29/02/2008

07/02/2008: Le Pentagone : « Nous devons combattre le Net » ...

 
Le Pentagone : « Nous devons combattre le Net »
Brent Jessop  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Dans son document Information Operations Roadmap, le Pentagone est franc sur le fait qu'Internet, avec son potentiel à la liberté d'expression, s'oppose directement à ses objectifs. Internet doit être traité comme s'il s'agissait d'un « système d'armement » ennemi.
 
Original : http://www.knowledgedrivenrevolution.com/Articles/200711/20071119_IOR_3_Fight_Net.htm
Traduit au mieux par Dany Quirion et Pétrus Lombard pour Alter Info
02/02/2008

- Information Operation Roadmap - Partie 3

Le document de 2003 du Pentagone, intitulé Information Operation Roadmap (feuille de route des opérations sur l'information), a été divulgué au public suite à une demande, faite sous la loi de la Liberté de l'Information, aux Archives de la Sécurité Nationale de l'Université George Washington en 2006. L'explication détaillée de l'idée maîtresse de ce document, et l'importance de l'information ou des opérations de guerre de l'information, a été décrite dans le premier article de cette série.

- Attaque du réseau informatique

Tiré du document Information Operation Roadmap : ”Dès que les recommandations de ce rapport seront mises en œuvre, elles serviront de point de départ à l'amélioration rapide des capacités d'attaque du réseau informatique. L'amélioration des possibilités des opérations militaires sur l'information, incluent une série d'offensives vigoureuses avec la gamme complète de moyens électroniques et les attaques contre le réseau informatique...”

Le Pentagone se servira-t-il de ses capacités d'attaque des réseaux informatiques contre Internet ?

- Combattre le Net

”Nous devons combattre le Net”. Le Ministère de la Défense est en train de construire une force focalisée sur l'information. Les réseaux deviennent de plus en plus le centre de gravité opérationnel et le Ministère doit être prêt à “combattre le Net”.

La stratégie de “défense en profondeur” du Ministère de la Défense devra fonctionner sur le principe de “combattre le Net” comme s'il s'agissait d'un système d'armement.

On ne devrait donc pas s'étonner de voir le Pentagone s'attaquer énergiquement aux “autoroutes de l'information” pour tenter d'obtenir la suprématie dans la guerre de l'information. L'implication de Donald Rumsfeld dans le Projet pour un Nouveau Siècle Américain (Project for a New American Century – PNAC) jette davantage de lumière sur le besoin et le désir de contrôler l'information.

- Le PNAC souhaite dominer le cyberespace

Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain (PNAC) a été établi en 1997 avec un nombre imposant de membres qui sont devenus plus tard le noyau de l'administration de George W. Bush. Parmi beaucoup d'autres puissants, mais dont les noms sont moins connus, la liste comprend : Jeb Bush, Dick Cheney, I. Lewis Libby, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz. Leur objectif déclaré est d'utiliser une énorme expansion militaire étasunienne dans le plan de “domination mondiale des États-Unis”. En septembre 2000, le PNAC a publié le désormais tristement célèbre document intitulé Reconstruire les Défenses des États-Unis (Rebuilding America's Défenses). Ce document a un thème très similaire à “Information Operation Roadmap” du Pentagone, qui fut signé par le Ministre de la Défense Donald Rumsfeld.

- Tiré du document “Reconstruire les Défenses des États-Unis” :

Il est maintenant communément admis que l'information et les autres nouvelles technologies créent une dynamique pouvant menacer la capacité des États-Unis à user de leur puissance militaire dominante.

Le contrôle de l'espace et du cyberespace, tout comme le contrôle de la haute mer, et la protection du commerce international, permettait dans le passé de définir les puissances mondiales, le contrôle des “biens communaux internationaux” sera la clé du pouvoir mondial dans l'avenir. Si les États-Unis sont incapables de protéger leurs intérêts ou ceux de leurs alliés dans l'espace ou dans la sphère de l'information (infosphère) ils auront du mal à exercer le leadership dans la politique mondiale.

Même s'il faut des dizaines d'années avant que le processus de transformation se déploie, avec le temps, l'art de la guerre dans les airs, sur terre et sur mer, sera très différent de ce qu'il est aujourd'hui, et le combat se déroulera probablement dans de nouvelles dimensions : dans l'espace, dans le cyberespace, et peut-être dans le monde microbien.

- Internet 2

Dans le document Information Operations Roadmap, la partie des plans relatifs à Internet consiste à assurer “la dégradation subtile du réseau plutôt que son effondrement”. C'est présenté en termes défensifs, mais il est probable que ce soit aussi exclusivement défensif que le Ministère de la Défense.

Que le Pentagone s'inquiète d'Internet n'est pas un mal en soi. C'est après tout le Ministère de la défense, par l'intermédiaire du DARPA, qui nous a donné Internet à l'origine. Parmi de nombreux autres point positifs pour le Pentagone, Internet est utile, non seulement comme outil d'affaires, mais aussi comme excellent moyen de surveillance et de suivi des utilisateurs, pour l'acclimater les gens au monde virtuel, et pour élaborer le profil psychologique de chaque utilisateur. Mais l'un des problèmes avec Internet tel qu'il est conçu actuellement, est son potentiel à la dissémination d'idées et d'informations en désaccord avec les thèmes et les messages du gouvernement étasunien, à ce que l'on appelle communément la liberté d'expression. Bien entendu, puisque le plan consiste à dominer totalement l'infosphère, Internet devrait être adapté ou remplacé par une version améliorée et encore plus sympathique pour le Pentagone.

Dans un article de Paul Joseph Watson du site Prison Planet.com, l'émergence d'Internet 2 est décrite: “Le développement d' Internet 2 est également conçu pour créer un système de castes en ligne, par lequel les anciens concentrateurs Internet seraient laissés se détériorer et mourir, forçant les gens à utiliser le nouvel Internet, taxable, censuré et réglementé. Si vous tentez de comprendre à quoi ressemblera exactement Internet dans cinq ans, à moins que nous n'y résistions, jetez juste un coup d'œil sur les derniers efforts de la Chine pour éliminer complètement la dissidence et l'anonymat sur le web”.

Conclusion

Dans le prochain article nous examinerons le recours du Pentagone aux opérations psychologiques ou PSYOP et dans le dernier article de cette série nous examinerons si oui ou non il existe des limites à l'usage d'opérations sur l'information contre le publique étasunien ou l'audience étrangère.
sur le site de Michel Collon: http://www.michelcollon.info

21:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/02/2008

USA • Dans le monde, un prisonnier sur quatre est américain ...

Neuf millions de personnes sont condamnées pour des délits de tous types dans le monde. Mais 2 200 000 d’entre elles sont incarcérées aux USA.

Alejandro Nadal
20-06-2007

Le pays qui se pose comme le paladin de la liberté est en même temps le champion de la population carcérale. Aux USA, pour 100 000 habitants, il y a 730 prisonniers. Le nombre de prisonniers augmente parce que le système policier a augmenté (ce qui accroît la probabilité d’attraper les délinquants) et parce que la législation a pratiquement abandonné l’éthique de la réhabilitation pour préférer celle du châtiment.

 

Aujourd’hui, les peines sont plus sévères et la probabilité qu’elles soient réduites est moindre. Spécialement drastique est la règle des « trois coups » : un délinquant qui a commis trois délits est condamné à des peines très lourdes.

L’inégalité raciale et économique qui caractérise la société des USA se reflète dans la population incarcérée : 48 % des prisonniers sont Noirs et 18 % d’origine latino-américaine. Un Noir a huit fois plus de probabilités d’être en prison qu’un Blanc. Dans la population des jeunes blancs, 1 % a ses parents en prison, alors que chez les jeunes noirs le pourcentage est dix fois supérieur.

Il est indéniable que le système judiciaire américain est aujourd’hui plus lié à l’idée de punir. La violence des gardiens envers les détenus fait partie de la vie quotidienne.

Prisonniers … et rentables

L’ironie est que tout cela se trouve lié au monde des affaires privées. Des prisonniers enchaînés travaillent dans les champs en Arkansas ou aux usines d’assemblage dans les zones frontalières avec le Mexique, à l’intérieur de nombreuses prisons. L’emploi de cette force de travail captive génère plus de 30 000 millions de dollars aux USA (c’est plus que les recettes générées par le base-ball des grandes ligues).

Des entreprises comme Lee, Boeing, Victoria’s Secret, Eddie Bauer et d’autres utilisent cette force de travail contre des salaires de misère. Cela génère des incitations perverses pour continuer à remplir les prisons de main-d’oeuvre bon marché. Le système des prisons est une des industries qui croît le plus rapidement aux USA. Beaucoup de jeunes pauvres, et sans perspectives, cherchent du travail dans les prisons. Avant 1983, il n’existait pas de prisons privées dans ce pays. Il y en a aujourd’hui plus de 150.

 

Source : La Jornada, 23 mai 2007

15:33 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

19/02/2008

16/10/2007: Albert II, je suis sûr que tu vas tomber des nues...

 -------- Message original --------

Sujet: [CSP] Albert II, je suis sûr que tu vas tomber des nues...
Date: Tue, 16 Oct 2007 23:07:57 +0200
De: Manuel Colinas <manuel.colinas@wanadoo.fr>
Répondre à :: CubaSolidarityProject@yahoogroupes.fr
Pour :: ABILY Paul <paul.abily@wanadoo.fr>


Albert II, je suis sûr que tu vas tomber des nues...
Patrice De Bruyne

Deux morts, cher Albert II, Roi des Belges, deux de plus...

Tu es là, tout en haut, dans tes Palais et propriétés, avec tes laquais et tes serviteurs toujours empressés, soucieux de la moindre bêtise...

Tu voyages dans le monde, toujours si bien escorté, un petit signe vers la gauche, vers le centre et vers la droite, pas plus loin..., tout le monde est poli, jamais un mot de trop, on te donne du "Sire", "Votre Majesté", et la vie continue sans que tu es le moindre souci, l'argent tombe après avoir coulé à flots, mais ça date du Congo, une époque noire en double-sens... Donc, je suis certain que tu vas tomber des nues lorsque tu vas savoir que tu es responsable de deux morts... Deux de plus...

Notre époque, Albert, cherche des responsables pour tout : un pneu crevé à cause d'un trou dans la chaussée, des panneaux de signalisation mal placés, trop de vent, pas assez de pluie, la canicule, les crottes de chiens..., plein de choses qui font fonctionner la Justice qui toujours agit en ton nom...

Pas un Jugement, pas un Arrêt qui ne commencerait pas par : Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont être : ... Wij, Albert II, Koning der Belgen ; Aan allen die nu zijn en hierna wezen zullen doen te weten : ...

Un petit délit, une condamnation, des faits graves ou non, c'est toujours en ton nom que l'affaire se prononce. Les gens ne s'en rendent pas compte, c'est comme ça... Ben, non... C'est pire !

Je ne t'écris pas des milliers ou millions de torturés en esclavage au Congo, ni d'autres qui ont donné une partie d'eux (main, bras, pied, jambe, œil et que sais-je) en criant "Vive le Roi" pour sauvegarder leur Patrie qui invariablement finit par re-fricoter avec les "prétendus" adversaires tant haïs..., ni des Magistrats et fonctionnaires gradés ou non qui te saluent lorsque tombe leur paie "à vie", ainsi que surtout leur "pension", en récompense de tant d'années d'efforts soit à "emmerder" la moitié de la population, soit à "punir" les gens pour trente-six mille raisons... Non, Albert, je t'écris pour les "ceusses" qui crèvent toute leur vie parce qu'on leur a menti, parce qu'ils ne pouvaient faire autre chose, les braves gens qui ont et "qui ont eu" le courage de n'emmerder personne, de ne punir personne, travaillant trois fois les heures des fonctionnaires, avec des risques sans proportion imaginable : de faire faillite, d'aller en prison, d'être ruiné, vilipendé, haï, torturé moralement par vos sbires tristes sires...

Ceux-là qui forment l'économie, la vie, la société, ceux-là qui peinent, à qui on met des bâtons dans les roues (c'est une image, Albert), "tes" sujets, "ton" peuple... Bien trop souvent "tes" esclaves... Et bien, Albert, y en a deux de moins...

Sur et certain que quelques-uns, parmi les nommés-à-vie, de ceux qui empochent 3, 5 ou 10.000 euros par mois pour juger de ce qui est bien ou mal, certain de ne jamais crever de faim, de désespoir, sachant qu'à l'heure de la sacro-sainte pension, l'Etat les remerciera de leurs actions en perpétuant leurs salaires par une pension d'équivalence... "Vive le Roi" qu'ils crient, tout heureux... Les deux qui sont morts, Albert, ils avaient reçu un mot en ton nom... L'un s'appelait Armand, sa femme depuis toujours, car l'amour c'est long..., s'appelait Marie-Rose.

C'était un "indépendant", un imprimeur besogneux et honnête, qui avait crié "Vive le Roi" en '39 avant d'être emporté dans la merde croyant qu'il fallait défendre la Patrie-Belgique. Un brave homme en somme. Il est devenu imprimeur, aidant au renouveau belge, aidant à l'épanouissement belge, employant des gens, travaillant durement, faisant vivre trente-six familles et d'autres...

Tu sais combien il y en a des comme-lui, Albert ? Comme ça de tête ? Dis un chiffre, là, tout seul, sans tes conseillers, ton aide-de-camp et tes ministres... Tu vois, tout seul, tu sais pas...

Il y en a des milliers, par dizaines et centaines, des petits indépendants, qui crèvent, ne disent rien, ronchonnent, mais travaillent... Des épiciers, des p'tits garagistes, des cordonniers, des tailleurs, des laveurs de vitres, des imprimeurs.... Comme Armand, justement... Toute une vie à œuvrer, à avoir des sueurs froides quand passe un fonctionnaire du fisc, "ton" fisc, Albert... Et tout ça en attente de la pension.... Avec Marie-Rose à ses cotés... Pas pour aller saluer les agiteurs de drapeaux en faisant la gueule ou un sourire de circonstance sachant que 12 millions d'euros tombent chaque année pour, entre autre choses, dures et difficiles, saluer les agiteurs de drapeaux à la sortie d'une église..., non, mais pour nettoyer, laver, repasser...

Après toute une vie, la pension tant espérée, l'objectif de toute une vie, est enfin tombée... 400 euros par mois... Tu imagines, Albert ? Ca fait 4.800 euros par an... Y a combien de fois 4.800 dans 12 millions ? Je te laisse calculer, tu commenceras à comprendre le fossé entre le Roi et "son" peuple... Bref...

Avec 400 euros par mois, les rares petites économies de toute une vie ont fondu comme neige au soleil, les économies qu'ont traqué "tes" fiscards-fonctionnaires "à vie" en gueulant que TOUS les indépendants sont des fraudeurs (histoire de savoir donner des sous-sous en Afrique pour compte de l'un ou l'autre ministre s'assurant ainsi les revenus d'une mine..., et aussi pour savoir te donner "tes" 12 millions d'euros annuels....), Armand et Marie-Rose n'ont finalement plus rien eu en caisse !

Marie-Rose avait 69 ans... Armand avait 76 ans...

N'étant que le roi de sa connerie, trop vieux pour pouvoir rebondir, quantité négligeable, hors circuit, citron déjà pressé, pigeon déplumé..., il a réussi à entrer dans la postérité...

Je vais te narrer, Albert, les derniers moments d'Armand et Marie-Rose...

Mercredi 10 octobre 2007, 9 heures, le matin... Un huissier de Justice vient signifier leur expulsion, en ton nom, Albert... Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont être : patati, patata, expulser Armand et Marie-Rose, zou, recta, paf, dehors, à la rue, à la merde... Il est accompagné d'un fonctionnaire de police... L'huissier, officier ministériel, sonne au domicile d'Armand et Marie-Rose, deux retraités depuis longtemps, le temps d'avoir tout perdu... C'est un petit appartement au second étage d'un immeuble modeste, sis Voie de l'Ardenne à Embourg, faubourg de Liège. Armand et Marie-Rose savaient qu'à peine né on commence à mourir, savaient aussi qu'ils avaient été floués, savaient aussi qu'en ton nom, Albert II, Roi des Belges, donc de "son" roi, le fils de celui pour lequel il avait combattu en '39..., ils allaient être expulsés, vite fait, en douce, avant l'hiver... Ils ne savaient plus ou aller, la fin de vie, à 76 et 69 ans, ne permet plus de rêver rebondir, se refaire ! Imagine-toi sans royaume, sans argent, sans sujets, un vrai cauchemar ! Ou aller ? Voir leur meubles embarqués dans un camion de déménagement jaune et eux "à-la-rue"..., c'était impossible à vivre.

Armand a ouvert la porte à l'huissier, l'a écouté dire qu'en ton nom, Albert, il devait partir... Il est allé rejoindre sa Marie-Rose, sa femme d'une vie... qui l'attendait dans leur lit d'amours passées...
Une dernière fois un baiser, un vrai... Les mains qui se touchent, qui s'étreignent, qui se disent mille choses déjà dites, sachant que là, c'est la dernière fois... Un signe des yeux, vas-y mon amour..., tire... Boum... Un coup... Marie-Rose est partie, pour toujours ! Les yeux rouges comme son sang, pleurant encore, hoquetant, Armand recharge puis retourne vers lui son fusil de chasse.... Il regarde le reste du visage de "sa" Marie-Rose... Alleï, une fois, fieu..., courage ! Il ferme les yeux, elle est là, éternellement belle, et c'est l'image qu'il rejoint en appuyant sur la détente... Un dernier stress, ne pas se rater, être certain de partir avec elle... Boum...

Il n'y a plus de Marie-Rose, il n'y a plus d'Armand...

Le fonctionnaire de police, ne sachant ce qui s'est passé, panique pour lui d'abord...: être blessé, tué peut-être et ainsi rater sa pension pour plus tard, non...!

Il prévient ses collègues...

Le paisible quartier est bouclé par les forces "de l'ordre", avec casques, gilets pare-balles, boucliers et tutti-quanti...

Lorsque tout ce monde, agissant pour le "bien public" envahit l'ancien nid d'amour, ils ne peuvent que constater qu'il y a deux morts... Armand ne descendra plus jamais dans le café restaurant situé au rez-de-chaussée, il ne jouera plus jamais aux cartes avec ses copains, il ne plaisantera plus jamais de la vie qui ne fait que passer, il ne parlera plus jamais de "sa" Marie-Rose ni du temps ou il se faisait tirer dessus alors qu'il criait "Vive le Roi"...

Officiellement, Armand n'est plus l'époux aimant de Marie-Rose, mais son meurtrier...

Mais, comme il s'est donné la mort après son "forfait"..., il n'y a plus lieu de poursuivre qui que ce soit et l'action publique s'est éteinte d'elle-même..., ce qui explique, Albert, que "ton" parquet n'est pas descendu sur les lieux...

Deux de moins Albert...

Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont être : ... Wij, Albert II, Koning der Belgen ; Aan allen die nu zijn en hierna wezen zullen doen te weten : ...

PS : Bonne nouvelle, Albert, plus de pension à payer à Armand et Marie-Rose...

Ecrit par Quelqu'un d'autre, franco-belge, ex-indépendant, futur non-retraité, fils d'un semi-handicapé à vie pour avoir défendu sa patrie... un sujet corvéable parce que né de l'autre coté de la barrière, victime non consentante de la connerie politicienne et fiscale, rebelle, amer et désabusé..
.
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-10-13%2017:34:59

21:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

18/02/2008

18/02/2008: Jean-Claude Paye : les populations sous surveillance [Voltaire]...



-------- Message original --------
Sujet: Jean-Claude Paye : les populations sous surveillance [Voltaire]
Date: Mon, 18 Feb 2008 09:55:28 +0100
De: melusine <melusine@nerim.net>


Subject: Jean-Claude Paye : les populations sous surveillance [Voltaire]

Les conséquences des législations « antiterroristes » pour le simple citoyen
Jean-Claude Paye : les populations sous surveillance
par Silvia Cattori*

En décembre 2005, les médias états-uniens ont révélé que la NSA, une agence qui a une mission officielle d'’espionnage à l'’extérieur des États-Unis, avait mis sous écoute électronique ses citoyens. Une année plus tard, ils ont révélé que la même NSA avait fiché des millions de communications, et que la CIA surveillait toutes les transactions financières internationales.
En Europe, une législation imposant une rétention des données personnelles a déjà été mise en place et légitimée par les différents parlements nationaux, dans l'’indifférence générale. Alors que, aux Etats-Unis, les médias se sont saisis de ces affaires et les organisations de défense des libertés individuelles ont fait campagne contre ces dispositions, sans toutefois susciter de mobilisation populaire, en France et en Allemagne, des projets de loi permettant à la police d’'espionner à distance l’'ordinateur des personnes qu’'elle soupçonne de terrorisme, n'’ont quasiment pas suscité de réactions.
Dans l’'entretien accordé à Silvia Cattori, le sociologue belge Jean-Claude Paye montre comment les lois « antiterroristes » vident de leur substance toutes les protections légales nationales et européennes et met en lumière la portée des dispositions qui légalisent l'’introduction de logiciels espions dans les ordinateurs privés.

 
Silvia Cattori : La législation de l'’Union européenne sur la surveillance des citoyens est-elle déjà en application ?
Jean-Claude Paye [1] : La plupart des États membres de l'’Union européenne disposent déjà de législations qui imposent aux compagnies de téléphone et aux fournisseurs d'’accès Internet de conserver les données de connexion de leurs clients pendant un temps plus ou moins long ou, comme en Belgique, pour un temps indéfini. L’'Union européenne elle-même a élaboré à plusieurs reprises des projets avortés de décision-cadre allant dans le même sens et qui visent à imposer une période minimale de rétention des données de deux années.
Cette violation de la protection des données personnelles se double de projets tel le viol du contenu d’'un ordinateur personnel à l'’insu de son utilisateur. En France, le projet de loi d’'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI), déposé au conseil des ministres en janvier 2008, va autoriser l’'espionnage électronique lors d’'une enquête policière.

Il s’'agit de permettre à la police de s'’introduire secrètement dans les ordinateurs de personnes soupçonnées de terrorisme ou de criminalité organisée. L’'Allemagne prépare un projet de loi analogue. Les forces de l'’ordre pourraient être autorisées à espionner le surf et le contenu des disques durs de toute personne suspectée. Il s’'agirait d'’un « Cheval de Troie » (logiciel espion) avec enregistreur de frappe (keylogger) attaché secrètement à un mail en provenance d'’une agence officielle.
Concrètement cela signifie que les services de police peuvent utiliser un logiciel espion pour lire, à l'’insu des personnes concernées, tout ce qui est à l'’intérieur d’'un ordinateur privé.
Aux États-Unis, la police a, depuis 2001, cette possibilité légale de s'’introduire secrètement dans un ordinateur. Cette procédure appelée « Lanterne magique » fait partie des dispositifs liberticides introduits par le fameux USA Patriot Act [
2]. Ces mesures, votées au départ pour une durée de quatre ans, sont devenues permanentes [3].

Silvia Cattori : Auparavant, n’'était-il pas déjà possible de mettre sous écoute et de surveiller le courriel des gens ?
Jean-Claude Paye : Les services de renseignement ont toujours pu suivre les gens à la trace et entrer dans un ordinateur comme ils le voulaient. Mais cet espionnage était illégal. Ce qui est nouveau est que tout ce qui est collecté maintenant peut servir à entamer une procédure judiciaire.

Silvia Cattori : Une personne qui, dans des courriels, exprime sa sympathie à l’'égard d’un groupe inscrit sur les listes « terroristes » pourrait-elle être poursuivie pour collusion avec le terrorisme ?
 Jean-Claude Paye : Oui, parce qu’il y a une évolution des lois anti-terroristes. Manifester sa sympathie à l’égard de groupes labellisés comme « terroristes », est déjà une infraction. En Grande Bretagne, dire par exemple : « Le Hamas ou le Hezbollah sont des mouvements de résistance légitimes », pourrait, dans le cadre de la loi anglaise Terrorist Bill of 2006, constituer un délit de soutien indirect au terrorisme. C’est en Grande-Bretagne que les lois anti-terroristes sont le plus ouvertement liberticides. La Grande- Bretagne a introduit, en 2006, les délits de « glorification » et de « soutien indirect » au terrorisme [4]. Ces incriminations ne poursuivent pas des faits, mais des paroles de résistance au pouvoir ou simplement l’acte de révéler des faits qui sont en contradiction avec la politique du gouvernement. Par exemple, des militants ont été inquiétés pour incitation indirecte au terrorisme parce qu’ils avaient énoncés publiquement le nom des soldats anglais morts en Irak. Le pouvoir estime que la personne qui énonce de tels faits donne une publicité à des actes catalogués comme terroristes (les actions de la résistance) et qu’elle crée ainsi un « climat favorable » au terrorisme.
Des actions ou des paroles de soutien à la résistance palestinienne pourraient également servir de base à de telles poursuites. Il n'’est d'’ailleurs pas nécessaire qu'’il s’agisse de conflits contemporains ; des paroles, ou des écrits glorifiant des attentats du passé, pourraient être retenus, si une personne, qui commet un acte tel que la pose d’'une bombe dans le métro, déclare avoir été incitée à le commettre par les paroles ou les écrits incriminés. Il y a un effet rétroactif et celui-ci n'’est pas objectivement limité dans le temps [5].
Dans les autres pays, où le délit de soutien indirect au terrorisme n’'existe pas, comme en Belgique, on essaye d’'introduire ces notions par le biais de la jurisprudence [
6].

Observer ce qui se passe en Angleterre n’'est donc pas inutile. C'’est le pays européen le plus avancé dans le démantèlement de l'’État de droit. On doit s'’attendre à se voir imposer tôt ou tard, sur le reste du continent, ce qui a été mis en place dans ce pays.
La législation anglaise, qui criminalise l'’acte d’'apporter un simple soutien verbal ou écrit à une partie engagée dans un conflit international, en opposition à la politique étrangère du gouvernement britannique, et l’'acte de rapporter des faits qui sont en contradiction avec la politique gouvernementale, nous guette également.

En Belgique et dans les autres pays européens, la tentative de criminaliser des personnes par le biais de la jurisprudence a pour le moment échoué [7]. L’'évolution de la situation dépendra de la capacité de réaction des citoyens européens vis à vis des projets gouvernementaux.
C’'est dans ce cadre —celui de la possibilité grandissante de criminaliser, non seulement des actes, mais aussi toute parole ou écrit en porte à faux avec la politique d’'un gouvernement, à propos d’un conflit violent n'’importe où dans le monde— qu'’il convient d’'envisager toutes les perspectives de poursuite judiciaire qu’'offre l’espionnage légal des citoyens par la police.
Ces procédures permettront, à un moment donné, d’'utiliser ce qui a été collecté comme élément de preuve, dans le cadre de ce qui est défini comme soutien indirect ou glorification d'’actes et d'’organisations « terroristes ».
La procédure de capture du contenu des ordinateurs par des logiciels espions -appelée « Cheval de Troie » en Europe, « Lanterne magique » aux États-Unis- est à situer dans ce cadre là.

Silvia Cattori : Qu’'est-ce qui différencie le projet de décision-cadre de l’'Union européenne évoqué plus haut, des lois adoptées par exemple en décembre 2001 en République fédérale allemande, et en Italie, imposant aux banques, postes, opérateurs de télécommunications et compagnies aériennes, de fournir les données personnelles de leurs clients ? Les lois des pays membres vont-elles devenir caduques ?
Jean-Claude Paye : Ces lois sont toujours en application. La future décision-cadre de l’'Union européenne concernant la rétention des données personnelles n’'apporte rien de nouveau par rapport à ce qui existe déjà dans la plupart des États membres. Il s’'agit seulement de forcer la main aux derniers récalcitrants et surtout d'’imposer un délai minimum de conservation des données. Bref, il s’'agit avant tout d'’une action de rationalisation et d'’unification des procédures au niveau de l’'ensemble de l'’Union européenne.
Cela dit, le contrôle des communications électroniques n’'est qu'’un des éléments du contrôle global instauré depuis 2001.

Silvia Cattori : Vous pensez au contrôle des transactions financières internationales et des passagers aériens ?
Jean-Claude Paye : Oui, notamment. Il ne s'’agit là que d'’une pièce du système d'’espionnage des citoyens mis en place après le 11 septembre, mais aussi avant cette date en ce qui concerne le programme d’'écoutes de la NSA. La presse états-unienne a en effet révélé fin 2005, que ce système était déjà en place au moins 7 mois avant le 11 septembre 2001.
D’'abord, il faut rappeler que l’'USA Patriot Act donne au pouvoir exécutif des États-Unis des possibilités de contrôle sur l'’ensemble des banques et sociétés financières étrangères, ayant des filiales dans le pays. Les articles 313 et 319(b) de cette loi, obligent ces institutions financières à répondre positivement, dans un délai de 120 heures, aux requêtes d'’une agence fédérale, non seulement sur les comptes inscrits dans leur agence située sur le sol états-unien, mais aussi sur les mouvements entre le compte US visé et d’'autre comptes de la banque situés à l’'étranger et, ainsi, sur ces derniers comptes eux-mêmes. Pour garder le droit d’'avoir des agences sur le sol états-unien ou d'’avoir des relations d'’affaires avec des sociétés financières US, ces banques doivent être certifiées par le département du Trésor ; c’'est à dire obtenir le Patriot Act Certification. Pour cela elles doivent remplir certaines conditions, telle l’'identification précise de leurs clients et de la provenance des fonds lors de l’'ouverture d’'un compte. Dans l’'espace de la globalisation financière, l’USA Patriot Act donne ainsi au pouvoir exécutif états-unien une possibilité de surveillance et d'’enquête sur des mouvements bancaires, si une part, même résiduelle de ceux-ci, passe par les États-Unis.
Ce transfert de données a lieu en dehors du cadre légal d’'échanges d'’informations financières entre gouvernements et à l'’insu des personnes concernées et des autorités de protection de la vie privée, nationales et européennes. Comme dans l’'affaire Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecomunication), il s'’agit d’'un système de relations directes entre des firmes privées étrangères et leur tutelle états-unienne. Ainsi, la loi US, ici l'’USA Patriot Act, a un caractère directement impérial. Elle s’'applique directement à l’'étranger et donc sur le sol européen, par la décision de ces firmes de s’'y soumettre.
Ensuite, en juin 2006, le New York Times a révélé qu’'une société basée en Belgique, Swift, transmettait secrètement l’'ensemble des données des transactions financières internationales aux douanes états-uniennes, ceci dans le cadre d’'un programme d’'espionnage de la CIA [
8].
Swift, société états-unienne de droit belge, gère les échanges internationaux de quelques huit mille institutions financières situées dans 208 pays. Elle assure le transfert de données relatives aux paiements ou aux titres, y compris les transactions internationales en devises. Ici, le transfert des données personnelles est massif et non plus étroitement sélectif, comme dans la mise en œuvre des dispositions financières de l’USA Patriot Act dont nous venons de parler. En outre, ce transfert est plus large, puisqu'’il porte sur des transactions qui ne touchent même pas l’'espace états-unien.
Dès 2002, la société Swift avait informé ses autorités financières de tutelle belges et européennes. Ce qui veut dire que les autorités européennes et les dirigeants des Banques centrales étaient au courant de cet espionnage, mais qu’'elles ont estimé que cela se faisait dans le cadre de la lutte anti-terroriste et qu'’elles n’avaient pas à prévenir leurs gouvernements. Ces Banques centrales se sont considérées comme des organes, mandatés par Washington, de la lutte anti-terroriste.
Donc, non seulement la société Swift était dans la plus totale illégalité, mais également les Banques centrales européennes.
La société Swift n’'a jamais été poursuivie, ni n’'a fait l’objet d’'aucune remontrance de la part des gouvernements et des banques centrales respectives [
9].

Silvia Cattori : Cette société pouvait-elle s'’opposer aux injonctions des États-Unis, dès lors que cela pouvait permettre l'’arrestation de terroristes ?
 Jean-Claude Paye : La société Swift pouvait difficilement échapper aux demandes des États-Unis dans la mesure où le deuxième serveur était sur états-unien.
Swift pouvait difficilement refuser, mais avait la possibilité de ne pas transférer ses données sur le sol des États-Unis et de pouvoir ainsi échapper aux requêtes de l’administration US. On peut donc lui reprocher le transfert des données personnelles sur le sol des États-Unis. Pour transférer, depuis un pays de l’Union européenne, des données personnelles vers un pays qui n’a pas un niveau de protection adéquat, il fallait obtenir des autorisations, respecter les règles de protection des données. La société Swift n’a pas respecté ces règles. Le transfert de ces données aux autorités des États-Unis était illégal.
On n’a quasiment aucune preuve que des personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’espionnage des transferts financiers. On sait que préparer des attentats ne demande pas beaucoup d’argent. Le contrôle financier global ne sert à rien.

Silvia Cattori : Dans cette affaire, le silence des Banques centrales et des autorités belges est ahurissant. A-t-on par la suite sanctionné les coupables ?
Jean-Claude Paye : Les autorités européennes se devaient d’'interdire à la société Swift, basée sur sol européen, ce transfert vers les États-Unis. Il n'’y avait aucune raison technique qui les obligeait à transférer, en toute illégalité, ces données vers les Etats-Unis. Jamais personne n'’a été condamné.
Silvia Cattori : A-t-on demandé la cessation de ce transfert ?
Jean-Claude Paye : Cela n’'a jamais été envisagé. Aucun gouvernement n'’a ordonné à la société Swift l’'arrêt de la transmission de ces données aux États-Unis. On a permis à la société Swift de continuer de transmettre les données à la CIA, même après que ce scandale ait été révélé au grand public.
Ensuite, l'’Union européenne a établi les modalités pour que ces transferts illégaux vers les États-Unis soient « légalisés ». Un accord a été signé, en juin 2007, entre les États-Unis et l'’Union européenne.

Silvia Cattori : Ne s'’agit-il pas, pour les États-Unis, d'’un espionnage financier sous couvert de lutte antiterroriste ? Le comportement de l'’Union européenne dans cette affaire n'’indique-t-il pas que cela arrange tout le monde ?
Jean-Claude Paye : Ces transferts de données permettent aux États-Unis de bénéficier d'’une distorsion des règles du marché, puisque les autorités administratives et les entreprises multinationales, qui sont étroitement liées aux pouvoirs exécutifs des Etats-Unis, ont la possibilité d'’avoir accès à l’'organigramme permanent de l'’ensemble des transactions financières internationales. L’'accès au réseau Swift complète ce que permet déjà le système d’espionnage Echelon [10].
Silvia Cattori : Il ne s'’agit donc pas de mesures destinées à mener « la guerre contre la terreur », comme l’'affirme M. Bush, mais d'’autre chose ?
Jean-Claude Paye : Le but principal des États-Unis est de mettre l'’Union européenne dans une situation de dépendance et de contraindre ses États membres à se plier à toutes leurs exigences, surtout si celles-ci violent les lois européennes. C’'est comme cela que s’'exprime la primauté des États-Unis sur les lois européennes ; et que, à partir de cette primauté, s’'est opérée une transformation de notre droit.
Cette primauté du droit des États-Unis sur le droit européen, se vérifie également dans les mesures de contrôle des passagers aériens. Depuis que, en 2003, l’'administration Bush a obtenu l’'accès aux terminaux des sociétés installées sur le sol européen, les États-Unis sont en possession d’'un ensemble d’'informations sur toute personne embarquée : noms, religion, habitudes alimentaires, numéro de carte de crédit, itinéraire, etc. Par exemple, les personnes signalées comme ne consommant pas de porc sont susceptibles d'’être considérées comme suspectes de « terrorisme », et mise sous surveillance par les États-Unis.
La transmission de ces informations est en contradiction totale avec les législations européennes de protection des données personnelles. Il y a donc là, une situation de fait où les États-Unis ont imposé aux pays européens le transfert immédiat des données personnelles des voyageurs. Ensuite, cela a conduit l'’Union européenne à signer un ensemble d’'accords pour légaliser une situation qui violait sa législation.
La procédure de la lettre d'’engagement unilatéral de la part des États-Unis, qui a été utilisée, aussi bien dans « l’'accord » sur les passagers aériens que celui sur les données financières, marque l’'émergence, dans le juridique, de quelque chose de nouveau : les pays européens ne discutent plus en tant que puissance étatique ! Ce sont les États-Unis qui accordent ou qui refusent certains droits aux citoyens européens.

Silvia Cattori : Ceux des États membres qui ont signé des accords contre nature avec les États-Unis vont-ils se raviser plus tard ?
Jean-Claude Paye : En ce qui concerne le contrôle des passagers aériens, la Commission de l'’Union européenne a déjà, à plusieurs reprises, fait mention d'’un projet analogue. Fondamentalement, dans leur majorité, les dirigeants de l'’Union européenne ont la même position que ceux des États-Unis. Dans le contrôle des passagers aériens, ils disaient : « Il faut absolument que l'’on réponde positivement aux requêtes des États-Unis demandant aux compagnies aériennes installées sur sol européen de transmettre les informations sur leurs clients, sinon les avions européens ne pourrons plus atterrir chez eux ». Comme si l’'Union européenne ne pouvait pas prendre des mesures de rétorsion et interdire aux avions états-uniens d’'atterrir sur le sol européen !
Les dirigeants qui sont pressés de liquider les libertés individuelles se servent des exigences états-uniennes pour faire la même chose au niveau de l'’Europe. Cela leur permet d’'affaiblir la position de ceux qui veulent sauvegarder les libertés.

Silvia Cattori : Le jour où les élus réaliseront que tout cela mène à une société totalitaire, vont-ils réagir ?
Jean-Claude Paye : Mais, toutes ces mesures ne sont pas discutées. Les accords sur les passagers aériens, les accords sur les transactions financières, les accords sur l’'extradition, signés avec les États-Unis, n’'ont jamais été discutés au niveau européen. Il n'’y a eu aucun débat dans la presse ou les parlements nationaux.
Quand le Parlement européen s’'est saisi de ces questions, c'’était pour critiquer ou rejeter les projets d’accords. Ses compétences à ce niveau se limitent à émettre des avis sans force contraignante.
Si l’'on veut comprendre quel type de relations de subordination l'’Union européenne entretient avec les États-Unis, c'’est au niveau des accords de coopération policière et judiciaire, au niveau de l’'évolution du droit pénal qu’'il faut voir les choses.
Nous sommes dans une situation où la Constitution ne règle rien du tout. Tous les principes constitutionnels des pays européens sont systématiquement violés. Toutes les lois que l’'on a fait passer depuis une dizaine d’'années sont contraires à l'’esprit des Constitutions nationales.
Les partis de gauche et le mouvement alternatif ont axé toutes leurs forces autour du débat sur le projet de Constitution européenne, qui est un élément qui a relativement peu d'’importance par rapport aux matières dont on vient de parler.
Désormais, ce qui règle les rapports entre les États, et les rapports entre un État et ses populations, c'’est essentiellement le droit pénal. Ce dernier se substitue au droit international et acquiert maintenant une dimension constituante en lieu et place de la Constitution elle-même.

Silvia Cattori : Alors, nous ne connaissons pas tout ?
Jean-Claude Paye : Bien sûr que non, on ne connaît pas tout. Mais il y a néanmoins des faits qui commencent à sortir. Grâce aux révélations de la presse états-unienne, fin 2005, nous savons maintenant que le programme illégal de la NSA sur l’'espionnage des communications électroniques et téléphoniques était déjà en place sept mois avant le 11 septembre 2001.
Cela montre que le système d’'espionnage auquel les États soumettent leurs propres citoyens n’'est pas une mesure qui vise à lutter contre le terrorisme, mais contre les populations elles-mêmes. Et que les mesures qui limitent les libertés ne sont pas une conséquence des attentats du 11 septembre, mais sont partie d’un système qui était déjà en place avant les attentats. Ce système répressif a simplement été accéléré et les mesures préalables ont été légitimées.

Silvia Cattori : Les atteintes aux libertés individuelles que vous venez d’'évoquer —espionnage de l’'opinion, espionnage financier, contrôle des passagers aériens— ne seraient donc que la partie émergée d’'un nouvel ordre qui se met en place ?
Jean-Claude Paye : Oui, bien sûr. La plus belle preuve en est l'’accord d'’extradition signé en 2003 entre l'’Union européenne et les États-Unis. Il s’'agissait, en fait, de discussions secrètes qui se sont poursuivies durant des années. Or, si nous avons pu entrevoir une petite partie de ces accords, c’'est parce que ce texte devait être ratifié par le congrès US, sinon on n’'en aurait rien su. Car, du côté européen, ce n'’était pas nécessaire de le ratifier puisque les fonctionnaires permanents du COROPER ont plein pouvoir, ils ne sont contrôlés par aucune instance européenne ou nationale.
Depuis, on n’'a plus la moindre idée de ce qui se passe ; on sait néanmoins que, de manière secrète, des « négociations » sont toujours en cours et que les États-Unis ont encore émis de nouvelles exigences. On n’'a donc vu émerger qu’'une toute petite partie de la pointe de cet iceberg que constitue l'’ensemble des discussions et accords.

Silvia Cattori : Plus personne n'’échappe à une mise en fiches ?
Jean-Claude Paye : Dans ce cadre de surveillance, toutes vos données personnelles ne vous appartiennent plus ; elles appartiennent aux autorités administratives et aux entreprises privées. Elles sont automatiquement mises à la disposition des États. C’'est la fin de l’'habeas corpus, du droit de la personne à disposer d'’elle-même et c’'est aussi la fin de la propriété de soi. La vie privée n'’existe plus.
 Silvia Cattori
Journaliste suisse.
Les articles de cet auteur




 

[1] Jean-Claude Paye, sociologue, est l’'auteur de La Fin de l'’État de droit, La Dispute. Paris 2004, et de Global War on Liberty, Telos Press, New York 2007.

[2] USA Patriot est l’'acronyme de Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism, littéralement : loi sur l'’unification et le renforcement de l'’Amérique lui attribuant les outils requis pour intercepter et faire obstacle au terrorisme. Plus que d’'une loi, il s'’agit d’'un volumineux Code antiterroriste dont la rédaction a été entreprise en secret, pendant au moins deux ans avant le 11 septembre, par la Federalist Society, sous la direction du professeur John Yoo. L’USA Patriot Act a été adoptée par le Congrès des États-Unis, sans débat, dans l'’émotion du 11 septembre. Elle donne tous pouvoirs à la police d'’État, au FBI, aux services d'’immigration en matière d’'arrestation, d'’interrogatoire, de torture et de détention illimitée au secret et sans décision d’'un tribunal, de citoyens qui ne sont pas originaires des États-Unis sur la base de simples présomptions. Elle autorise également la surveillance des conversations téléphoniques et du courrier électronique, les perquisitions domiciliaires, de jour comme de nuit, en l’'absence de la personne, sans mandat.

[3] « A Permanent State of Emergency », par Jean-Claude Paye, Monthly Review, November 2006.

[4] « Préoccupation sécuritaire », par Jean-Claude Paye, La Libre Belgique, 27 juin 2007.

[5] « Beyond intention », par Jean-Claude Paye, Le Monde diplomatique, English edition, novembre 2006.

[6] « Un procès qui engage nos libertés », par Lieven De Cauter, Jean-Marie Dermagne et Bernard Francq, La Libre Belgique, 16 novembre 2007.

[7] « DHKP-C : Bahar Kimyongur acquitté à Anvers » par Marc Metdepenningen, Le Soir, 7 février 2008.

[8] « La CIA a contrôlé les transactions financières du monde entier via la société SWIFT », par Grégoire Seither, Réseau Voltaire, 26 juin 2006.

[9] « SWIFT : le Trésor états-unien au-dessus des lois européennes », Réseau Voltaire, 29 septembre 2006.

[10] Échelon est un système d’espionnage électronique commun des États-Unis et du Royaume-Uni existant depuis 1947, auxquelles se sont joints le Canada, l'’Australie et la Nouvelle Zélande. Les stations de ces pays forment un seul réseau intégré. Lire Ducan Campbell, Surveillance électronique planétaire, Éditions Allia, Paris, 2OO1. Ce livre reprend le rapport que l'’auteur a rédigé pour le Parlement européen

http://www.voltairenet.org:80/article155237.html

--
http://users.skynet.be/roger.romain/Sommario.html

20:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

16/10/2007: Livre : 'Sois nègre et tais toi!' ...

------- Message original --------

Sujet: FW: Sois nègre et tais toi ! de Jean-Baptiste Onana
Date: Tue, 16 Oct 2007 21:15:14 +0200
De: Joss Rovélas <jossrovelas@msn.com>




Date: Tue, 16 Oct 2007 18:03:49 +0200
From: nadine.capresse@gmail.com
Subject: Fwd: Sois nègre et tais toi ! de Jean-Baptiste Onana


Livre : 'Sois nègre et tais toi!'
de Jean-Baptiste Onana

Retour sur le livre de Jean-Baptiste Onana, dans lequel il
revient
sur les questions d'immigration, la marginalisation de la

communauté noire, les rapports entre communautés en France

La question de l'immigration est une question permanente en France.


Question majeure pendant les élections, elle fait régulièrement la 'une' de l'actualité à la faveur d'un fait divers, d'une crise : expulsions, incendies meurtriers d'immeubles parisiens, crises de banlieue, discrimination quotidienne à l'embauche, pour le

logement... les exemples sont nombreux.

Mais, en parlant de discrimination, Jean-Baptiste ONANA

constate une chose : tous les immigrés ou, de façon plus
générale, toutes celles et ceux qui ne sont pas de 'souche française' ne sont pas traités en France de la même manière : il y a comme une hiérarchie parmi eux qui place le Noir au plus
bas de l'échelle ; ce dernier souffre plus cruellement que d'autres du racisme, du fait de sa 'visibilité'. 'A l'échelle du

monde, c'est certainement la créature la plus discriminée et la plus honnie de l'espèce humaine.' (1)
Voici donc un livre dédié en général « à tous ceux qui subissent la discrimination et sont couverts d'opprobre au quotidien parce qu'ils sont différents'. (2)


Il convient de saluer ce livre de Jean-Baptiste ONANA, qui se distingue par deux qualités essentielles. Tout d'abord Sois Nègre et tais-toi ! résulte d'un travail considérable de recherche, de documentation, d'observation.


L'auteur n'avance pas un propos sans l'étayer par des exemples précis, par des arguments : actualité, ouvrages, discours d'hommes politiques,témoignages...consolident son analyse qui épouse au plus près le vécu des Noirs en France.

Ensuite cet essai est écrit dans un style qui le rend accessible à tous, la lecture en est véritablement aisée. Alors que dans ce genre particulier qu'est l'essai, il est courant que le lecteur ne s'intéresse qu'à des chapitres en particulier, on se prend à lire Sois Nègre et tais-toi ! comme un roman, du début à la fin.

Que dit donc ONANA ? Rien que des vérités sur les
comportements des Blancs (et des autres races) à l'égard des Noirs, ceux des Noirs sur le territoire européen : leurs causes, leurs conséquences. Il y a à la base la perception du 'noir', communément négative : 'Année noire, série noire, pensées
noires, idées noires, liste noire, jour noir, travail au noir, humeur
noir...La négativité de la couleur noire est une universalité fort bien partagée par le genre humain.' (3)


Cette perception négative fait que le Noir est combattu, sinon rayé dans les médias, en politique, dans certaines filières universitaires, bref dans toutes les fonctions valorisantes, exception faite pour certaines catégories comme le sport de haut niveau où il s'avère que 'la France a besoin de ses nègres pour gagner' (4). La France est de fait multiraciale, mais elle le dénie.

Mais pourquoi donc cette discrimination ? J.B. ONANA étudie un à un tous les cas avérés, tout en démontrant leur illégitimité, j'ai envie de dire aussi leur grossièreté : des chercheurs n'ont-ils pas dernièrement 'découvert' que la polygamie serait la cause de la violence ?

'Et que dire de la pédophilie, triste avatar de la liberté sexuelle infinie prônée par les partisans du tout-sexe et du tout-genre-de-sexe qui gangrène la société française ? (...) A titre personnel, je suis contre la polygamie, mais aussi contre toutes les formes de sexualité déviantes. Mais à tout prendre, j'aime mieux avoir deux épouses adultes, légitimes et consentantes que forniquer avec des bambins de cinq ou huit ans. Qu'on ne
s'y trompe pas : la République a plus à craindre de ses pédophiles en col blanc, qui essaiment dans les milieux socioprofessionnels prétendument respectables (...) que d'un ou deux bigames africains dans une tour HLM.

Est-ce pour parachever son œuvre civilisatrice en Afrique qu'elle s'est récemment mise à y exporter massivement son trop plein de prédateurs sexuels, que l'on voit déambuler aux abords des hôtels de classe internationale et des sites touristiques, le sexe à la main, le portefeuille dans l'autre ?' (5)


Voilà comment ONANA répond aux découvertes 'ingénieuses', aux préjugés qui pèsent sur les Noirs. Le ton est volontiers ironique, jamais haineux, car ce n'est que pour une 'une France plus tolérante et plus respectueuse de l'humain, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne' (dédicace) qu'il écrit ce livre.

Et les Noirs donc ? c'est avec sévérité qu'ONANA les interpelle et les secoue, pour qu'ils se décarcassent, qu'ils réagissent, qu'ils se prennent en mains. Cela ne saurait se faire en cherchant 'à paraître ce que nous ne sommes pas'. Il constate tristement que 'jamais une race ne s'est autant reniée,
abâtardie et prostituée culturellement que la nôtre.' (6) Et il
s'attaque à 'ceux qui les véhiculent et les symbolisent le mieux : l'élite et l'intelligentsia noires.' (7)

J'aurais voulu mettre tant d'extraits sous les yeux du lecteur pour qu'il juge de leur pertinence, je ne peux que vivement recommander de se procurer le livre. En vérité, toute personne qui voudrait être au fait de la question noire en France, de celle des immigrés en général, devrait absolument lire ce livre. On se souvient de Je suis noir et je n'aime pas le manioc, de Gaston Kelman, qui avait amorcé la question.
 
Voici Sois nègre et Tais-toi dont la couverture, entièrement noire, annonce la couleur.
Je recommande particulièrement les chapitres 'La tolérance, une vertu française ?' ;

'Singeries nègres et mystifications blanches' et 'Les relations
intercommunautaires' où l'on voit que, si l'on peut s'étonner de l'inimitié entre les euro-étrangers et les Noirs, entre les Africains et les Maghrébins (qui parfois partagent la même religion – mululmane – ), on trouve encore plus insolite la ''vieille rivalité afro-antillaise'.

Pourtant, au regard des autres communautés, cela ne fait aucune différence (un Noir est un Noir), même si l'Antillais s'échine à se distinguer de l'Africain. Mais y a-t-il vraiment une différence ?

'Le seul réel avantage des Antillais sur les Africains est leur citoyenneté française, qui leur ouvre les portes de la fonction publique. Encore, n'y occupent-ils généralement que des postes subalternes : à la Poste, dans les établissements hospitaliers, dans la police et l'armée. Alors, d'où vient cette promptitude à s'en prendre aux originaires d'Afrique plutôt qu'au commun des Français ?
 
La vérité c'est que les ressortissants d'outre-mer
sont directement confrontés à la concurrence des Négro-Africains pour les petits boulots. Il est d'ailleurs révélateur que d'une élection à l'autre, ils soient de plus en plus nombreux à voter Front National' (8)

Tous les Noirs, qu'ils viennent d'Afrique ou des DOM-TOM, devraient unir leurs forces s'ils veulent être entendus, s'ils veulent réagir efficacement contre les misères qui leur sont réservées. D'une façon générale, Jean-Baptiste ONANA déplore le fait que : « les différentes communautés présentes sur le sol hexagonal s'ignorent royalement (...) Quand ils daignent se rencontrer, c'est généralement dans un cadre professionnel, confessionnel ou événementiel obligé et rarement dans celui d'une convivialité délibérément souhaitée. Ainsi, pour le
commerçant chinois, turc ou pakistanais, un Africain méritera d'autant sa considération qu'il se révélera client ou acheteur. Le reste du temps, mieux vaudrait pour lui qu'il aille se faire voir ailleurs. (9)

Trois voix retentissent en écho dans cet ouvrage : celle de l'auteur de Peau noire, masques blancs ; celle du Général de Gaulle et enfin celle de toutes les personnes dont Jean-Baptiste ONANA a recueilli le témoignage dans le cadre de cet ouvrage, et dont la lecture est éminemment édifiante.

Jean-Baptiste ONANA, Sois Nègre et tais-toi !
Editions du Temps, 2007. 256 pages. 14,90 €.
Un livre à lire absolument.

L'auteur
Juriste de formation, Jean-Baptiste ONANA est Docteur en aménagement et enseignant universitaire en Géopolitique. Il a également été un membre actif de SOS Racisme.

10:24 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

16/02/2008

Fonds électoral minimum ....

Le dessin de Matiz
13-02-2008

Si on veut atteindre les sommets aux USA, il vaut mieux avoir un bon paquet de dollars. Fonds électoral minimum : 41 100 000 $ pour le républicain John McCain, 102 170 000 $ pour Barack Obama et 115 650 000 $ pour Hillary.

Hebdomadaire du Parti de Travail de Belgique | bd M. Lemonnier 171, 1000 Bruxelles | 38e annee n° 6 (1689) du 13 février 2008

Découvrez cette nouvelle formule et prenez un abonnement à l'essai

22:33 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/02/2008

15/02/2008: Rue Royale, l'Etat belge investit dans une morgue (vidéo) ...



-------- Message original --------

Sujet: Rue Royale, l'Etat belge investit dans une morgue (vidéo)
Date: Fri, 15 Feb 2008 20:21:05 +0100
De: Michel Collon <michel.collon@skynet.be>



Rue Royale, l'Etat belge investit dans une morgue (vidéo)
VANESSA STOJILKOVIC

150 personnes font la grève de la faim à Bruxelles. Depuis 45 jours.
A travers ce mini-reportage, ils vous expliquent pourquoi.

Vous pouvez leur être d'une très grande aide en écrivant un mail au ministre Dewael.
patrick@dewael.com

Pour lui demander de régulariser ces sans-papiers qui vivent depuis de nombreuses années en Belgique.
Ils participent à l'économie du pays, mais n'y ont aucun droit. Ils veulent vivre.

http://fr.youtube.com/watch?v=hOSSWKtG_5k


Intégrez cette vidéo sur votre site Web.
Copiez-collez ce code pour intégrer cette vidéo.

21:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

13/02/2008

16/10/2007: Blackwater peut être légalement ce soir dans votre ville ...

Blackwater peut être légalement ce soir dans votre ville
Naomi Wolf  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
NOUS NE FERMERONS PAS NOS GUEULES…
Depuis quelques mois je parcours l’Amérique, du Colorado à la Californie, et je parle avec des Américains de toutes les couches de la société sur les questions des libertés, sur les attaques qu’elles subissent en ce moment et sur le programme en dix étapes qui est en cours pour faire de ce pays une société fermée et répressive.
 
NOUS NE FERMERONS PAS NOS GUEULES…
[par Naomi Wolf - 10/10/2007 - Trad. Grégoire Seither]
(Naomi Wolf est l’auteur de l’ouvrage “The End of America: A Letter of Warning To A Young Patriot”.)
http://libertesinternets.wordpress.com/2007/10/13/naomi-wolf-les-americains-ont-peur-et-ils-nont-pas-honte-de-le-dire/


La bonne nouvelle est que les Américains se sont réveillés et sont conscients des dangers qui les guettent. Quand je me suis mis en route je pensais que j’allais affronter de l’opposition, de la résistance ou au moins de l’incrédulité quand je parlerais de l’obscurité qui s’étend lentement sur notre pays et l’héritage de liberté que nous ont légué nos ancètres.

Mais je me retrouve à parler devant des assemblées qui n’ont pas besoin de moi pour être inquiètes. Des gens qui ont peur, qui ont perçu depuis longtemps le danger qui grandit et la société qui se prépare.

A mon grand soulagement, j’ai redécouvert une société américaine qui est intelligente et alerte, courageuse et indomptable, des gens qui n’ont pas peur d’entendre des mauvaises nouvelles et d’agir en conséquence. Et ce sont des patriotes, des vrais, qui aiment leur pays à cause des valeurs sur lesquelles il a été construit.

Mais je suis écorchée vive par les histoires que l’on vient me raconter lors de ces réunions. Et je n’arrive plus à lire mes mails ces derniers temps, tellement ils sont pleins de témoignages effarants.

Et partout où je vais, il y a toujours, au moins une fois par jour, une personne dans l’assemblée qui se lève pour parler. Elle a toujours l’air solide et forte, courageuse… et soudain elle va se mettre à pleurer, submergée par la peur, au beau milieu de son témoignage.

L’autre jour, à Boulder, une jeune mère de deux deux enfants, la trentaine, l’image même de la jeune américaine dynamique, s’est effondrée alors qu’elle me parlait : “Je suis outrée par tout ce que j’entends et vois, je voudrais tellement faire quelque chose ! Mais j’ai tellement peur. Je regarde mes enfants et j’ai peur. Comment lutter contre cette peur qu’ils ont plantée en nous ? Qu’est ce qui est mieux pour l’avenir et la sécurité de mes enfants ? Est-ce que je dois agir et tenter de changer les choses ou bien me taire et ne pas me faire remarquer ? J’ai tellement peur de me retrouver fichée quelque part.“

A Washington DC, la semaine dernière, un directeur de service dans une administration, ancien joueur de foot, beau gosse, probablement membre du Parti Républicain, m’a confié, loin des micros, qu’il avait peur de signer le papier autorisant le FBI d’accéder à toutes les informations le concernant, comme l’y encourage l’agence anti-terroriste. “Mais en même temps, j’ai peur de ne pas le signer, si je ne le fais pas, je risque de perdre mon boulot, ma maison… c’est comme en Allemagne lors du fichage des fonctionnaires” me dit-il d’une voix résignée.

Ce matin, à Denver, j’ai parlé pendant plus d’une heure avec un très haut et très courageux gradé de l’armée, hautement décoré qui s’est retrouvé sur la liste des personnes surveillées (et interdites de prendre l’avion) parce qu’il a critique la politique de l’Administration Bush. Il m’a montré des documents qui prouvent que non seulement il est surveillé par les services secrets mais que toute sa famille est également espionnée et harcelée. Tout au long de sa carrière militaire, cet officier a mené de nombreuses missions très dangereuses au service de son pays, mais aujourd’hui, quand il me parle de sa crainte que ses enfants soient harcelés par le gouvernement à cause de ses opinions, sa voix se brise.

Ailleurs je suis abordé par un avocat qui travaillait pour le Ministère de la Justice. Un jour elle s’est opposée à “l’interrogatoire musclé” d’un détenu qui subissait une technique reconnue comme étant de la torture. Non seulement elle s’est retrouvée devant une commission de discipline mais en plus elle a été sujette à une enquête criminelle, a perdu de l’avancement, a vu son ordinateur fouillé et ses mails effacés… et maintenant elle est sur la liste noire et ne peut plus prendre l’avion.

Lors d’une conversation dans une soirée un technicien informatique travaillant pour une grande compagnie aérienne - et qui ne fait pas mystère de sa sympathie pour le Parti Républicain - m’explique qu’une fois que vous êtes sur la liste, il est impossible d’en sortir. “Même si on te dit que ton nom est effacé, ce n’est pas vrai, nous avons un système double qui n’efface jamais rien.”

Elisabeth Grant, de la coalition contre la guerre, a montré lors d’une conférence de presse la note manuscrite et le petit drapeau américain retrouvé dans sa valise après un voyage en avion. La note disait que l’agence anti-terroriste n’appréciait pas ses lectures.

Comme à l’époque du Mur de Berlin, quand je fais le queue pour me faire fouiller dans les aéroports, je me surprends à passer une nouvelle fois en revue le contenu de mon sac.

L’autre jour, à New-York, je me suis fait violence en jetant à la poubelle un exemplaire du dernier livre de Tara McKelvey “Monstering” que j’étais entrain de lire. Cet excellent ouvrage dénonce les pratiques d’interrogation utilisées par la CIA. Malgré le fait que j’avais acheté le livre dans une librairie grand public en ville… on ne sait jamais, il contient des informations “classifiées” et on pourrait m’accuser de faire le jeu des terroristes en les lisant.
(…)
Dans mon Amérique à moi, celle qu’on m’a apprise à l’école, on ne se comporte pas comme ça.
(…)
Et tout le monde me pose la même question : que pouvons nous faire ?

Cette avalanche de témoignages d’abus et d’atteintes aux libertés des citoyens américains montre clairement qu’un réseau criminel et de surveillance est entrain de prendre de plus en plus de citoyens innocents dans ses filets. Il est évident que ceci n’a rien à voir avec la démocratie — ni même avec l’habituelle corruption de la démocratie. Et il est clair que nous aurons besoin d’une action plus énergique que de simplement envoyer des lettres à notre député.

Les gens qui viennent témoigner ne sont pas des illuminés anarchistes, Ils sont de toutes les obédiences politiques, conservateurs, apolitiques, progressistes. La première régle d’une société en cours de fermeture ou bien déjà fermée est que ton alignement avec le parti politique au pouvoir ne te protège en rien; dans un véritable état policier, personne n’est à l’abri.

Je lis mon journal le matin et je n’en reviens pas :

Sept soldats ont publié une lettre dans le New York Times pour critiquer la guerre : peu de temps après, deux sont morts dont un d’une balle dans la tête tirée à bout portant.
Une femme comptable de l’armée qui voulait dénoncer les abus et détournements financiers est morte dans son baraquement, abattue d’une balle dans la tête, ici aussi à bout portant.
Pat Tillman, qui avait écrit un mail à un ami où il envisageait de dénoncer des crimes de guerre dont il avait été témoin : une balle dans la tête.
Donald Vance, un employé de l’armée qui avait dénoncé des trafics d’armes au sein de l’armée en Irak — kidnappé par des soldats US à l’intérieur même de l’Ambassade US de Bagdad et enfermé et torturé pendants des semaines sur une base militaire US, sans accès à un avocat — et officiellement menacé des pires représailles s’il parlait à quiconque à son retour au pays.
Et dans le dernier numéro de Vanity Fair un sous-traitant de l’armée qui avait dénoncé des malversations raconte qu’il a été kidnappé par des soldats US masqués et armés, passé à tabac toute une nuit dans un préfabriqué avant d’être expulsé d’Irak le lendemain. L’administration militaire a refusé d’entendre sa plainte et l’a fait éjecter du bureau.
Ce matin le New York Times écrit que le Département d’Etat (employeur des mercenaires de Blackwater USA) refuse officiellement de coopérer avec le Ministère de la Justice ou le FBI dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de 17 civils irakiens innocents. La Maison Blanche soutien l’attitude méprisante du Département d’Etat vis à vis de la justice de ce pays.

Ce n’est pas une information anodine. Mes lecteurs qui ont retenu quelque choses de l’histoire du XXè Siècle seront horrifiés mais pas surpris. La “Deuxième Etape” de la fermeture d’une société ouverte est la démonstration par l’Etat aux citoyens que la force paramilitaire est au dessus des lois du pays et que la loi ne peut donc plus servir de refuge à la dissidence.

En permettant au FBI et à la CIA d’arrêter n’importe quel citoyen américain et de le priver de ses droits légaux, le Ministre de la Justice a fait comprendre aux citoyens américains une leçon très simple : Nul d’entre vous n’est à l’abri de l’arbitraire d’Etat. Nous pouvons venir comme cela nous chante, enfoncer votre porte et vous faire disparaître pour toujours… en toute légalité.

(…)Si l’administration de ce pays annonce publiquement qu’elle ne sanctionnera pas les agissements criminels de ses propres employés en Irak et fera obstacle à la justice — alors est ce que les députés du Congrès auront le courage d’affronter les agissements similaires de Blackwater quand cette société remportera le contrat qu’elle convoite, celui de la sécurité intérieure aux Etats-unis ?

Ou bien cette force paramilitaire et protégée par l’Etat sera t’elle assez puissante pour intimider nos représentants — et nous mêmes ?

Est-ce que nous oserons encore manifester dans la rue si nous savons que nous risquons de recevoir le même traitement que les civils de Bagdad, mitraillés depuis des hélicoptères de Blackwater ? Est-ce qu’un député osera proposer une loi contre Blackwater s’il sait qu’il peut se faire tuer d’une balle dans la tête, en toute impunité ?

(…) N’oubliez pas que, dans la situation actuelle, le Department of Homeland Security a le droit légal de déployer les mercenaires de la société Blackwater dans votre ville dès ce soir. (…)

22:02 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/02/2008

08/02/2008: IMPORTANT JUGEMENT EN BELGIQUE CONTRE L'APPLICATION DES LOIS ANTI-TERRORISTES ...

Annie Lacroix-Riz [mailto:annie.lacroix-riz@wanadoo.fr]
Envoyé : vendredi 8 février 2008 07:11
À : 'Jean Pestieau'
Objet :  POUR INFO: IMPORTANT JUGEMENT EN BELGIQUE CONTRE L'APPLICATION DES LOIS ANTI-TERRORISTES

 
Cher Jean,
Voilà un événement important et encourageant.
 
Amitiés,
 
Annie
 

De : Jean Pestieau [mailto:jean.pestieau@wol.be]
Envoyé : jeudi 7 février 2008 23:26
À : cpg@int.kke.gr
Objet : POUR INFO: IMPORTANT JUGEMENT EN BELGIQUE CONTRE L'APPLICATION DES LOIS ANTI-TERRORISTES
 
DHKP-C : Bahar Kimyongur acquitté à Anvers
MARC METDEPENNINGEN
LE SOIR
jeudi 07 février 2008, 22:43
Quatre des sept militants du DHKP-C acquittés. Les reproches politiques adressés à Fehryie Erdal et ses compagnons écartés.
 
Le ministre de l’Intérieur respecte
Le ministre de l'Intérieur Patrick Dewael (Open VLD) respecte la séparation des pouvoirs, a indiqué son cabinet jeudi, en réaction à l'arrêt de la cour d'appel d'Anvers qui a acquitté sept membres présumés du mouvement turc d'extrême gauche DHKP-C d'appartenance à une organisation criminelle à visée terroriste.
« Le ministre respecte le pouvoir judiciaire », a indiqué le cabinet du ministre Dewael. Ce dernier avait récemment plaidé en faveur d'un pouvoir accru des services de police et de sécurité en matière de lutte contre le terrorisme. Il avait aussi dit vouloir relancer le débat, au Parlement, sur la mise hors-la-loi de certaines organisations, comme le DHKP-C ou « Blood and Honour » (extrême droite).
(d'après Belga)
Un tonnerre d'applaudissements a salué, jeudi sur le coup de 16 h 30, l'acquittement par la cour d'appel d'Anvers de 4 des 7 inculpés du procès du DHKP-C, cette organisation turque d'extrême gauche (responsable de 300 assassinats en Turquie et qualifiée de terroriste par le Conseil de l'Europe) dont des sympathisants avaient été trouvés, le 20 septembre 1999 dans un appartement de Knokke-Heist en possession d'armes, de faux papiers et de documents se rapportant à la lutte armée menée par le DHKP-C en Turquie.
L'arrêt, dont la lecture s'est prolongée durant plus de quatre heures, exonère les inculpés de toute participation à une organisation terroriste ainsi qu'à une organisation criminelle. Il déboute aussi de sa constitution de partie civile l'Etat turc qui n'a, selon la Cour, subi « aucun dommage matériel ou moral ». Fehryie Erdal, en cavale depuis sa rocambolesque fuite en septembre 2006 dans le centre de Bruxelles alors qu'elle était filée par la Sûreté de l'Etat, écope de deux ans de prison avec sursis de 5 ans pour ce qui excède la détention préventive déjà subie. Formellement, elle serait donc libre de circuler à nouveau en Belgique. Elle fait toutefois l'objet d'un mandat d'arrêt lancé par la Turquie pour le meurtre de trois personnes en 1996 à Ankara.
Le ressortissant belge Bahar Kimyongur, l'autre « vedette » de ce procès, a été acquitté. Condamné à 5 ans de prison par la cour d'appel de Gand en novembre 2006, il est désormais réputé être innocent de l'accusation formulée par le parquet fédéral, et validée à Gand, d'avoir été le « chef d'une organisation criminelle à visées terroristes ».
Dans cet arrêt, les magistrats ont estimé que chacun des prévenus ne pouvait être tenu responsable que des faits légalement établis à sa charge. Ils ont dit ne pas avoir égard au contexte politique ou international de cette affaire, mais bien aux seuls faits reprochés aux inculpés. En ce qui concerne les acquittés, ils ont considéré que leur action, pour l'essentiel, n'avait pas outrepassé le droit de réunion, d'opinion ou de manifester.
« L'indépendance des juges »
Bahar Kimyongur, qui animait le bureau d'information du DHKP-C à Bruxelles, était ainsi accusé d'avoir commenté sur les antennes de RTL-TVI un communiqué du DHKP-C excusant l'organisation turque de l'explosion accidentelle d'une bombe transportée par l'une de ses militantes à Ankara. Il lui était aussi reproché d'avoir transmis aux occupants de l'appartement de Knokke sa carte bancaire et une copie de sa carte d'identité et de sa signature. Depuis sa condamnation, Kimyongur avait bénéficié d'un vaste mouvement de mobilisation contestant l'application des lois antiterroristes. En avril 2006, il avait été arrêté aux Pays-Bas suite à une opération montée par le gouvernement belge pour organiser illégalement son extradition vers la Turquie, ainsi que nous l'avions révélé.
Musa Asoglu, l'un des occupants de l'appartement de Knokke et qui fut le chauffeur de Fehryie durant sa fuite, a été condamné à 3 ans de prison avec sursis de 5 ans pour ce qui excède sa détention préventive. Il reconnaissait la possession d'armes et de faux papiers. Condamné à 7 ans en première instance il avait passé plusieurs mois en prison (comme ses coïnculpés condamnés à des peines de 4 à 7 ans) dans des conditions de sécurité extrême dénoncée par ses avocats. A l'issue du prononcé, Bahar Kimyongur s'est réjoui de « l'indépendance des juges anversois qui ne sont pas tombés dans le panneau du parquet fédéral ». Il a assuré « mener une lutte démocratique pour le droit des prisonniers politiques en Turquie ».
 
 
 
 
COMITÉ POUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET D’ASSOCIATION
www.leclea.be
 
 
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Procès DHKP-C 
Un verdict aux attendus tant attendus...
 
 
 
Avec le verdict de la Cour d’Appel d’Anvers rendu ce jeudi 7 février 2008, trois juges ont –cette fois– décidé de ne plus capituler. En refusant de criminaliser le DHKP-C («Au regard de son existence et des actions que cette organisation a menées en Belgique, le DHKP-C n’y a été ni une association de malfaiteurs, ni une organisation criminelle, ni un groupe terroriste»), la Cour n’a pas seulement voulu discréditer les exigences de l’Etat turc: elle n’a pas accepté de restreindre la liberté d’expression, dans notre pays, du citoyen belge Bahar Kimyongür.
 
 
 
Plus de huit ans après avoir débuté, l’affaire dite du DHKP-C vient donc de connaître un nouvel épilogue.
Les sept membres de l’organisation d'extrême gauche turque ont tous été acquittés des préventions d'appartenance à une organisation «criminelle et terroriste».
Trois prévenus ont été sanctionnés d’une peine avec sursis: Musa Asoglu (3 ans de prison), Fehriye Erdal (2 années) et Kaya Saz (21 mois) –la Cour d'appel les ayant reconnu coupables d'infractions à la loi sur les armes et de faux en écriture.
Par contre, les préventions d'association de malfaiteurs et d'appartenance à un groupement  terroriste n'ont pas été retenues. Les sept prévenus sont acquittés sur ce point. Parmi eux, Bahar Kimyongür, que le procureur Johan Delmulle s’évertuait à accuser d’être l’un des dirigeants hautement dangereux de l’organisation révolutionnaire turque. En réalité, il n’avait été –entre 1995 et 2006– que le porte-parole efficace d’un Bureau d’information qui, à Bruxelles, s’évertuait à dénoncer le sort ignoble réservé par la Turquie aux prisonniers politiques de ce pays.
Sükriye Akar, Dursun Karatas, Bahar Kimyongür et Zerrin Sari ont donc été acquittés sur toute la ligne.
À travers ce jugement sans appel, la Cour d’Anvers (soumise pourtant, jusqu’aux derniers moments, aux pressions du Ministre de l’Intérieur Patrick Dewael) aura ainsi pris à contre-pied les résultats judiciaires escomptés par la Turquie (un Etat qui, en Europe, reste en tête des pays portant atteinte aux droits de l’Homme) : bâillonner un de ses opposants (B. Kimyongür) et illégaliser un mouvement d’opposition politique au régime d’Ankara –en faisant passer cette organisation de gauche pour une bande criminelle.
 
SCANDALES A LA CHAÎNE
Avec le présent Arrêt, c’est donc la troisième fois qu’un tribunal était appelé à se prononcer sur un dossier monté de toutes pièces, où l’accusation n’aura cessé d’arranger la réalité pour mieux déranger la vérité. Car cette affaire correctionnalisée –traversée de scandales incessants– avait d’abord versé dans la parodie (avec la nomination, manigancée par le Procureur fédéral Johan Delmulle, d’un juge tout spécialement désigné à la tête du tribunal de première instance) pour se renverser dans l’ignominie: le 26 avril 2006 (à l’instigation de la Ministre de la Justice Laurette Onkelinx), une coalition de fonctionnaires –appartenant aux plus hautes sphères de l’Etat– avait secrètement décidé de laisser extrader Bahar Kimyongür vers la Turquie en chargeant la police hollandaise de le kidnapper.
Ainsi, après tant d’années malmenées
où l’instruction judiciaire aura été manipulée par la gendarmerie et le Procureur fédéral Delmulle;
où Fehriye Erdal aura été, selon le Conseil d’Etat lui-même, emprisonnée préventivement «plus que de raison»;
où aura été mis sur pied un tribunal d’exception pour être sûr, en première instance, d’aboutir à un jugement à la sévérité exemplaire;
où la ministre de la Justice aura refusé, par cinq fois, de faire appliquer les Arrêts des tribunaux lui enjoignant ainsi qu’à l’administration pénitentiaire de ne plus soumettre Sükriye Akar, Musa Asoglu et Kaya Saz à des conditions de détention dégradantes et contraires aux droits de l’Homme (ce qui avait pourtant été le cas, de février 2006 à février 2007)… ;
après tant d’années malmenées, on se gardera de ne pas rappeler cet ultime sursaut d’une partie de la magistrature : le 19 avril dernier, la Cour de Cassation prononçait un Arrêt «rarissime» dans les annales judiciaires de notre pays. Coup sur coup était cassé le jugement rendu en première instance et fracassé l’Arrêt dispenen Appel par les tribunaux chargés de juger les prévenus… En cause ? La nomination, entachée de suspicion, du juge Freddy Troch à la tête du tribunal correctionnel du premier degré –une manœuvre organisée par le Procureur fédéral Delmulle et que les juges d’Appel avaient, «à tort», accepté d’avaliser. Conséquence: l’affaire a été renvoyée devant la Cour d’Appel d’Anvers cette fois.
 
RAPPEL DES FAITS
Suite à l’arrestation de «Neşe Yildirim », Musa Asoglu et Kaya Saz le 26 septembre 1999 à Duinbergen, l’instruction conduite par le juge Buysse portait sur des faits circonscrits et limités territorialement : à travers l’association de malfaiteurs étaient visés «la possession d’armes; le vol, le recel de matériel électronique et de documents d’identité; les faux et l’usage de faux», toutes choses retrouvées à Knokke. C’est tout. Mais, lorsque «Nese Yidirim» sera identifiée sous son vrai nom, l’affaire va prendre –de fait– un tour ouvertement politique : selon la Turquie, Fehriye Erdal aurait prêté son concours à l’assassinat d’Özdemir Sabanci –un mandat d’arrêt international étant lancé contre elle pour «tentative de renverser l’ordre constitutionnel». Néanmoins, le juge chargé de l’enquête ne changera pas la géographie des préventions initiales: les incriminations pénales ne concerneront pas d’actes éventuellement commis en Turquie.
Progressivement cependant, l’instruction judiciaire va totalement échapper au juge brugeois : non seulement elle sera réorientée par la gendarmerie et le Parquet fédéral (d’abord sous la pression de Michèle Coninsx puis de son successeur, Johan Delmulle), mais d’autres personnes –soupçonnées d’avoir également des liens avec le DHKP-C, tel B. Kimyongür– vont également faire l’objet de poursuites dans le même dossier. Cette mise sous tutelle va aussi se concrétiser lors de la clôture de l’instruction, alors que tous les devoirs d’enquête ont été accomplis par le juge Buysse. Juste avant d’être transmis à la Chambre du Conseil, le dossier est alors remis aux parties et au Ministère public, ce dernier ayant le droit d’y ajouter ses propres réquisitions –ce que ne manquera pas de faire J. Delmulle. Le magistrat fédéral va, en effet, requalifier la prévention concernant l’accusation d’association de malfaiteurs, en la complétant par huit mots: «(…) en vue de commettre des attentats en Turquie». Cette reformulation de dernière minute (qui va servir de brèche à l’Etat turc pour se constituer partie civile) a une conséquence immédiate: elle induit une malversation dans la procédure, manifestement attentatoire à la régularité du procès. Comme l’instruction n’a pas inclus d’investigations en Turquie (qui auraient pu utilement démontrer l’emprise militaire qui a écrasé ce pays depuis 1981), elle est partiale parce que partielle.
 
COUPS DE FORCE CONTRE LE DROIT
Devant la Cour d’Anvers (septembre 2007), les avocats de la défense ont contesté (comme à Bruges et à Gand) une série d’incidents et d’abus de pouvoir qui avaient déjà dévoyé les deux verdicts antérieurs : des manœuvres qui, au final, avaient contribué à restreindre (voire à anéantir) une série de droits auxquels les prévenus auraient dû normalement prétendre. Ces éléments préjudiciels s’étaient notamment cristallisés à travers une instruction «unilatérale», la correctionnalisation d’un dossier pourtant explicitement politique, des poursuites  engagées au nom de préventions pénales totalement inventées, et l’illégitimité de la partie civile.
L’instruction judiciaire a été illégalement conduite, afin qu’elle reste un manifeste uniquement «à charge» des prévenus.
Dès 1999, l’instruction judiciaire avait été carrément manipulée par la gendarmerie et le Parquet fédéral. Dans le dossier monté, dans un premier temps, contre 11 membres présumés du DHKP-C n’avaient été respectées ni la loi ni la jurisprudence. Celles-ci recommandent pourtant que l’ensemble des faits allégués soient l’objet d’une instruction à charge mais aussi «à décharge»… Ce qui n’avait pas été le cas. L’instruction se devait donc d’être reprise, en brisant son caractère unilatéral.
A Anvers, le Président Stefaan Libert répondra positivement à cette exigence des avocats, ceux-ci utilisant plusieurs audiences pour éclairer les trois juges de la Cour d’Appel sur la situation des droits de l’Homme prévalant en Turquie, sur la légitimité de s’y défendre contre la violence et l’autoritarisme de l’Etat (le dernier putsch de l’armée, au début des années 80, ayant instauré une dictature épouvantable et l’arrestation de 650.000 personnes). En réalité, derrière un façadisme démocratique, les militaires tiennent encore et toujours les rênes du pouvoir («En 1997, il y à peine dix ans, les forces armées n’ont pas hésité à renverser le gouvernement dirigé par l’islamiste modéré Erbakan. Il ne leur plaisait pas, alors que le Premier ministre disposait d’une large majorité parlementaire. Pour l’intimider et précipiter son départ, l’armée a ainsi fait défiler les chars dans le quartier Sincan d’Ankara. Est-ce que vous trouvez cela normal ? Erbakan, on aurait pu le comparer à une sorte de ponte du CVP d’il y a vingt ans… Idem en 1994, quand les militaires avaient envahi l’Assemblée nationale pour y arrêter la députée du DEP, Leyla Zana. Son crime: avoir prononcé des paroles en kurde et porté dans ses cheveux un ruban aux couleurs du Kurdistan. Elle avait aussitôt été condamnée à 15 années d’emprisonnement et plusieurs autres députés du même parti à 50 années de prison. En Turquie, nous sommes dans un tout autre monde» (Jan Fermon, avocat de M. Asoglu, audience du 15 novembre).
En réalité, la Turquie détient toujours le record des violations de la Convention européenne des droits de l’Homme (en 2007, le nombre d’Arrêts –rendus par la Cour européenne de Strasbourg en défaveur de ce pays– s’est monté à… 175), et compte toujours des milliers de prisonniers politiques détenus dans des conditions innommables («Dans les Mémoires qu’ils viennent de récemment publier, d’anciens militaires de haut rang détaillent, sans manières, les tortures les plus recommandées: le supplice de la falaka consistant à frapper sans relâche sur la plante des pieds; suspendre les corps des interrogés au plafond, le temps qu’il faudra; faire passer des décharges d’électricité dans les parties génitales… La police utilise couramment des techniques de torture aux noms sonnants comme "la fosse d’aisance" (où la victime est immergée dans une fosse d’excréments), ou celles de "l’homme bleu" (un sac en plastic mis sur la tête jusqu’à ce que la personne devienne bleue)». «Amnesty décrit le cas de deux étudiants torturés pour avoir fait signer des pétitions. Ils ont été plongés dans l’eau glacée et sodomiser avec une matraque». Une affaire, comme toutes les autres, classées «sans suites»«Selon le doctorat de Jan Peter Loof, sorti en 2005 à l’université hollandaise de Leiden ("Droits de l’Homme et sécurité d’Etat"), la Turquie est "le champion en matière de violations des droits fondamentaux, et entretient sur son territoire un état d’exception permanent en y organisant une véritable terreur d’Etat"» (les avocats de la défense, 15 novembre 2007).
 
Le Procureur Delmulle a, par deux fois au moins, fait avaliser des préventions pénales qui n’existent pas dans le Droit belge. Par deux fois, des juges –censés appliquer la loi– ont pourtant accepté de le suivre dans ses forfaitures.
Au cours des procès de Bruges et de Gand, le Procureur est parvenu (sans aucun mal) à embobiner les juges –évoquant la notion d’association de malfaiteurs «à visée terroriste». Une prévention qui n’existe pas dans notre Droit ? Peu importe. Inventée pour la circonstance, cette infraction inédite était une manière de qualifier rétroactivement des faits mis à charge des prévenus (alors qu’au moment de l’exécution de ces faits, en 1999, aucune législation antiterroriste n’avait encore vu le jour).
Qui plus est. Les tribunaux de Bruges et de Gand ont, à chaque fois, sévèrement condamné les prévenus au titre de membres d’une association de malfaiteurs agissant «contre un Etat».
Sollicités à Anvers à propos de cette innovation pénale, les juges ont dû se rendre à l’évidence et convenir que les incriminations initiales A et B devaient absolument être amputées de leurs treize derniers mots («Avoir été l'instigateur d'une association ayant pour but de commettre un attentat sur des personnes ou des propriétés [ou d'en avoir fait partie en tant que chef ou d'y avoir commandé de quelque manière que ce soit] –l'association existant par l'unique fait de la constitution de cette bande, ayant pour objectif de commettre des attentats sur des intérêts de l'Etat turc»)…
 
La désignation de l’Etat turc au titre de partie civile au procès est un coup de force judiciaire, alors que cette qualification était et reste parfaitement illégitime.
A Anvers, une nouvelle fois, l’Etat turc entendait participer au procès alors qu’il n’en a pas la compétence. C’est d’ailleurs ce que le jugement de première instance, tel qu’énoncé par la 14ème Chambre correctionnelle de Bruges en date du 28 février 2006, avait finalement dû reconnaître :  «L’Article 3 du Code d’Instruction criminelle détermine que la réclamation judiciaire civile revient à ceux qui ont subi des dommages. Pour que la constitution comme partie civile soit recevable, la partie doit non seulement décrire son exigence de réparation des dommages, mais aussi relever qu’elle a été personnellement  dommagée (Cassation, 4 avril 1987). Il doit, de ce fait, avoir été subi un dommage personnel par le délit. La réclamation d’une personne naturelle ou d’une personne de droit ne peut être acceptée si la partie civile n’a pas un intérêt personnel et direct. Ici, la partie civile [l’État turc, NDLR] ne prouve pas quel dommage direct matériel et/ou moral elle a subi à la suite de faits qui sont mis à charge des inculpés. Ceci est jugé par le tribunal d’une manière inattaquable (Cassation, 16 décembre 1992) (…). Le fait que l’État turc a probablement un intérêt dans la punition des inculpés ne suffit pas non plus à la recevabilité de son action civile (…) [d’autant] que l’intérêt dans la punition se mêle à l’intérêt de la communauté –l’État belge– qui a confié exclusivement l’exécution de l’action judiciaire au ministère public (Cassation, 24 janvier 1996). Attendu les principes précédents, la constitution de l’État turc comme partie civile à la suite de ces méfaits doit être considérée comme non recevable»
Or, en degré d’Appel à Gand, le Président Logghe et ses deux assesseurs (dûment chapitrés par J. Delmulle) avaient récusé ce jugement indéniablement fondé –autorisant la partie turque à siéger, plaider et à se voir symboliquement dédommagée. Se faisant, ils avaient autorisé l’avocat d’Ankara à se comporter, au sein du tribunal, comme un second Procureur. Ce qui ne peut être.
La Cour d’Appel d’Anvers a refusé cette imposture.
 
LE DHKP-C…: DES CRIMINELS ?
Le Procureur fédéral Delmulle a toujours voulu que les juges condamnent les prévenus pour participation à une organisation «criminelle»….
Ce concept, on s’en souvient, avait  été introduit dans la loi pénale belge en 1999. Il s’agit donc d’une incrimination récente pour laquelle «le procès Erdal  et consorts» constituait un test. Il faut se rappeler qu’au moment où l’avant-projet de loi en avait été présenté au Parlement, un large mouvement de protestation s’était développé parce qu’on pouvait craindre que cette incrimination soit utilisée pour réprimer des courants politiques et syndicaux dérangeants. De ce fait, les versions initiales en avaient été profondément modifiées, et le concept d’«atteintes aux institutions politiques» mis de côté –les mouvements, dont le but est exclusivement politique, ne pouvant tomber sous le coup de la loi. En février 2006, le tribunal correctionnel de Bruges avait donc, à juste titre, accepté que la loi sur les organisations criminelles ne puisse pas s’appliquer au DHKP-C. Neuf mois plus tard à Gand, la Cour d’Appel (bafouant la lettre et l’esprit de la législation) affirmera le contraire.
Aussi, durant le procès devant les juges d’Anvers, la défense tiendra à pulvériser, une à une, les fameuses «preuves» avancées par le Procureur Delmulle pour accréditer l’allégation de criminalité incontestable dont le DHKP-C userait méthodiquement. La drogue, par exemple. «Le Procureur fédéral a constamment évoqué des trafics d’héroïne pour lesquels auraient été poursuivis des membres de l’organisation aux Pays-Bas. Des allégations prétendument certifiées et assénées dans un seul et même but : jeter la suspicion sur les prévenus. Or, les exemples péremptoires avancés par le Procureur n’ont jamais convaincu que lui-même, et certainement pas les juges, ni à Bruges ni à Gand. Commerce de drogue: c’est la pire des choses dont le magistrat fédéral a aussi accablé Asoglu». Alors que le DHKC n’a jamais cessé de mener campagne contre la drogue, son commerce et ses trafiquants. Par contre, n’ont jamais été assignées dans l’acte d’accusation les preuves innombrables démontrant que le Ministère de la Justice turc a –lui– bel et bien rémunéré (à l’aide de 80 kilos d’héroïne) des gangsters et des mafieux. Le «contrat» ? Assassiner, en Europe, des militants progressistes ayant fui la Turquie (dont Dursun Karatas, l’un des prévenus). En réalité, s’il est avéré qu’il y a bien des transferts réguliers de fonds (des pays d’Europe vers la Turquie) assurant ainsi au DHKP-C d’importantes ressources financières, elles proviennent de la diaspora et des milliers de sympathisants –à travers des dons, des recettes suscitées par les activités culturelles (telles les concerts), la vente des journaux de l’organisation. Pas de la drogue. Pour illustrer les turpitudes de Johan Delmulle dans le registre des avantages patrimoniaux illicitement acquis, les avocats reviendront une fois encore sur «l’affaire Taka». Ses rétroactes ? La police avait mis la main sur d’importantes quantités de drogue, convoyée dans un des camions de la société hollandaise de transport international De Lange Weg. Suite à cet arraisonnement, un procès aura lieu dont Kemal Taka (l’ex-propriétaire du camion) sortira complètement disculpé. Aucune importance: arrangeant l’histoire à sa manière, J. Delmulle la transforme en pièce montée (agrémentée de chantilly), la sert à Bruges, l’insère à Gand et la ressert devant la Cour d’Appel d’Anvers. Objectif: sataniser le DHKP-C. Jan Fermon: «Avant que ne débute le procès devant le tribunal correctionnel de Bruges, nous avions déjà demandé, à la Chambre du Conseil, d’avoir copie du jugement où Taka avait été prétendument condamné. En vain. Pour faire toute la clarté sur ce dossier, nous avions alors suggéré des devoirs d’instructions complémentaires: J. Delmulle, comme à chaque fois, a alors joué au matamore pour impressionner les juges successifs et les convaincre de refuser. Le Procureur fédéral a systématiquement fait de l’obstruction pour que n’apparaissent pas au grand jour les preuves de ses propres manipulations».
Musa Asoglu : «Kemal Taka est un de mes amis. Mais il n’a rien à voir avec un quelconque trafic de drogue. Si tel avait été le cas, pourquoi le Procureur ne m’a-t-il pas explicitement inculpé pour ce crime ? Soit on enlève du dossier pénal ce soi-disant trafic "organisé par et pour le DHKP-C", soit il faut m’inculper. Mais dans ce cas, on établira l’exacte vérité et Delmulle sera confondu…».
 
LE DHKP-C…: DES TERRORISTES ?
Lors de l’audience anversoise du 8 novembre, Musa Asoglu (l’un des principaux inculpés) fera la mise au point suivante à propos des raisons de sa militance, et du contexte pathologique dans lequel elle se sera développée (la violence systématique avec laquelle l’Etat a toujours régenté et continue d’administrer la société turque ainsi que les peuples qui la composent)…: «Moi, je vis aux Pays-Bas. Là-bas comme en Belgique, tout ce que j’ai fait s’est toujours passé dans un cadre légal. Ni le DHKC, dont je suis membre, ni le DHKP n’ont jamais commis et n’ont jamais voulu commettre le moindre acte violent en Europe. En Turquie par contre, l’organisation a justement abattu des policiers tortionnaires ou des maffieux liés et protégés par des officines d’Etat. Les armes retrouvées à Knokke étaient destinées à protéger Fehriye Erdal que des nervis, payés par Ankara, avaient été chargés d’assassiner par tous les moyen.
En fait, l’interprétation extensive du délit de «terrorisme» a été retenue contre deux des sept prévenus parce qu’ils avaient rendu public (au mois de  juin 2004) un communiqué relatant un attentat manqué en Turquie.
La loi contre les infractions terroristes date de décembre 2003. La période d’incrimination –pour laquelle les deux inculpés (Bahar Kimyongür et Musa Asoglu) sont poursuivis pour «délit de terrorisme» – couvre le premier semestre 2004 (la conférence de presse, dont se sert l’accusation pour faire agir la loi, a eu lieu le 28 juin). Or J. Delmulle a continué d’évoquer, pour asseoir irrémédiablement l’incrimination terroriste, «15 dossiers à charge de Kimyongür» relevant de faits pourtant tous antérieurs à la période incriminée. Quinze dossiers terriblement accusateurs…? Mais de quoi ? «Des manifestations, parfaitement légales, dénonçant la guerre américaine en Irak ; ou la détention administrative des plus arbitraires dont avait à souffrir Fehriye  Erdal», soulignera la défense.
Concernant la conférence de presse elle-même, il ressort clairement des procès-verbaux policiers que les verbalisants ne pouvaient  être sur place, qu’ils en ont tout simplement inventé le déroulement puisque leurs principales accusations («Asoglu et Kimyongür y ont, de leur propre initiative, lu et diffusé un communiqué revendiquant un attentat ; ils l’ont mis sur la table, etc…») sont prises en défaut par un document vidéo enregistré au moment des faits. «Qui plus est, traduire en français une information déjà connue et diffusée en Turquie… est-ce  délictuel ?».
Selon le Procureur, le Bureau d’Information (dont les deux prévenus avaient la qualité de porte-parole) était incontestablement un lieu de subversion. «Pourquoi, dès lors, la ministre de la Justice en personne a-t-elle encore déclaré, en septembre 2004, que les services de l’Etat n’avaient absolument rien à reprocher au Bureau ? Pourquoi les autorités ont-elles choisi Musa Asoglu pour servir d’intermédiaire entre le Cabinet et Erdal, assignée à résidence? Pourquoi le Procureur n’a-t-il pas diligenté des perquisitions rue Belliard pour faire valoir, dans le dossier pénal, les preuves incontestables d’un activisme dangereux ?» (Jan Fermon, audience du 14 novembre 2007).
La loi antiterroriste du 19 décembre 2003 ? Elle est des plus confuses et permet des interprétations extensives excessivement dangereuses : par son article 3, en effet, «constitue une infraction terroriste… l’infraction qui, de par sa nature ou son contexte, peut porter gravement atteinte à un pays (…) ou est commise intentionnellement dans le but de contraindre indûment des pouvoirs publics (…), ou de gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays (…)». Porter «gravemen atteinte, contraindre «indûmen des pouvoirs publics, «gravemen déstabiliser les structures d’un pays…, ces adverbes au contenu torve ne peuvent indiquer clairement ce qui est licite de ce qui ne l’est pas.
De surcroît, l’instauration d’une liste européenne des organisations dites «terroristes» (adoptée en 2002 et incluant le DHKP-C) n’est que l’expression d’une exigence formulée arbitrairement par les Etats-Unis. Une liste constituée unilatéralement, sans aucun débat contradictoire, contrairement à toutes les conventions internationales. «Puisque cette liste n’a pas été régulièrement établie, a recommandé la défense en s’adressant aux juges anversois, vous ne devez pas la prendre comme référence pour accuser le DHKP-C d’être un mouvement de terreur». Un argumentaire exagéré ? Dick Marty, le rapporteur du Conseil de l’Europe sur les activité illicites de la CIA, l’avait déjà reconnu sans fard. «Les listes noires de terroristes présumés établies par l’ONU et l’Union européenne bafouent  les droits de l’Homme. La pratique actuelle des listes noires dénie les droits fondamentaux et décrédibilise la lutte internationale contre le terrorisme», avait encore tenu à souligner le sénateur suisse, dénonçant «l’absence de droits de la défense pour les personnes et organisations ainsi listées» (la presse, 13 novembre 2007).
 
 
CONCLUSIONS…
Dans ce procès très clairement politique, le Parquet fédéral –secondé, hier, par la Ministre de la Justice Onkelinx; aujourd’hui, par le Ministre de l’Intérieur Dewael– a toujours recherché à reculer les limites de l’Etat de droit et du procès équitable, au nom de la prétendue «guerre au terrorisme».
Dans cette époustouflante affaire, la lutte n’est pas terminée, loin s’en faut : il y a toujours à contester les récentes législations en matière de «sécurité publique». Car celles-ci visent à établir de nouvelles jurisprudences où des juges aux ordres iront décréter ce que l’action politique se doit de faire… pour être raisonnable, efficace, légitime et tolérée.
 

22:12 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/02/2008: La France vient de perdre une amie ...

 Vive la "Justice" ! Vive la "Démocratie" ! Vive la "Liberté" ! Vive la France, l' Europe et le "Monde libre" capitaliste, avec ... des "droits de l' homme"  !
RoRo


-------- Message original --------
Sujet: Un témoignage hallucinant de la grandeur de la France sarkozyenne
Date: Sun, 10 Feb 2008 02:08:52 EST
De: Xarlo@aol.com


Virgilio nous transmet ceci:
accrochez-vous!
********
Objet : [Resf] Fw: La France vient de perdre une amie

Par Christiane Chirikoff (Internaute) RUE89 15H04 07/02/2008



Maria Gonzalés est une jeune femme élégante de 35 ans... c'est bien! Elle est professeur... belle profession! Elle est mariée à un professeur... rien à dire! Elle est maman de trois beaux enfants... parfait! Elle est Mexicaine et aime la France... tout est super!



Elle a un passeport en règle. Elle décide de venir voir sa cousine, étudiante et jeune fille au pair en région parisienne. Aucun problème à l'horizon! Sa soeur organisera son séjour... vive la famille!



Maria prend d'abord un billet open, car elle ne sait pas exactement la date de son voyage. Lundi 26 novembre, la voilà finalement dans l'avion. Vol sans problème. A 9 heures, sa cousine Karla attend à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle. L'avion a atterri depuis déjà quelque temps, mais elle attend toujours.



Personne ne peut dire où est Maria, qui ne parle pas un mot de français. Sa cousine est inquiète, elle remue ciel et terre. On lui conseille enfin de voir la Croix rouge, qui lui apprend que Maria est à la Zapi 3, le centre de rétention de l'immigration.



On précise à Karla que Maria n'a le droit de communiquer ni avec sa famille au Mexique ni avec sa famille en France. Que lui reproche-ton? Des choses extrêmement graves: ne pas avoir une attestation signée de logement (avec preuve d'identité) ou une réservation ferme d'une chambre d'hôtel. Mais aussi de ne pas avoir une attestation d'assurance de rapatriement en bonne et


due forme -même si elle possède une carte bleue!



Somme minimale à avoir: 25 euros par jour



On reproche aussi à la touriste mexicaine de ne pas avoir sur elle, en euros, la somme minimum de 25 euros par jour pour toute la durée du séjour. Sa cousine met du temps à comprendre tout ce qu'on demande à Maria. C'est la Croix rouge qui lui indiquera que le centre de rétention exige toutes ces preuves.



C'est alors que la cousine de Maria me téléphone. Pas de problème: je veux bien prouver qu'il y a une chambre chez moi pour Maria, que connaît bien mon fils, qui vit au Mexique. En fait, il m'arrive souvent de prêter une chambre aux amis mexicains de mon fils. Il n'y avait jamais eu de problème à l'arrivée à Roissy jusque-là, alors que je n'ai jamais fourni d'attestation de logement, pourtant!



Le temps de comprendre tout cela, il se fait tard et le centre de rétention ne répond plus. C'est à l'aube, le 27 novembre, que je pars en direction de l'aéroport, toutes mes attestations sous le bras. Il se révèle alors incroyablement difficile de trouver comment se rendre au Zapi 3, dans la zone fret.



Pas de taxi pour le centre de rétention



Ce n'est pas du tout indiqué, et aucun taxi ne veut s'y rendre: "Pas assez rentable". On prend finalement un autobus jusqu'à un bâtiment sans nom en rase campagne, gris avec des petites fenêtres et des grillages très hauts.



On sonne, une voix demande ce que nous voulons. On nous répond que l'on ne rentre pas comme ça dans ces locaux. Je me fâche un peu et on nous laisse entrer. Je frappe à une porte, on me répond qu'il faut attendre: seule la police a le droit de se déplacer.



On attend. Un policier sort du bureau et nous demande pourquoi nous avons fait intrusion. Il prend tous mes papiers, justificatifs et autres preuves d'identité, et part en nous plantant là au milieu du couloir.



Le voilà de retour. Maintenant que tout est OK, peut-on voir la "coupable"? Non. Peut-on lui parler? Non. On nous suggère de rappeler vers 15 heures.



Je commence à avoir des hallucinations. Que manque-t-il? Rien: "Si elle avait eu ces papiers à l'arrivée, il n'y aurait pas eu de problème." Va-t-elle sortir, alors? Non. On nous explique que, puisque la procédure a commencé, il y a de grandes chances pour qu'elle soit remise dans l'avion.



Pour la joindre, on nous donne vingt numéros de téléphone



On ne peut toujours pas voir la "coupable". Comme j'insiste, on nous dicte vingt numéros de téléphone correspondant aux cabines téléphoniques se trouvant dans les couloirs du centre au niveau des chambres des "expulsables". On nous demande de partir. On nous dit que "c'est les nouvelles directives, un point c'est tout".



Grâce à la Croix rouge, sa cousine parvient à téléphoner à Maria, qui ne comprend toujours pas pourquoi elle est enfermée. Elle dit qu'elle a passé une nuit affreuse.



A midi, on nous apprend que Maria n'est plus au centre, mais en zone d'expulsion. On me laisse entendre que si Maria refuse l'embarquement, elle reviendra au Zapi et repassera demain devant un autre instructeur, qui sera sûrement "moins rigide"!



A trois heures, je rappelle. "On" ne sait pas, je m'énerve un peu. On confond avec un autre cas de demandeur d'asile. Je deviens folle. Dix minutes plus tard, on me dit que Maria a été embarquée sur le vol Aeromexico AM005 de 14 h 10.



Je crois que la France vient de perdre une amie.



RUE89



J'AI HONTE POUR MON PAYS

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"Du peuple la vengeance est lente, elle est lente mais elle vient"


Ainsi soit-il ! Mais vite, vite! plus vite!



21:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

08/02/2008

08/02/2008: ESPAGNE: On atteint les étoiles grâce au juge mage Baltazar ...

ESPAGNE: le franquisme est toujours là: faire interdire PAR UN JUGE 2 partis politiques à un mois des élections, bravo cela c' est de la "démocratie" ...! Ah oui, le chef du gouvernement est ... "socialiste" ! On va demander à CHAVEZ  ce qu' il en pense ...
RoRo

-------- Message original --------
Sujet:  On atteint les étoiles grâce au juge mage Baltazar
Date: Fri, 8 Feb 2008 12:55:18 EST
De: Xarlo@aol.com

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Espagne : Plus de vitrine politique pour l'ETA
[Fenêtre sur l'Europe]

A un mois des élections législatives espagnoles la justice a décidé de suspendre l'activité politique de deux partis radicaux soupçonnés d'être des prêtes noms du parti interdit Batasuna, vitrine politique de l'ETA.

La semaine dernière le gouvernement de José Luis Zapatero avait enclenché une procédure devant le Tribunal suprême visant à interdire deux partis basques indépendantistes : le Parti communiste des terres basques (PCTV) et l'Action nationaliste basque (ANV), soupçonnés de relayer le parti interdit Batasuna. ANV dirige 42 mairies en Euskadi et en Navarre.

Le juge Garzon a estimé que ces deux partis étaient "sur le point" d'intégrer l'organisation indépendantiste basque ETA et leur reproche aussi d'avoir détourné un partie des financements publics dont ils bénéficiaient au profit de Batasuna.

Le juge a décidé la suspension de leur activité politique pendant trois ans, reconductible deux ans. Ils ne pourront donc pas présenter de candidats aux élections organisées pendant cette période.

Cette décision était attendue et confirme le durcissement de la justice espagnole envers l'ETA et son entourage depuis la rupture, en juin dernier, de son "cessez-le-feu" de mars 2006, qui a mis fin au processus de dialogue entamé avec le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero.
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"Du peuple la vengeance est lente, elle est lente mais elle vient"

Ainsi soit-il ! Mais vite, vite! plus vite!


21:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

02/02/2008

01/02/2008: Le patrimoine des chefs d'Etat africains en France ...

C' est en EURO-DICTATURE capitaliste !
A part cela, la France enferme les Africains demandeurs d' asile dans des centres de "rétention" et, comme les autres "démocraties" européennes, les réexpédie crever dans la misère en Afrique pillée pendant des siècles par le colonialisme et ensuite par des fantoches ...

Il y a Africains et ... Africains ...
RoRo

-------- Message original --------

Sujet: LE PILLAGE COLONIAL DE L AFRIQUE
Date: Fri, 1 Feb 2008 21:54:42 +0000 (GMT)
De: FISCHER BERNARD <fischer02003@yahoo.fr>


Le patrimoine des chefs d'Etat africains en France
 
LE MONDE | 31.01.08 | 13h28  •  Mis à jour le 31.01.08 | 13h34
 
  C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.
 
Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la "Françafrique". Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
 
Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour "recel de détournement d'argent public" déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d'Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.
 
Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte
de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées.
Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé "dans des quartiers à forte
valeur marchande, soulignent les policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar
Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar
Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso
[neveu du président du Congo] ou Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président
burkinabé]".
 
La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.
 
Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au
Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches
sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son
nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue
Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une
propriété "est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2
et 176 m2) et d'une piscine", précise le procès-verbal. "Un chef d'Etat, en fonctions depuis
quarante ans dans un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut
économiser suffisamment d'argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me
François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les prix très bas de
l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans."
 
Selon les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo,
qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également propriétaire
avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux immenses logements dans le
7e arrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant – souvent
        par le 16e arrondissement parisien, l'enquête recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-
gendre d'Omar Bongo et actuel ministre des affaires étrangères, et d'autres fils du président
gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie,
ou petite-fille comme Nesta Shakita.
 
En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d'Etat visés apparaissent
comme de petits propriétaires. Discret, le président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait
qu'"utiliser",  selon les policiers, la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure
de 485 m2 était juridiquement la propriété de son frère Valentin, jusqu'à ce que, quelques
semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une société de droit
luxembourgeois aux actionnaires anonymes.
 
Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en
2007 pour 2470000 euros par l'épouse du président congolais Antoinette Sassou Nguesso. Ils
mentionnent aussi le logement de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur
fils Denis Christel, ainsi que l'hôtel particulier de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-sur-
Seine acheté 3,15 millions d'euros en 2006 par Julienne, leur fille cadette.
 
Les mêmes policiers n'ont découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais
Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d'impôt sur la fortune de
Chantal, l'épouse de ce dernier, a montré qu'elle possède deux biens immobiliers à titre
personnel dans le 16e arrondissement. Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro
Obiang est propriétaire d'un appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et bancaires, les
enquêteurs de l'OCRGDF ont non seulement dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi
des comptes bancaires accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur famille.
 
Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12 comptes dont 7 courants. Mais aucun n'apparaît au nom de son oncle, le président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11 comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants.
 
Dans leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui n'était pas explicitement visé par la plainte. Chez les concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce qu'ils n'avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les virements ayant servi aux paiements.
 
"Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique", notent les enquêteurs, maniant l'euphémisme à propos de "ce parc automobile conséquent". Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo, la Maybach à 424 477 euros d'Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million d'euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque.
 
De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, "règle le solde d'achat d'un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting", une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme propriétaire de la Villa Suzette du Vésinet.
 
Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France "une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d'euros", acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60 comptes au nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille.
 
En fait de "financement atypique", les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la "paierie du Gabon en France" pour régler la "Maybach 57" (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur "bleu Côte d'Azur" destinée à "Madame la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba". A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l'argent public gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du pays, qui n'a pourtant aucune fonction officielle.
 
Le même compte de la "paierie du Gabon" ouvert à la Banque de France et utilisé pour régler
les frais de fonctionnement de l'ambassade à Paris a servi à financer la moitié d'une Mercedes à
75858 euros dotée d'un "toit ouvrant panoramique" achetée en septembre 2006 à Paris par
Pascaline Bongo, la fille du président, qui est aussi sa directrice de cabinet. Curieusement, le
reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque signé de Me François Meyer, avocat du
président Bongo. "Cela peut étonner, admet Me Meyer. Mais je peux faire des cadeaux à la fille
du président Bongo, que je connais depuis vingt ans." D'où vient l'argent? Au vu de ce
somptueux état des patrimoines, la question de l'origine des fonds s'impose. L'apparente
disproportion entre la richesse immobilière accumulée et les revenus publics des propriétaires
aurait pu suggérer de poursuivre des investigations dans les comptes bancaires ayant permis
pareilles transactions.
 
Le salaire mensuel officiellement versé par l'Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l'hebdomadaire Jeune Afrique? Celui du président Sassou Nguesso n'est-il pas de 30 000 euros, comme l'indiquent d'autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l'agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d'après des sources américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l'enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d'une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d'un juge d'instruction, à condition que les plaignants prouvent leur "intérêt à agir".
 
Même si un juge d'instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l'immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d'Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l'origine d'éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. "La preuve que l'argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire", résume un spécialiste du dossier.
 
Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, contre le "gaspillage des fonds publics" par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d'éventuels "biens mal acquis" déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine.
 
Philippe Bernard
 
 

22:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

02/02/2008: Les primaires USA...



Démocrates ou Républicains, Noirs ou Blancs, c' est kif-kif. C' est le même cinéma à coups de milliards: le même capitalisme, le même impérialisme, la même sauvegerie. Rice est noir, son prédécesseur l' était aussi.
Un cinéma, avec des acteurs de plus en plus dangereux, de plus en plus riches, de plus en plus criminels et jusqu'auboutistes...
Alors basta ! A quand un chômeur ou un sdf à la tête des Usa ???
RoRo

-------- Message original --------
Sujet: Les primaires USA...
Date: Sat, 2 Feb 2008 12:47:31 +0100
De: Léonce LEBRUN <leonce.lebrun@wanadoo.fr>


Amis(es) internautes bonjour,
Lu pour vous sur la toile à propos des primaires américaines, mon premier transfert sans commentaire, sur ce combat en cours...
Bon week-end
Léonce LEBRUN

Barack Obama,
le cauchemar d'Hillary Clinton

Jean-Marc Gonin

01/02/2008 | Mise à jour : 17:55 |
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Mardi 5 février, «Super Tuesday» : 22 Etats fédéraux organisent les primaires démocrates. Et la favorite du scrutin tremble face à un rival qui lui a volé le vote noir, décisif au Sud.

Taylor, 4 ans ET C. J., 6 ans, jouent à côté des barrières de sécurité. Le garçonnet fait rouler une petite voiture tandis que sa soeur est couchée sur son ours en peluche. Les deux enfants ont l'air un peu perdus dans la foule qui se presse autour du podium dressé dans le Convention Center de Columbia, capitale de la Caroline du Sud. Mais leur maman, Gwynette Waters, a voulu qu'ils assistent à un « moment qui sera historique pour eux aussi ». Ce professeur de 40 ans qui enseigne l'anglais dans un lycée voisin n'a d'yeux que pour Obama. « Barack, c'est notre Kennedy, un Kennedy noir », lance- t-elle dans un moment d'enthousiasme.

Quand le candidat pénètre dans la salle bondée - les gens ont fait la queue des heures par un froid polaire -, la foule est comme électrisée. Sa longue silhouette déliée vole au-dessus de ses supporters. Il passe devant un choeur de soul music. Les chanteurs, hommes et femmes, tous vêtus de noir, chavirent de bonheur. D'un pas ample et souple, il gagne le podium, gravit les marches et salue les milliers de gens venus l'écouter, des Noirs en majorité. Ses gestes sont empreints de grâce, comme s'il caressait l'air.

« We are part of something named Obama » (« Nous faisons partie de quelque chose qui s'appelle Obama »), affirme une banderole accrochée au mur. Et ce quelque chose a été plébiscité samedi 26 janvier par les électeurs démocrates de Caroline du Sud. Ils ont été 54 % à souhaiter que Barack Obama porte leurs couleurs à l'automne prochain dans le duel final face au candidat républicain, contre 27 % pour Hillary Clinton. L'ex-First Lady, qui devançait son rival d'une vingtaine de points au début de l'année dans les intentions de vote en Caroline du Sud, n'était plus qu'à égalité avec lui dans les sondages une semaine avant le scrutin, pour finir sur une défaite cuisante avec seulement la moitié des voix du candidat noir.

Que s'est-il passé ? En quelques jours, l'électorat « afro-américain », selon le terme qui remplace le mot « noir » dans les discours officiels, s'est déplacé dans sa quasi-intégralité vers Barack Obama. Quatre Noirs sur cinq lui ont donné leur suffrage dans un Etat où les gens de couleur font près de 60 % des électeurs démocrates. Comme si, d'un coup, le « rêve » de Martin Luther King, le pasteur baptiste de la Géorgie voisine, touchait à son aboutissement, à son but ultime : un Noir à la tête des Etats-Unis.

Pour Hillary Clinton, c'est un véritable cauchemar, comme l'a dit son biographe Carl Bernstein à la chaîne de télévision CNN. Elle qui a toujours lutté contre la discrimination et pour les droits civiques se retrouve opposée à un candidat noir. L'étudiante que l'assassinat du pasteur Martin Luther King, en 1968, bouleversa et révolta doit affronter le premier Noir en mesure de conquérir la Maison-Blanche. Car celui-ci, contrairement à son prédécesseur le révérend Jesse Jackson, fait figure de candidat éligible, de vainqueur potentiel, de président en puissance. Son curriculum vitæ parle à toute l'Amérique. Barack Obama n'est pas un enfant du Sud motivé par la revanche sur l'esclavage et la ségrégation. « Our time has come » (« Notre heure a sonné »), hurlait Jesse Jackson à ses auditoires au moment de se lancer dans les primaires de 1984 (il participa aussi à celles de 1988 et de 2004), exigeant un accès des Noirs au pouvoir aussi bien à Washington qu'au sein du parti démocrate. Barack Obama, lui, est né en 1961 sous la présidence Kennedy. Il a bénéficié à plein des droits civiques. Son parcours universitaire l'a porté vers les sommets de la société américaine.

« Ne sous-estimez pas quelqu'un qui possède un diplôme de droit de Harvard », martèle le représentant démocrate Elijah Cummings devant des électeurs d'Orangeburg, le comté le plus pauvre de Caroline du Sud, dont tous les élus sont noirs. Ce parlementaire qui siège dans la capitale, un des rares élus de couleur de Washington à activement soutenir Obama, continue sa harangue en expliquant que son candidat de coeur aurait pu « faire des millions » en devenant l'avocat de grandes sociétés, et qu'il a préféré se consacrer aux droits civiques et à la discrimination. Jalal Bey, 70 ans, postier à la retraite, approuve. Venus s'informer à cette réunion organisée par la section locale du parti démocrate, sa femme Nagiyah et lui y ont renforcé leur intention de vote : « Obama n'a peut-être pas l'expérience de Hillary, mais il a la vision. »

S'il est devenu le candidat de la minorité noire, Barack Obama séduit déjà bien au-delà. « Il plaît aux jeunes, dit le Pr Alan Abramowitz, qui enseigne les sciences politiques à l'université Emory d'Atlanta (Géorgie). Et il séduit également une partie de l'élite démocrate : les universitaires, le monde de la culture, Hollywood. » Ce spécialiste des élections pense que Hillary Clinton, si elle remporte les primaires, ne pourra plus se passer de lui comme colistier. « Sans lui, il manquera des voix essentielles à la candidate, notamment dans la communauté noire », prédit Alan Abramowitz.

On n'en est pas encore là. A quelques jours du « Super-mardi » (le 5 février), où les électeurs démocrates de 22 Etats fédéraux sont appelés à se prononcer, notamment dans des Etats clés comme la Californie, New York, le New Jersey ou la Géorgie, l'ancienne First Lady fait figure de favorite. « Elle tient toujours le coeur de l'électorat démocrate : les syndicats, les retraités, une bonne partie des femmes et des Hispaniques », observe le Pr Abramowitz.

Le succès retentissant de Barack Obama en Caroline du Sud a cependant fait grandir l'incertitude sur l'issue des primaires et détérioré l'image de Bill Clinton, considéré hier comme un atout maître pour son épouse. Doté d'une cote de popularité exceptionnelle dans la communauté noire, l'ancien président a fait l'essentiel de la campagne dans cet Etat du Sud. Le prix Nobel de littérature Toni Morrison - qui soutient néanmoins Obama - ne l'avait-elle pas qualifié de « premier président noir des Etats-Unis » ? Preuve de sa place dans le coeur des Afro-Américains, une plaque portant son nom et ses empreintes de pas est scellée sur l'International Civic Rights Walk of Fame à Atlanta. Sur cette allée toute proche de l'église Ebenezer, où prêchait Martin Luther King, ne figurent, au milieu d'une trentaine de personnalités noires de premier plan, que deux autres présidents américains : Lyndon Johnson et Jimmy Carter.

Pendant la semaine qui a précédé le scrutin, Bill Clinton a sillonné les routes et animé les réunions électorales. Et il a commis l'erreur de sortir la grosse artillerie contre Barack Obama. « Ça suffit, avec le rêve », a-t-il lancé au rival de sa femme qui reprend à ses fins le discours de Martin Luther King. Ailleurs, il a qualifié de « conte de fées » l'argument de Barack Obama selon lequel il aurait toujours été opposé à la guerre d'Irak, contrairement à Hillary Clinton qui avait voté pour. Il l'a même accusé d'avoir fait l'éloge de Ronald Reagan. Ces critiques, reprises par son épouse lors d'un débat télévisé, ont beaucoup nui au couple. Les sondages à la sortie des urnes l'ont établi. L'atout Bill est devenu un mistigri. Et il devrait désormais revenir à son rôle initial d'ancien chef de l'Etat chargé de vanter les qualités de sa meilleure moitié.

En attendant, le mal est fait. Le clan Kennedy, conduit par Edward, le puissant sénateur du Massachusetts, a décidé de donner son appui à Barack Obama et de faire campagne pour lui. Un rude coup, pour Hillary Clinton. Le frère cadet de JFK, vice-doyen du Sénat de Washington (réélu sans discontinuer depuis 1962), l'a comparé à son frère John quand il s'est lancé à la conquête de la Maison-Blanche en 1960. Comme si son collègue noir de 46 ans allait redonner vie au mythe, Ted Kennedy a cité JFK qui avait rétorqué à son détracteur démocrate Harry Truman pendant la campagne : « Le monde change. Les vieilles méthodes ne marchent plus. Le temps est venu pour une nouvelle génération de leadership. »

Les électeurs démocrates l'entendront-ils ? Judy Wright, 46 ans, surveillante de prison de Caroline du Sud, y croit très fort : « Je ne le soutiens pas parce qu'il est noir. Je le soutiens parce qu'il va changer l'Amérique. »


20:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

01/02/2008

06/12/2006: Mumia Abu-Jamal • Depuis 25 ans dans le couloir de la mort ...

Mumia Abu-Jamal • Depuis 25 ans dans le couloir de la mort

Le 9 décembre, cela fera exactement 25 ans que Mumia Abu-Jamal est en prison. Après un procès malhonnête, il a été condamné à mort et n’est toujours pas près de sortir.

Martine Raeymaekers
06-12-2006

«Je veillerai à ce que ce nègre soit bel et bien grillé», a déclaré le président du tribunal qui a envoyé Mumia dans le couloir de la mort.


Mumia-Abu Jamal a grandi dans les ghettos de Philadelphie, aux USA. En 1967, à quinze ans à peine, il adhère au Black Panther Party, une organisation politique progressiste qui, dans les années 60, menait une lutte radicale contre le racisme aux USA. En raison de leur objectif révolutionnaire et de leurs actions radicales, J. Edgar Hoover, le patron du FBI, a dit un jour des Black Panthers11 qu’ils étaient « la pire menace pour la sécurité interne des États-Unis ».

Quelques années plus tard, Mumia se révèle à la radio en tant que journaliste engagé, luttant contre le racisme et les violences policières. Il devient président de l’Association des Journalistes noirs de Philadelphie. Son surnom : la Voix des sans-voix, pour ses critiques à propos de la corruption dans la police et chez les fonctionnaires municipaux. Fin des années 70, il est viré des radios qui l’emploient. Clandestinement, la plupart du temps, il fait des reportages sur Move, un mouvement civique de Philadelphie fréquemment en butte aux violences policières. Pour survivre financièrement, il devient chauffeur de taxi.

Le 9 décembre 1981 – voici tout juste 25 ans – Mumia tente d’aider son frère qui se fait tabasser par les flics. Le frère est gravement blessé. Dans la confusion, un flic est abattu. Mumia est arrêté et accusé du meurtre de l’agent. Le 3 juillet 82, il est condamné à mort après un procès truffé d’irrégularités. Il n’y a pas eu d’enquête sérieuse, les faux témoignages ont été légion, etc. Mumia est envoyé dans le couloir de la mort et, depuis, y attend son exécution.

1. www.blackpanther.org.

Le long combat pour un procès équitable

Malgré toutes les preuves d’innocence, voilà 25 ans qu’on reporte un nouveau procès. Mais, grâce aux mouvements de soutien tant nationaux qu’internationaux, il reste de l’espoir d’avoir un jour un procès équitable. Et un acquittement.

En 1995 et 1999, l’exécution de Mumia Abu-Jamal est empêchée deux fois en raison des protestations nationales et internationales. En 1999, Arnold Beverly reconnaît avoir abattu l’agent. En juillet 2001, de nouveaux faits ressortent, confirmant l’innocence de Mumia. En 2001, sa condamnation à mort est annulée par le juge Yohn. Mais, en 2003, la Cour suprême de l’État de Pennsylvanie annule la décision du juge Yohn. En décembre 2005, la Cour fédérale d’Appel déclare recevables les trois demandes de la défense, ce qui ouvre la voie vers un nouveau procès.

En octobre 2006, à la demande de la justice, l’avocat de Mumia, Robert Bryan, introduit un nouveau rapport. Celui-ci reprend les trois points importants en faveur de la réouverture du procès. Un. Le racisme du président de tribunal qui a condamné Mumia : « Je veillerai à ce que ce nègre soit bel et bien grillé ! » L’homme est mort entre-temps. Deux. Le choix des jurés s’appuyait sur le racisme : nombre d’Afro-Américains en avaient été exclus. Trois. Le procureur avait trompé les jurés en expliquant que s’ils déclaraient Mumia coupable, celui-ci irait quand même en appel et que « cela ne fai[sai]t donc guère de différence ».

De sa cellule de condamné à mort, Mumia n’a cessé de s’engager contre l’injustice dans le monde. Il écrit des tracts, des pamphlets, des bouquins et des commentaires radio contre le caractère raciste de la peine de mort aux USA, contre la guerre en Irak, en faveur du soutien à Cuba et à Fidel Castro, etc.

Citoyen d’honneur de Paris

En France, le « collectif unitaire national pour le soutien à Mumia Abu-Jamal » regroupe 75 organisations. Chaque semaine, elles se rencontrent à Paris. Le 1er novembre 2002, elles remettrent une pétition avec 250 000 signatures aux autorités municipales de Philadelphie.

En 2003, Mumia Abu-Jamal est même proclamé citoyen d’honneur de Paris. Cela faisait 30 ans qu’un tel honneur n’avait plus été décerné : la dernière fois, ç’avait été à Pablo Picasso. La chose n’a pas fait rire la mairie de Philadelphie…. Lorsque, cette année, une rue a été baptisée du nom de Mumia à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne, Philadelphie a estimé que c’en était assez. Début octobre, elle envoie une délégation demander au maire de Paris d’annuler la citoyenneté d’honneur de cet « assassin ». Dans sa lettre, la délégation américaine indique qu’elle est opposée à la peine de mort et qu’elle va faire commuer la sentence si la Ville de Paris annule la citoyenneté d’honneur de Mumia et débaptise la rue portant son nom à Saint-Denis…

Voulez-vous en savoir plus sur Mumia Abu-Jamal, sur sa lutte pour un procès honnête et sur ses nombreux articles et publications ? Surfez sur www.mumiabujamal.net


11:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : democratie, liberte, justice, romain, courcelles, droits de l homme, usa, capitalisme, fascisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |