20/02/2008

USA • Dans le monde, un prisonnier sur quatre est américain ...

Neuf millions de personnes sont condamnées pour des délits de tous types dans le monde. Mais 2 200 000 d’entre elles sont incarcérées aux USA.

Alejandro Nadal
20-06-2007

Le pays qui se pose comme le paladin de la liberté est en même temps le champion de la population carcérale. Aux USA, pour 100 000 habitants, il y a 730 prisonniers. Le nombre de prisonniers augmente parce que le système policier a augmenté (ce qui accroît la probabilité d’attraper les délinquants) et parce que la législation a pratiquement abandonné l’éthique de la réhabilitation pour préférer celle du châtiment.

 

Aujourd’hui, les peines sont plus sévères et la probabilité qu’elles soient réduites est moindre. Spécialement drastique est la règle des « trois coups » : un délinquant qui a commis trois délits est condamné à des peines très lourdes.

L’inégalité raciale et économique qui caractérise la société des USA se reflète dans la population incarcérée : 48 % des prisonniers sont Noirs et 18 % d’origine latino-américaine. Un Noir a huit fois plus de probabilités d’être en prison qu’un Blanc. Dans la population des jeunes blancs, 1 % a ses parents en prison, alors que chez les jeunes noirs le pourcentage est dix fois supérieur.

Il est indéniable que le système judiciaire américain est aujourd’hui plus lié à l’idée de punir. La violence des gardiens envers les détenus fait partie de la vie quotidienne.

Prisonniers … et rentables

L’ironie est que tout cela se trouve lié au monde des affaires privées. Des prisonniers enchaînés travaillent dans les champs en Arkansas ou aux usines d’assemblage dans les zones frontalières avec le Mexique, à l’intérieur de nombreuses prisons. L’emploi de cette force de travail captive génère plus de 30 000 millions de dollars aux USA (c’est plus que les recettes générées par le base-ball des grandes ligues).

Des entreprises comme Lee, Boeing, Victoria’s Secret, Eddie Bauer et d’autres utilisent cette force de travail contre des salaires de misère. Cela génère des incitations perverses pour continuer à remplir les prisons de main-d’oeuvre bon marché. Le système des prisons est une des industries qui croît le plus rapidement aux USA. Beaucoup de jeunes pauvres, et sans perspectives, cherchent du travail dans les prisons. Avant 1983, il n’existait pas de prisons privées dans ce pays. Il y en a aujourd’hui plus de 150.

 

Source : La Jornada, 23 mai 2007

15:33 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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