01/02/2008

06/12/2006: Mumia Abu-Jamal • Depuis 25 ans dans le couloir de la mort ...

Mumia Abu-Jamal • Depuis 25 ans dans le couloir de la mort

Le 9 décembre, cela fera exactement 25 ans que Mumia Abu-Jamal est en prison. Après un procès malhonnête, il a été condamné à mort et n’est toujours pas près de sortir.

Martine Raeymaekers
06-12-2006

«Je veillerai à ce que ce nègre soit bel et bien grillé», a déclaré le président du tribunal qui a envoyé Mumia dans le couloir de la mort.


Mumia-Abu Jamal a grandi dans les ghettos de Philadelphie, aux USA. En 1967, à quinze ans à peine, il adhère au Black Panther Party, une organisation politique progressiste qui, dans les années 60, menait une lutte radicale contre le racisme aux USA. En raison de leur objectif révolutionnaire et de leurs actions radicales, J. Edgar Hoover, le patron du FBI, a dit un jour des Black Panthers11 qu’ils étaient « la pire menace pour la sécurité interne des États-Unis ».

Quelques années plus tard, Mumia se révèle à la radio en tant que journaliste engagé, luttant contre le racisme et les violences policières. Il devient président de l’Association des Journalistes noirs de Philadelphie. Son surnom : la Voix des sans-voix, pour ses critiques à propos de la corruption dans la police et chez les fonctionnaires municipaux. Fin des années 70, il est viré des radios qui l’emploient. Clandestinement, la plupart du temps, il fait des reportages sur Move, un mouvement civique de Philadelphie fréquemment en butte aux violences policières. Pour survivre financièrement, il devient chauffeur de taxi.

Le 9 décembre 1981 – voici tout juste 25 ans – Mumia tente d’aider son frère qui se fait tabasser par les flics. Le frère est gravement blessé. Dans la confusion, un flic est abattu. Mumia est arrêté et accusé du meurtre de l’agent. Le 3 juillet 82, il est condamné à mort après un procès truffé d’irrégularités. Il n’y a pas eu d’enquête sérieuse, les faux témoignages ont été légion, etc. Mumia est envoyé dans le couloir de la mort et, depuis, y attend son exécution.

1. www.blackpanther.org.

Le long combat pour un procès équitable

Malgré toutes les preuves d’innocence, voilà 25 ans qu’on reporte un nouveau procès. Mais, grâce aux mouvements de soutien tant nationaux qu’internationaux, il reste de l’espoir d’avoir un jour un procès équitable. Et un acquittement.

En 1995 et 1999, l’exécution de Mumia Abu-Jamal est empêchée deux fois en raison des protestations nationales et internationales. En 1999, Arnold Beverly reconnaît avoir abattu l’agent. En juillet 2001, de nouveaux faits ressortent, confirmant l’innocence de Mumia. En 2001, sa condamnation à mort est annulée par le juge Yohn. Mais, en 2003, la Cour suprême de l’État de Pennsylvanie annule la décision du juge Yohn. En décembre 2005, la Cour fédérale d’Appel déclare recevables les trois demandes de la défense, ce qui ouvre la voie vers un nouveau procès.

En octobre 2006, à la demande de la justice, l’avocat de Mumia, Robert Bryan, introduit un nouveau rapport. Celui-ci reprend les trois points importants en faveur de la réouverture du procès. Un. Le racisme du président de tribunal qui a condamné Mumia : « Je veillerai à ce que ce nègre soit bel et bien grillé ! » L’homme est mort entre-temps. Deux. Le choix des jurés s’appuyait sur le racisme : nombre d’Afro-Américains en avaient été exclus. Trois. Le procureur avait trompé les jurés en expliquant que s’ils déclaraient Mumia coupable, celui-ci irait quand même en appel et que « cela ne fai[sai]t donc guère de différence ».

De sa cellule de condamné à mort, Mumia n’a cessé de s’engager contre l’injustice dans le monde. Il écrit des tracts, des pamphlets, des bouquins et des commentaires radio contre le caractère raciste de la peine de mort aux USA, contre la guerre en Irak, en faveur du soutien à Cuba et à Fidel Castro, etc.

Citoyen d’honneur de Paris

En France, le « collectif unitaire national pour le soutien à Mumia Abu-Jamal » regroupe 75 organisations. Chaque semaine, elles se rencontrent à Paris. Le 1er novembre 2002, elles remettrent une pétition avec 250 000 signatures aux autorités municipales de Philadelphie.

En 2003, Mumia Abu-Jamal est même proclamé citoyen d’honneur de Paris. Cela faisait 30 ans qu’un tel honneur n’avait plus été décerné : la dernière fois, ç’avait été à Pablo Picasso. La chose n’a pas fait rire la mairie de Philadelphie…. Lorsque, cette année, une rue a été baptisée du nom de Mumia à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne, Philadelphie a estimé que c’en était assez. Début octobre, elle envoie une délégation demander au maire de Paris d’annuler la citoyenneté d’honneur de cet « assassin ». Dans sa lettre, la délégation américaine indique qu’elle est opposée à la peine de mort et qu’elle va faire commuer la sentence si la Ville de Paris annule la citoyenneté d’honneur de Mumia et débaptise la rue portant son nom à Saint-Denis…

Voulez-vous en savoir plus sur Mumia Abu-Jamal, sur sa lutte pour un procès honnête et sur ses nombreux articles et publications ? Surfez sur www.mumiabujamal.net


11:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : democratie, liberte, justice, romain, courcelles, droits de l homme, usa, capitalisme, fascisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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