chaque
bateau, ils discutent le double usage de ce quil transporte. Lessence est
destinée aux véhicules civils. Mais ils disent quelle peut lêtre aussi par des
voitures de larmée. Nous répondons quils ne peuvent nous interdire de
lutiliser pour les ambulances, etc. Quoi quil en soit, depuis le début du
conflit, ils empêchent toute livraison dessence. Or, nous sommes dépendants des
raffineries étrangères pour environ un tiers de notre approvisionnement. Doù la
pénurie actuelle. En théorie, ils ont uniquement le droit dinspecter les
navires pour sassurer quils ne transportent pas darmes. Mais en pratique, ils
déploient illégalement un blocus maritime.
Ils ont ordonné à des bateaux russes et chinois de
faire demi-tour. Leurs États doivent alors déposer une plainte devant le Comité
des sanctions de lONU pour discuter de linterprétation des résolutions. Cest
une procédure interminable et dissuasive. Aucune base légale ne les autorise à
agir ainsi, mais ils le font de force, sûrs de leur impunité.
Nous parvenons toutefois à nous approvisionner par
voie terrestre, mais cela est dérisoire : nous avons besoin dun mois pour
transporter par camion ce que nous pouvons décharger en une journée dans nos
ports.
Réseau Voltaire : Votre pays a multiplié
les constructions dinfrastructures, notamment les gigantesques travaux
dirrigation de la Man Made River. Quels sont vos projets en cours
?
Mohammed Siala : Il existe un chemin de fer qui
parcourt lAfrique du Nord, sauf la Libye. Nous voulons le compléter pour nous
intégrer dans léconomie régionale et la dynamiser. Les Chinois construisent le
tronçon Tunisie-Syrte. Les Russes sont chargés de Syrte-Benghazi. Une
négociation était en cours avec lItalie pour le tronçon Benghazi-Égypte ainsi
que pour les locomotives. Nous avons aussi commencé la construction dune ligne
transcontinentale nord-sud, avec le tronçon Libye-NDjamena. Ce sont des
investissements considérables dintérêt international et nous avions cru que le
G8 nous aiderait. Il lavait promis, mais nous navons rien vu
venir.
Nous sommes âpres en affaires et nous avons utilisé
les appels doffre pour obliger nos prestataires à baisser leurs prix. Lors de
sa visite ici, Vladimir Poutine a convenu daligner les tarifs des entreprises
russes sur ceux de ses compétiteurs chinois. Nous avons pu ainsi diversifier nos
partenaires.
Réseau Voltaire : Avec la guerre, que vont
devenir ces projets ?
Mohammed Siala : Tous ces chantiers sont
interrompus avec le gel des avoirs. Mais nous poursuivons les appels doffre
pour les tronçons à réaliser parce que nous sommes certains que la guerre est
momentanée et que les travaux reprendront. Nous nous préparons à poursuivre les
contrats provisoirement interrompus pour raison de « force majeure
».
La guerre a désespéré nos partenaires. Les Chinois
ont ici 20 milliards de dollars de contrats, les Turcs 12 milliards. Viennent
ensuite les Italiens, les Russes, puis les Français. Ce nétait pas leur intérêt
de laisser faire cette agression, encore moins dy participer. Probablement
certains ontils reçu des compensations en dessous de table, mais nous navons
aucune information précise à ce sujet. Dautres espèrent avoir plus en
conquérant notre pays et en sattribuant eux-mêmes les contrats de
reconstruction.
Réseau Voltaire : Quelles sont les
conséquences du gel de vos avoirs pour lAfrique ?
Mohammed Siala : En bloquant nos avoirs, ils ont
aussi bloqué nos actions de développement en Afrique. Le continent ne parvient
quà exporter des produits bruts. Nous investissons pour quils soient
transformés en Afrique et commercialisés par les Africains. Il sagit de créer
des emplois et de conserver la plus-value en Afrique. Dun côté les Européens
nous encouragent car cette politique assèche les flux migratoires, dun autre,
ils sy opposent parce quils doivent renoncer à lexploitation
coloniale.
Les Occidentaux veulent maintenir lAfrique dans
une situation où elle nexporte que des produits bruts, des
commodités.
Par exemple, lorsque le café produit en Ouganda est
exporté en Allemagne doù il est commercialisé, la plus-value reste en
Allemagne. Nous avons financé des installations pour la torréfaction, la
mouture, le packaging etc. La part de rémunération des Ougandais est passée de
20% à 80%. Évidemment, notre politique entre en conflit avec celle des
Européens. Cest un euphémisme.
Nous finançons des rizières au Mozambique et au
Libéria, à hauteur de 32 millions de dollars par projet et créons chaque fois
100 000 emplois. Nous visons dabord lautosuffisance alimentaire de chaque État
africain, et seulement après les marchés dexportation. Sans aucun doute, nous
entrons en conflit avec ceux qui produisent et exportent du riz, surtout sils
spéculent avec.
Nous construisons aussi des routes. Par exemple
depuis la Libye à travers le Niger. Nous avons déjà relié le Soudan à lÉrythrée
ce qui bouleverse léconomie régionale et ouvre des perspectives de
développement. Il désormais possible de faire circuler des marchandises par
route et par mer.
Réseau Voltaire : Peut-on dire que la Libye
a peu dalliances diplomatiques, mais que vous avez élaboré des alliances
économiques qui vous protègent. Peut-on parler de diplomatie des investissements
?
Mohammed Siala : Oui.
Par exemple, nous finançons pour 50 millions de
dollars la construction par des entreprises chinoises dun canal de 32
kilomètres au Mali pour lirrigation des zones agricoles. Le gel de nos avoirs
interrompt dimportants projets agricoles dans ce pays. Sil se poursuit, un
problème alimentaire se posera rapidement et les populations reprendront et
accélèreront leur migration vers lEurope. En définitive, les Européens ne
peuvent pas se permettre de stopper notre effort de développement du continent.
Ils nont pas dalternative à notre politique.
Réseau Voltaire : Disposez-vous dun
dispositif qui vous permette de payer vos commandes sur le marché international
malgré le gel de vos avoirs. Votre pays est attaqué, je pense bien sûr à lachat
darmes et munitions.
Mohammed Siala : Nous résistons depuis quatre mois
et demi. Nous avons tiré les leçons de lembargo et étions prêts au premier
jour. Beaucoup dÉtats nous observent et veulent prendre des mesures similaires
pour se protéger eux aussi de limpérialisme.
Thierry Meyssan
__._,_.___
Pour retrouver les messages précédemment envoyés : http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/messages
Cette liste est gérée par des membres du Comité de Surveillance OTAN. Les opinions éventuellement exprimées n'engagent que les auteurs des messages, et non le CSO.
.
__,_._,___
10:42 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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