31/01/2008

30/01/2008: Roland Diagne, porte parole du CSP59, placé en garde à vue ! communiqué du CSp. et CP FSU et Salam...


-------- Message original --------
Sujet: Fw: Roland Diagne, porte parole du CSP59, placé en garde à vue ! communiqué du CSp. et CP FSU et Salam
Date: Wed, 30 Jan 2008 17:42:35 +0100
De: comité des sans papiers 59 <csp59@wanadoo.fr>


----- Original Message -----
Sent: Wednesday, January 30, 2008 5:41 PM
Subject: Roland Diagne, porte parole du CSP59, placé en garde à vue ! communiqué du CSp. et CP FSU et Salam

Comité des Sans Papiers 59 (CSP59), 42 rue Bernos- Lille- 59800- tél:06.80.57.50.61- fax: 03.20.74.16.68 –  e-mail : csp59@wanadoo.fr -
 
 
Roland Diagne, porte parole du CSP59, placé en garde à vue !
Après les attaques de M. Canepa, Mme Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur,  tente de liquider le mouvement des Sans Papiers.
Cette nouvelle tentative échouera !
 
 
 
Ce mercredi 30 janvier 2008 à 10h48, Roland Diagne,  porte parole du CSP59, qui répondait à une convocation de la police a été placé en garde à vue. A 11h, il est conduit, accompagné de huit policiers de la police judiciaire, au local du CSP59 pour une perquisition sur commission rogatoire. D’'après les policiers, le juge répondait à une plainte de Madame la Ministre de l'’Intérieur pour atteinte à l’'intégrité de la police dans les tracts des 13 et 17 août dernier. Les huit policiers se sont ensuite rendus au domicile personnel de Roland Diagne pour les mêmes motifs. Cette interpellation intervient quelques semaines après la mise en garde à vue d’'un des membres de la Commission juridique du CSP59, alors interpellé dans le cadre d’'une enquête pour « trafic d’'influence » n’'ayant pas  donnée lieu une mise en examen. Roland Diagne avait dans les mêmes temps été auditionné à deux reprises, la troisième convocation ayant été annulée par les services de police eux-mêmes.
 
Les personnes présentes ce matin lors de la perquisition au local du CSP59 ont questionné les policiers sur le déploiement d’'une telle force (8 agents) pour rechercher deux tracts qui par ailleurs sont systématiquement rendus publics. Les policiers ont répondu que « c’était pour sa protection ». Ainsi, « çà lui éviterait des va et vient pour raisons d’'enquête et en même temps cela lui permettrait d'’entrer en contact avec son avocat et son médecin s'’il en avait besoin » (sic).
Cette mise en garde à vue est une nouvelle attaque contre le mouvement des Sans Papiers après les tentatives infructueuses et vaines de cet été contre les grévistes de la faim.
 
La liquidation des accords Delarue n’'est pas du seul fait du Préfet Canepa mais aussi une volonté politique au plus haut niveau de l'’Etat. Ceci explique qu'’après la mise en garde à vue de M. Nwatsock à la demande du Préfet du Nord, Monsieur Canepa, on assiste à une nouvelle plainte de Mme Alliot-Marie, Ministre de l’'Intérieur pour « atteinte à l’intégrité de la police »(selon les dires des policiers présents à la perquisition de ce matin).
 
Les Sans Papiers ne sont pas dupes, cette nouvelle judiciarisation est le nouveau cheval de Troie d’'une politique répressive qui vise principalement les militants du mouvement démocratique. Les Sans Papiers , en première ligne de cette attaque et leurs nombreux soutiens sauront une fois de plus résister à cette nouvelle offensive policière, vaine et inutile, et ne perdront pas de vue leur objectif principal : la régularisation de tous les Sans Papiers et en premier lieu la régularisation des 56 grévistes de la faim, conformément au respect de la parole donnée en septembre dernier, par Monsieur Canepa lui-même.
 
Loin de décapiter le mouvement, l’'arrestation d'’un des porte parole du CSP59 renforce la détermination de tous les Sans Papiers et de leurs soutiens. Le CSP59 en appelle, comme il l’'avait déjà fait, à la mise sous surveillance du Préfet du Nord contre les pratiques liberticides auxquelles nous sommes confrontés depuis ces derniers mois.
 

Rassemblement ce mercredi 30 janvier 2008 à 18h30

Place de la République Lille

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Communiqué de presse FSU du 30 01 2008

 

A près la mise en garde à vue d'Armand Nwatschock en décembre, le harcèlement des militants du Comité des Sans Papiers continue: Ce mercredi 30 janvier, suite à une convocation au commissariat de Lille, Roland Diagne, porte parole du CSP 59 a été placé en garde à vue. Le local d'IDM situé au 42 rue Bernos et mis à disposition du CSP 59  ainsi que le domicile de Roland Diagne ont été perquisitionnés.

Ceci arrive au moment même où on apprend que le Préfet Canépa ne tient pas ses engagements du mois d'août en refusant de réexaminer les dossiers de 27 grèvistes de la faim.

La FSU 59-62 s'élève avec force contre cette nouvelle tentative de criminalisation du CSP 59. Elle demande l'arrêt de toute intimidation envers ses militants. Elle demande au Préfet de tenir ses engagements en entamant sans plus attendre le « réexamen bienveillant » des 27 grèvistes.

La FSU 59-62 appelle à participer aux manifestations organisées par le CSP et dans un premier temps ce mercredi 30 janvier à18h30 devant la Préfecture.

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Communiqué de Presse

30 janvier 2008

L’association SALAM Nord/Pas-de-Calais dénonce l’acharnement à l’encontre des responsables du Comité des Sans Papiers 59 (CSP 59). Le placement en garde à vue de Roland Diagne et la perquisition de son domicile et du local de la rue Bernos marquent un tour nouveau dans la criminalisation du mouvement de soutien aux personnes sans-papiers. Les adhérents de l’'association SALAM Nord/Pas-de-Calais, dont plusieurs ont eu à subir des tentatives d'’intimidation similaires, affirment leur soutien total à Roland Diagne et au CSP 59, et s’associent aux revendications en vue d'’obtenir la régularisation des grévistes de la faim pour lesquels le Préfet Canepa avait pris des engagements.  Calais, le 30 janvier 2008,Association SALAM

www.associationsalam.org

10:08 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

30/01/2008

Droits de l’homme :: La Belgique coupable de traitements inhumains ...

La Belgique a de nouveau été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme en raison des pratiques inhumaines de l’Office des Étrangers.

30-01-2008

C’est l’histoire de deux demandeurs d’asile palestiniens incarcérés dans un centre fermé en janvier 2003. Leur demande d’asile a été refusée par le Commissariat général des réfugiés et dans apatrides (CGRA), mais la justice les a relâchés parce que les décisions d’enfermement n’étaient pas suffisamment motivées.

 

L’Office des Étrangers ne les a toutefois pas relaxés et les a transférés dans la zone de transit de l’aéroport. Ils y ont séjourné respectivement 15 et 11 jours et furent libérés le 15 février 2003 suite à une décision de justice ordonnant leur libération immédiate et effective avec une astreinte de 1000 euros par heure de retard. Contrôlés par la police, « par hasard », dans le hall de l’aéroport, où ils venaient d’être remis en liberté, ils furent transférés au centre fermé de Merxplas. Un peu plus tard, ils furent expulsés et débarqués au Liban.

Pour ces faits, la Belgique a été condamnée par la Charte européenne des droits de l’homme (CEDH). La Cour considère ce long séjour dans la zone de transit de l’aéroport, sans l’aide ni les soins nécessaires (e.a. aide juridique et sanitaire, repas, etc.) comme un traitement inhumain et humiliant (violation de l’article 3 de la CEDH). Sur base d’un certain nombre de rapports, la Cour a déclaré que la situation des deux Palestiniens n’est pas un cas isolé, mais une pratique administrative inacceptable.

Selon un rapport de la commission européenne de prévention de la torture, un séjour de plus de quelques heures dans le centre INADS est inacceptable. L’arrêt constitue un précédent utile pour de semblables affaires. (MK) 

14:30 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

BELGIQUE: « On me réclame 3000 euros pour l'expulsion de mon mari »...

Charleroi :: Une maman séparée de son bébé et de son mari

En 2001, Nathalie rencontre Sarbjit. Il est d’origine indienne et n’a pas de papiers. Ils vivent ensemble pendant près de cinq ans et décident de se marier. En juillet 2007, tout bascule.

Myriam De Ly
30-01-2008

Nathalie Tonani. « Sarbjit était mon associé dans la société. Nous avions entamé les démarches pour nous marier. Il nous manquait encore deux certificats, un de son ambassade et un de mon divorce, qui tardait à arriver. Début juillet, Sarbjit a été arrêté et enmené au centre fermé de Vottem pendant presque trois mois. Chaque jour, j’allais le voir. Après, il a été expulsé. Je suis alors partie pour l’Inde. On s’est marié là-bas. J’étais enceinte, j’ai eu une petite fille, Kimberley, qui est née là-bas. Je suis toujours obligée de revenir en Belgique, de faire l’aller-retour, parce que j’ai aussi un fils et mon travail ici. Je suis tout le temps déchirée entre mon enfant en Belgique et ma petite fille en Inde. Au mois d’août, je n’ai pas pu l’approcher pendant la première semaine de mon séjour. Elle se détournait de moi. C’était très douloureux. Elle me manque terriblement. Le soir je m’endors avec ses photos. En tout, j’ai vu ma fille pendant quatre mois, alors qu’elle va avoir un an. »

 

 

Pourquoi ne peux-tu pas ramener ta fille et ton mari en Belgique ?

Nathalie Tonani. « On refuse les visas ; le juge prétend qu’il s’agit d’un mariage blanc. Alors que j’ai un enfant, que j’avais déjà été enceinte deux fois avant, que j’avais aussi été dans la famille de Sarbjit en Inde avant l’expulsion. Je suis partie pour la première fois en août 2005 et j’y suis restée plus de 3 semaines. J’étais partie avec mon fils et ma filleule. Nous avons été bien accueillis. Nous nous sommes bien intégrés et nous faisions partie de la famille à part entière. Puis pour le mariage, je suis repartie avec ma maman et mon fils Corentin car je voulais qu’il participe à cet événement. On avait prévu de se marier ici et de faire la fête là-bas en Inde. Maintenant nous ferons l’inverse dés que mon mari et ma fille seront rentrés. Nous fêterons leur arrivée, le mariage, la naissance, le baptême ainsi que la communion de mon fils qui a eu lieu en mai 2007 mais que nous n’avons pas pu fêter puisque mon mari, qui est pour lui comme son père, était absent. Mon fils Corentin vit mal la séparation et il n’a plus rien fait pour l’école depuis.

On ne reconnaît pas notre mariage ici. A la commune, c’est le paradoxe. D’un côté, sur ma carte d’identité, il est bien inscrit que je suis mariée, il y a le nom de mon mari. C’était le même sur la carte pour aller voter. Mais à l’état civil, on refuse de me donner le livret de mariage, le certificat de mariage. Suite au rapport du juge, on me dit que le mariage n’est pas reconnu, parce que j’ai épousé une personne d’origine étrangère, qui a été expulsée de Belgique. »

 

Comment vis-tu tout cela ?

Nathalie Tonani. « Très mal. Mon mari aussi va mal ; mon fils, qui est très attaché à lui, aussi. On se téléphone tous les jours mais ce n’est pas la même chose que vivre ensemble. Je ne pense qu’à leur retour. Ma petite fille est élevée maintenant par ma belle-sœur, j’aurai tout à construire avec elle. Et avec mon mari aussi il faudra reconstruire notre relation puisque j’en suis séparée depuis 15 mois. 

Tout ce que je peux dire, c’est que si j’avais la possibilité qu’on puisse vivre heureux et avoir une vie de famille normale, comme tout les gens qui sont mariés, j’abandonnerais tout ici et je partirais là-bas avec mon fils et ma maman et nous pourrions tous vivre ensemble. Mon souhait bien sûr est qu’on puisse vivre normalement ici. J’ai besoin de mon mari et ma fille comme eux ont besoin de nous. J’ai raté tous les moments les plus importants de la vie de ma fille comme ses premières dents, ses premiers mots, ses premiers pas, ses sourires, ses joies et ses peines… et surtout être la pour elle comme je devrais l’être : la laver, la nourrir, la câliner et l’aimer comme une mère aime son enfant. On s’aime vraiment. »

 

 Comble de cynisme, on veut aussi te faire payer les frais d’expulsion et de l’enfermement de ton mari…

Nathalie Tonani. « On me réclame 1300 ¤ pour l’expulsion par avion et 40 ¤ par jour pour l’enfermement à Vottem, soit plus de 3000 ¤. J’ai écrit que je ne pouvais pas payer cette somme. J’ai dû puiser dans mes réserves pour mes visites en Inde et j’ai eu de sérieux problèmes de santé qui m’ont empêché de travailler. Cette semaine, j’ai reçu un recommandé : on menace de m’envoyer un huissier. Je ne refuse pas de payer bien que je ne trouve pas cela juste mais je dis que je paierai quand ils seront rentrés.

14:28 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

BELGIQUE: Un agent de la Sûreté de l'Etat parle de «plan machiavélique»

Un agent de la Sûreté de l'Etat parle de «plan machiavélique»
Procès Bahar Kimyongür :: L’État belge a voulu livrer un de ses citoyens à la Turquie

La Belgique a voulu livrer un de ses ressortissant à la Turquie. De hauts fonctionnaires sont impliqués. L'avocat Raf Jespers fait le point.

Gaston Van Dyck
30-01-2008

Vingt-cinq personnes étaient présentes à la réunion qui a décidé de livrer Bahar Kimyongür à la Turquie. Parmi elles, des représentants du ministère de la Justice, de l'Intérieur, du parquet fédéral et des services du Premier ministre. ( Photo Solidaire, Mehdi Mniai)

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Le rapport annuel du Comité R, qui contrôle les services de renseignements, prouve que le parquet fédéral avait prévu de se défaire de Bahar Kimyongür en le livrant à la Turquie, bien que cela enfreigne totalement la législation belge. Il avait été convenu d’informer la Sûreté de l’État hollandaise que Kimyongür se rendait à un concert aux Pays-Bas, de sorte qu’il soit arrêté hors de Belgique et remis aux autorités turques. C’est pourquoi, en présence du Comité R, un membre de la Sûreté de l’État a parlé de « plan machiavélique ».

Rappelons les faits : Kimyongür est né en Belgique de parents turcs. Il est sympathisant du parti de gauche turc DHKP-C et très engagé dans la lutte contre la répression turque. Le fait qu’il ait, en outre, perturbé un discours d’un ancien ministre turc au parlement européen a attiré l’attention de la Turquie et de la Sûreté de l’État belge. Une perquisition dans un appartement de Knokke l’amène à comparaître devant le juge.

En 2007, la Cour d’appel de Gand le condamne à cinq ans ferme sur base de la loi anti-terroriste, mais la Cour de cassation annule le jugement. Le 7 février, la Cour d’appel d’Anvers va se prononcer à nouveau.

 

Maître Raf Jespers, que devons-nous penser en Belgique si nos pouvoirs publics livrent un de nos propres concitoyens à un pays comme la Turquie ?

Raf Jespers. C’est évidemment une affaire d’une importance exceptionnelle. Le plan dont vous parlez a été imaginé lors d’une réunion qui s’est déroulée le 26 avril 2006 au centre de crise du ministère de l’Intérieur. Environ 25 personnes étaient présentes, entre autres, des gens du ministère de la Justice et de l’Intérieur, des services du Premier ministre, du parquet fédéral, des trois procureurs fédéraux qui ont trempé dans le procès contre Bahar Kimyongür...

Les choses ont été très loin : de hauts fonctionnaires belges ont collaboré, ce faisant, à la livraison d’un Belge à un régime connu pour son caractère répressif, en sachant bien qu’il courait là le danger d’être torturé.

Le rapport annuel indique très clairement que l’intention de ces 25 personnes présentes à la fameuse réunion étaient les suivantes : le parquet belge devait signaler aux instances hollandaises que Kimyongür allait débarquer aux Pays-Bas et insister auprès d’elles sur « la possibilité d’arrêter la personne concernée sur base d’un signalement Interpol émanant des autorités turques (…), tout en envisageant son extradition vers la Turquie ». 

Tout cela constitue une infraction manifeste à l’article 233 de la loi pénale sur la « conjuration de fonctionnaires ». L’élément clé est que ces fonctionnaires se sont réunis en vue de préparer des mesures en contradiction avec la législation belge. Naturellement, la question de la torture pèse également lourd dans le dossier. Selon moi, ce cas tombe parfaitement sous l’application de cet article 233. Car, si leur plan avait pu être exécuté, il ne fait pratiquement pas de doute que Kimyongur aurait été torturé. Si cela n’a pas eu lieu, nous le devons uniquement au fait que les autorités hollandaises ont refusé de livrer Kimyongür à la Turquie.

Comme le parquet fédéral n’enquêtera jamais sur lui-même, cela devrait revenir au parquet de Bruxelles d’ouvrir une enquête judiciaire sur les éléments qui viennent d’être livrés en pâture à la presse.

 

Manifestement, tout cela s’est produit à la demande des services secrets turcs, peut-on lire dans Le Soir…

Raf Jespers. Cela ne fait que rendre l’affaire encore plus grave. La Belgique fait profil bas face à la Turquie, alors qu’il s’agit d’un des régimes les plus répressifs d’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. En outre, ce pays est impliqué dans la plupart des affaires de violation des droits de l’homme traitées à la Cour de Strasbourg.

 

Qu’est-ce que cela vous fait de savoir qu’on a eu vent de tout cela grâce à une fuite ?

Raf Jespers. Cela montre surtout que le prétendu contrôle parlementaire sur la police – via le Comité P – ainsi que sur les renseignements – via le Comité R – ne signifie vraiment pas grand-chose. Il ne s’agit pas dans ce cas de secrets d’État mais de quelque chose que ces fonctionnaires ont mijoté contre un simple citoyen. Pourquoi cela doit-il resté caché des parlementaires et des citoyens ? Il s’agit ici d’une forme grave de répression politique, on a bafoué la loi. Ces fonctionnaires n’ont pas hésité à exposer un concitoyen à la torture dans un pays comme la Turquie. Raison de plus pour bien étudier l’affaire sous toutes ses coutures. Et certainement aussi pour rendre publique la totalité du fameux rapport.

Film: Résister n’est pas un crime

À travers les procédures menées par la justice belge à l’encontre de Bahar Kimyongur et de ses camarades dans l’affaire du DHKP-C, le documentaire interroge la loi anti-terroriste votée dans notre pays en décembre 2003 ainsi que ses conséquences sur les mouvements de contestation sociale et de défense des libertés fondamentales.

Malgré des moyens modestes, le collectif de cinéastes qui a réalisé ce film est parvenu à nous rapprocher du déroulement de cette histoire entre janvier 2006 et avril 2007. Entre des images de mobilisation et de la situation en Turquie s’intercalent de nombreuses interviews d’avocats, de membres de la famille et de sympathisants. Ainsi que d’observateurs et de commentateurs inquiets de la façon dont ont été bafoués les droits de l’homme dans cette affaire.

Au-delà de l’affaire Kimyongur, ce documentaire met en lumière les conséquences des lois anti-terroristes, qui permettent de criminaliser toute opposition sociale en qualifiant de « terroristes » des personnes de par leur seule appartenance à une organisation, sans qu’aucun délit n’ait été commis.

 

Bientôt en DVD : Résister n’est pas un crime, de Marie-France Collard, J. Laffont et F. Bellali.

14:19 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : democratie, solidaire, justice, romain, courcelles, histoire, capitalisme, repression, liberte | |  Facebook | |  Imprimer | | |

« La fillette se cognait la tête au mur… »

Politique d’asile :: Un psychologue témoigne

Pour Benoit Degryse (Médecins sans frontières - MSF), les enfants souffrent de leur enfermement. Le contraire de ce que prétendent les médecins des centres fermés.

Riet Dhont
19-09-2007

L’affaire Angelica, la petite Équatorienne de 11 ans enfermée un mois durant au centre fermé 127bis, est encore dans les mémoires. Finalement, Angelica et sa mère ont été libérées, sur base de rapports concernant des problèmes psychiques provoqués chez Angelica par son incarcération dans un centre fermé. Cette libération a suscité bien des remous. En attendant, la famille doit à nouveau comparaître le 18 septembre, vu qu’il y a eu appel contre cette libération.

 

Le médecin du centre fermé 127bis, Frederic Maes, expliquait le 9 août dans le journal médical De Huisarts : « Je vois ici beaucoup d’enfants heureux et, depuis sept mois que je travaille ici, je n’ai pas encore vu un seul enfant avec de gros problèmes psychiques. » À cela, la responsable de la communication de Médecins sans frontières, Veerle Dupont, a réagi dans De Standaard par un très remarquable billet d’humeur intitulé : « Comment ça, heureux au 127bis ? »

Benoit Degryse : « Les personnes détenues dans les centres fermés sont confrontées à un stress très lourd. » (Photo Solidaire, Riet Dhont)

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Nous sommes allés éclairer notre lanterne auprès de Benoit Degryse, psychologue pour MSF. Depuis deux ans, MSF a lancé un projet « centres fermés ». Médecins et psychologues s’engagent à répondre dans ce centre aux besoins médicaux et psychologiques spécifiques des détenus.

 

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le projet « centres fermés » ?

Benoit Degryse. Le droit à la santé, même si vous vous sentez bien dans votre peau, est un droit fondamental. Mais, dans les centres fermés, ces services ne sont absolument pas optimaux. Il y a un manque de consultations et une absence de confiance entre les personnes incarcérées et les thérapeutes. Un réfugié qui ne se sent pas bien doit d’abord le dire au gardien. Ce n’est qu’alors qu’il reçoit la permission de voir un infirmier. Et c’est l’infirmier qui, ensuite, décide si on peut autoriser une visite auprès du médecin du centre. Consulter un avocat est tout aussi malaisé. Avant de pouvoir le faire, le réfugié doit d’abord faire des petits boulots pour avoir un peu d’argent.

 

Estimez-vous exagérées, vous aussi, ces histoires de problèmes psychologiques ?

Benoit Degryse. Non, sûrement pas. Il y a des tas d’histoires dramatiques, trop pour les énumérer. Au début de cette année, on a par exemple demandé à l’un de mes confrères de venir au 127bis pour donner une consultation à une mère tchétchène de quatre enfants. La fillette de trois ans se cognait la tête au mur, se laissait tomber régulièrement par terre et était agressive avec sa mère. Malgré la requête de libération, étayée par ce problème psychologique, la famille a froidement été expulsée au bout de 34 jours.

 

Visiblement, le coût humain de la politique d’expulsion du gouvernement est très lourd…

Benoit Degryse. Les gens dans les centres sont confrontés à un stress très lourd et à une immense incertitude. Ils doivent combattre un stress chronique. Toute la journée, ils n’ont rien d’autre à faire que de réfléchir à leurs problèmes et à leur avenir fait d’incertitude. Ainsi, les réfugiés sont détenus entre deux et trois mois, certains sans raison, pour être ensuite libérés brusquement, parce qu’ils ne peuvent être expulsés… Sur base de ces problèmes psychologiques et médiaux, nous essayons de libérer les gens des centres. Mais c’est très difficile.

10:58 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |