22/06/2011

réaction de Dominique Leduc à "un vomi" contre Cuba

 
Sent: Wednesday, June 22, 2011 7:09 AM
 
Subject: réaction de Dominique Leduc à "un vomi" contre Cuba
 
Bravo, Dominique!
Dominique est secrétaire de France-Cuba...
 
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lien du document ou figure le texte de ce Boukoff.
Voir chapitre :"Au coeur de l'Amérique Latine" pour les amalgames et "Cuba une révolution à l'agonie..." pour le reste.

http://www.festival-de-lhay-les-roses.fr/edition2011/FDHC...

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A M. Georges Boukoff, Directeur et  Fondateur du

"Festival des droits humains et des cultures du Monde" de l'Haÿ-les-Roses

Vous avez tout à fait le droit d’avoir une opinion sur Cuba, encore faut-il qu’elle ne procède pas d’amalgames abusifs entre ce que furent  les dictatures chiliennes, argentine, brésilienne, la Colombie actuelle et Cuba : à Cuba il n’y a pas de torture, il n’y a pas de disparu !

S’agissant d’une part non négligeable et fondamentale des droits humains que vous évoquez et qui ne sont pas respectés en Europe : santé, éducation, culture, protection sociale pour tous, dommage que vous ne souligniez pas l’exception cubaine qui a aussi permis aux (ex)illettrés de Séville, aujourd’hui alphabétisés grâce à la méthode cubaine « Yo si puedo »,  de pouvoir s’inscrire au chômage ou demander un emploi ou un logement.

Quant à la démocratie politique, connaissez-vous un autre pays capable de mettre en débat pendant plus de trois mois auprès de la population des réformes fondamentales pour le pays comme l’ont fait les cubains avant le congrès du parti communiste cubain qui s’est tenu en avril dernier ? 90% de la population y a participé,  les deux tiers des orientations proposées ont été modifiées  et 36 nouveaux articles ont été ajoutés aux 291 initiaux.

Mais Cuba comme chacun le sait c’est aussi le réel merveilleux : il n’y a qu’un Parti, mais c’est la population qui propose et choisit les candidats, ce qui est interdit au Parti en question. Car il y a des élections à Cuba (qui est une dictature chacun le sait !). Et même que, contrairement à chez nous, les élus sont obligés de remplir leur mandat puisqu’ils doivent en rendre compte tous les 6 mois devant leurs électeurs avec le risque d’être démis. Imaginez la tête de beaucoup de nos élus locaux ou nationaux s’ils devaient se soumettre à une telle épreuve : quoi ! Respecter les promesses électorales !

Le réel merveilleux se niche aussi dans  les prisons cubaines : tout cubain qui est emprisonné pour avoir été payé, subventionné, aidé d’une manière ou d’une autre par les Etats Unis(1) à travers leur section de La Havane, indépendamment de sa qualification antérieure, en ressort diplômé de journalisme (indépendant), bibliothécaire (indépendant), syndicaliste (indépendant), etc. Ce qui prouve une nouvelle fois l’excellence du système d’éducation cubain même en prison ! Pour les meilleurs ils gagnent en plus un vol gratuit pour Miami et un emploi chez Posada Cariles Inc(2), ce qui fait pâlir d’envie et de dépit ceux  qui ne gagnent que le deuxième lot pour Madrid.
Il y a aussi les prouesses en matière de santé comme le tortionnaire poète Valladares(3), promu ensuite représentant des USA à la commission des droits de l’homme, ce prisonnier politique, paralytique et à l’article de la mort, qui, une fois libre, escalade quatre à quatre les marches de l’avion…. Sans être passé par Lourdes…

Quelques commentaires sur le Prix Sakharov et ses lauréats cubains :

Les Dames en blanc : Hebe de Bonafini, présidente de l’association Mères de la Place de Mai dénonce le rapprochement effectué par les Dames en blanc:

« Tout d’abord, laissez-moi vous dire que la Plaza de Mayo se trouve en Argentine et nulle part ailleurs. Notre foulard blanc symbolise la vie alors que ces femmes dont vous me parlez représentent la mort. Voila la différence la plus importante et la plus substantielle qu’il faut signaler à ces journalistes. Nous n’allons pas accepter que l’on nous compare ou qu’elles utilisent nos symboles pour nous piétiner. Nous sommes en total désaccord avec leurs propos. Ces femmes défendent le terrorisme des États-Unis. Elle défendent le premier pays terroriste du monde, celui qui a le plus de sang sur les mains, celui qui a lancé le plus de bombes, celui qui a envahi le plus de pays, celui qui a imposé les plus fortes sanctions économiques contre les autres. Nous sommes en train de parler de la nation qui est responsable des crimes d’Hiroshima et Nagasaki. Ces femmes ne se rendent pas compte que la lutte des Mères de la Plaza de Mayo symbolise l’amour que nous portons pour nos enfants disparus, assassinés par les tyrans imposés par les États-Unis. Notre combat représente la Révolution, celle que nos fils et nos filles avaient voulu mettre en œuvre. Leur lutte est différente car elles défendent la politique subversive des États-Unis qui n’est faite que d’oppression, de répression et de mort».

Oswaldo Payá Sardiñas, membre fondateur en 1988 et dirigeant du Mouvement chrétien de libération, lauréat en 2002 du Prix Sakharov de la liberté de pensée.

En 1998, il a initié le projet Varela, du nom d'un prêtre qui lutta au XIXe siècle pour l'indépendance de Cuba. Le projet Varela est une pétition demandant l'organisation d'un référendum sur une réforme constitutionnelle donnant une plus grande liberté personnelle, politique, et économique (liberté d'entreprendre) ainsi que l'amnistie des prisonniers politiques. Ce projet implique un changement de régime politique. La constitution cubaine permet de soumettre un projet de loi à l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire s'il est appuyé par au moins 10 000 électeurs. En 2002, Oswaldo Payá a remis au Parlement cubain une pétition ayant recueilli 11 020 signatures (14 384 en 2003). Malgré de sérieux soupçons pesant sur la manière dont les signatures ont été obtenues (pots de vin, promesses de visas pour partir aux États-Unis, signatures apparaissant plusieurs fois... les autorités ont considéré la démarche comme valable et la requête a été traitée à l'Assemblée nationale conformément à la constitution. Parallèlement, suite à un discours provocateur de George W. Bush le 20 mai 2002 à Miami qui exigeait l'abolition du système socialiste à Cuba, plus de huit millions de personnes ont signé un document proposant de qualifier d'« intouchable » le caractère socialiste de la Révolution. L'Assemblée nationale a donc décidée de rejeter la proposition d'Oswaldo Payá. L'aura internationale de Payá, conférée notamment par le Prix Sakharov, lui a permis d'échapper à la vague d'arrestations menée en mars 2003 par le gouvernement cubain contre 75 personnes, condamnées à des peines de prison comprises entre 6 et 28 ans.(4)

Les autorités cubaines affirment que ces « dissidents » recevaient de l'argent des États-Unis pour agir contre les intérêts de Cuba, notamment pour justifier le maintien de l'embargo. Ils ont donc été condamnés pour ces faits, réprimés par la loi cubaine, et non pour leurs idées.

Oswaldo Payá Sardiñas s'est également illustré en apportant son soutien au coup d'État au Vénézuéla en 2002.

 

Quant aux « opposants » que vous défendez, je vous conseille vivement la prudence : n’oubliez pas la déception de Régis Debray, qui avait pourtant dirigé la campagne pour la libération de Valladares : « L'homme n'était pas poète, le poète n'était pas paralytique et le cubain est aujourd'hui américain. »

Mais, comme dit un de mes amis cubains, la démocratie aujourd’hui ça n’existe pas, il y a les expériences usées et fallacieuses d’Europe et des USA, il y a nos expériences cubaines et latino-américaines récentes qui ne sont que des essais de laboratoires inaboutis, soumis  de plus à la menace permanente et mortelle de l’empire.

J’ai éprouvé le besoin de vous écrire ces quelques notes tant il semble que vous avez une idée à tout le moins sommaire et déformée de la réalité cubaine. Ne le prenez pas comme une offense, tout au plus comme la volonté pédagogique de quelqu’un qui connait Cuba depuis plus de 30 ans.

Dominique Leduc

Secrétaire de France Cuba

 

11:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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